Robin Debray écrit à Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon

Robin Debray Lettre àRobin Debray est vice-président de l’association générale étudiante de Midi-Pyrénées (AGEMP) et vice-président étudiant de l’université Paul Sabatier. Depuis quelques semaines il se bat aux côtés des étudiants en Staps contre le manque de moyens dans cette filière. De manière générale, il dénonce les conditions d’étude dans les universités. Aujourd’hui, il prend sa plume pour s’adresser à la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem et au secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur, Thierry Mandon.

Chère Najat Vallaud-Belkacem

Cher Thierry Mandon

Je vous écris cette lettre au nom des étudiants des Universités de Toulouse qui croient au service public d’enseignement, qui ont foi dans le rôle d’ascenseur social de l’Université et à son rôle dans l’innovation et la recherche.

Cette lettre, qui n’est pas qu’un billet d’humeur contient aussi des interrogations importantes sur l’avenir de l’Université, que j’ai été amené à me poser en tant que Vice-président de l’association générale étudiante de Midi-Pyrénées (AGEMP, réseau FAGE) et pour encore quelques heures, en tant que Vice-président étudiant de l’université Paul Sabatier.

En prenant nos postes d’élus en conseil il y a moins de 2 ans, nous avions à cœur de nous emparer des problématiques budgétaires évidentes de l’université Paul Sabatier. La faculté STAPS possède une capacité d’accueil réduite et sélectionne les étudiants par tirage au sort, il pleut à l’intérieur des bâtiments de Pharmacie et certains cours de Sciences sont réalisés dans des préfabriqués en place depuis plus de 20 ans. Nous avons cependant vite compris que notre marge de manœuvre concernant les budgets était très étroite compte tenu de dotations inadaptées et sans cesses revues à la baisse, malgré des effectifs en hausse. Les étudiants sont sous-encadrés dans l’ensemble des formations, de nombreux travaux pratiques sont annulés tous les ans comme en STAPS. Cette situation n’est pas limitée à l’université Paul Sabatier et le premier constat que nous pouvions tirer était que nous assistons à un désengagement de l’Etat dans sa mission d’enseignement supérieur et public. Bien sûr, nous avons conscience du contexte budgétaire actuel, mais il est cependant difficile pour nous de ne pas voir dans ce désengagement une volonté politique bien loin de la « priorité jeunesse » que vous aviez annoncée. C’est ce sentiment qui avait poussé les étudiants à descendre dans la rue le 11 décembre dernier. Il faut bien avouer que malgré vos annonces récentes et plutôt anecdotiques, ce sentiment persiste encore aujourd’hui.

Cet abandon ne s’arrête pas aux problématiques budgétaires : l’été dernier vous lanciez le « Dispositif meilleur bachelier ». Son but : faire en sorte que les meilleurs étudiants soient fortement incités à rejoindre les filières sélectives « d’excellence ». Pour les autres, on leur trouvera bien une petite place à l’Université s’ils passent l’épreuve de tirage au sort ! Pensez-vous donc que l’Université soit une sorte de voiture balai de l’enseignement supérieur ? Dans le même temps, certaines formations de l’Université sont concurrencées par des formations payantes, délivrées par d’autres ministères de votre gouvernement, notamment dans le domaine des sports. On se demande, Mme Vallaud-Belkacem, M. Mandon, voulez-vous seulement donner les moyens à l’Université de réaliser ses missions ? Je suis pourtant sûr que vous croyez encore à vos engagements. A l’Université et à son service public d’enseignement. A son rôle d’ascenseur social, à l’enseignement par et pour la recherche, mais surtout à l’investissement dans la jeunesse et donc dans l’avenir. J’espère que vous saurez vous rappeler de ces engagements sans que les étudiants aient besoin de descendre dans la rue à nouveau.

Dans l’attente de réponses, écrites ou actées, veuillez agréer, Madame la Ministre, Monsieur le Secrétaire d’Etat, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

DEBRAY Robin, Vice-président en charge des affaires académiques de l’AGEMP



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