Rires et chansons dans le métro toulousain

Ca swingue dans le métro ! Lundi dernier sur la ligne B, votre hebdomadaire a suivi un duo de farfelus, le Philharmonique d’occasion, le temps d’un spectacle mobile et joyeux dans le cadre du Festival Toulouse d’été. D’arrêts en arrêts, de voyageurs en voyageurs, le couple étonne, surprend et amuse. Rencontre comico-musicale.

Trois notes de musique. Deux galipettes. Un sourire. La recette du Philharmonique d’occasion, si simple soit-elle, est redoutablement efficace. Vêtus de noir et blanc, en costume trois pièces et chapeau melon, les deux artistes zélés ne passent pas inaperçus dans les wagons de la ligne B. Lui, Camille Secheppet, entonne une symphonie enjouée avec sa «trompinette», assis sur l’un des sièges du wagon. Elle, Lucie B., se roule par terre avec son gros tuba. Pendant sa journée métropolitaine, le duo effectue des arrêts dans trois stations différentes et joue avec l’environnement dans lequel il s’aventure.

11h25 : Premier arrêt à Borderouge

Le couple investit le terminus de la ligne B. Il grimpe sur les barrières de sécurité, se cache dans le photomaton. L’un des gérants de la station les observe, ébahi. «Je ne savais pas qui ils étaient, j’ai failli les faire évacuer», explique-t-il, amusé. Les chansons s’enchaînent. Les morceaux sont courts, tristes ou dansants, et évoquent des souvenirs.

La représentation s’échappe à l’extérieur de la station. La force du Philharmonique est d’amener le spectateur à le suivre dans son monde, et dans ses facéties. Tout le groupe de curieux suit le duo et rit. «Ce sont de vrais musiciens et, en même temps, c’est plein d’humour», confie Annick, observatrice de ce conte urbain. Dehors, c’est un peu la même histoire. Les deux clowns utilisent la perspective du lieu dans lequel ils évoluent. Les parcs à vélo, les poutres métalliques, l’ascenseur. Ils n’ont pas d’autres accessoires que la station de métro.

Et tout le monde participe à leur aventure d’hurluberlus. Forts de leur témérité, les deux zélés invitent les badauds à les rejoindre. Lorsque l’un souffle avec sa trompette dans l’oreille d’un spectateur, l’autre attire des passants à entrer dans la danse. Tous participent à l’animation. Un couple de touristes allemands profite du spectacle. Ils sont venus accompagnés de leur petit fils, Lars-Erik, 11 ans, qui s’amuse de l’animation. «C’est rigolo comme spectacle», plaisante-t-il. «J’ai même pu y participer !».

11h50 : Retour dans la station

Le duo termine sa représentation dans la station de métro. Le temps d’une chansonnette enjouée, et de quelques roulades par terre. Et c’est le grand retour sur la rame de la ligne B. Le wagon est bondé. Les voyageurs éphémères entrent sur la rame et découvre le spectacle. Tous observent les pitreries du Philharmonique. Le duo provoque des sourires. Et même des rires. Certains prennent des photos, d’autres bougent la tête au son rythmé des cuivres du Philharmonique. Un adolescent éteint même son baladeur pour écouter la musique qui imprègne son voyage. Arrivée à la station Jeanne d’Arc. Le duo s’éclipse, en musique bien sûr, et salue son public éphémère jusqu’à fermeture des portes. Pour ceux qui ont raté les apparitions furtives du Philharmonique d’occasion, le duo revient le 4 août. Sur la ligne A cette fois-ci. Qui a dit que le métro était un endroit triste ?

Ariane Riou



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