Riposte Laïque ; « Provoquer un réveil salutaire »

La laïcité menacée en France par «l’offensive islamiste». C’est en résumé ce que pensent les sympathisants et abonnés de Riposte Laïque. Ce journal électronique créé il y a bientôt trois ans, prône la défense de la laïcité, des valeurs républicaines et l’égalité hommes-femmes. Pour son fondateur, Pierre Cassen, de passage à Toulouse pour une conférence il y a quelques jours, la situation de notre pays est grave. Ce «gourou de secours» comme il se qualifie lui-même, revendique à ce titre le droit d’être islamophobe. Il part en guerre contre le communautarisme, le racisme anti-blanc et un certain sectarisme de gauche. Interview.

 
Pierre Cassen, quel a été le déclencheur qui a amené à la création de Riposte Laïque ?
A l’été 2007, nous sommes une équipe de militants laïques, issus pour beaucoup de l’Union des Familles Laïques, qui travaillons alors sur un autre journal électronique et nous constatons que deux divergences importantes nous opposent : d’une part, le relativisme et la négation de l’importance de l’offensive islamiste et d’autre part, un certain sectarisme de gauche et d’extrême gauche qui considère que la république et la laïcité n’appartiennent qu’à soi-disant le camp du progrès, et que lorsque l’on est de droite, l’on est forcément réactionnaire, donc anti-républicain, et anti-laïque. C’est de cette prise de conscience qu’est né Riposte Laïque qui aujourd’hui a 30 000 abonnés.

Vous dénoncez une sorte de politique du deux poids deux mesures entre l’Islam et le Catholicisme ?
Oui. C’est-à-dire que dans les milieux de gauche et laïques, on a l’impression que quand vous attaquez certains propos du Pape sur le préservatif, l’homosexualité, ses connivences avec certaines dictatures d’Amérique du sud, vous êtes un laïque. Mais quand vous attaquez l’offensive islamiste, dont il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte, aussi bien en France que dans beaucoup d’autres pays européens, combien elle est prenante, menaçante, alors là, vous êtes un raciste. Il y a dans notre société actuelle une chape de plomb dès que vous touchez à l’Islam. C’est un vrai problème qu’il faut décomplexer, qu’il faut vaincre. Dans le rapport de force qui est le nôtre aujourd’hui, on ne peut pas se permettre un tel sectarisme qui divise notre camp. Il faut au contraire un rassemblement des laïques et des républicains, qu’ils soient de droite ou de gauche. Comment la France, le pays de Simone de Beauvoir, du droit des femmes, de la laïcité, peut-il accepter depuis plus de vingt ans, l’ampleur de cette offensive sans qu’il y ait de réaction à la hauteur de l’agression ? Les catholiques auraient fait le dixième de ce que font les islamistes, vous auriez une mobilisation générale partout.

 

« Nous allons gagner Rome sans mener bataille »

Mais qu’est-ce qui vous permet de parler d’«offensive islamiste» ?
On la constate tout simplement à travers la prégnance du voile, porté de plus en plus fréquemment par des mineures, par le voile intégral, la multiplication de demandes particulières communautaristes, que ce soit autour de la nourriture, à l’hôpital, par des prières publiques dans les rues, soi-disant parce qu’il n’y aurait pas de mosquées, alors que celles-ci prolifèrent… C’est la volonté de vouloir imposer l’Islam à l’ensemble de la cité, alors que les autres religions sont aujourd’hui sur le recul. Vous avez un leader islamiste à Bordeaux, Tareq Oubrou, qui dit avec une grande confiance : «Nous allons gagner Rome sans mener bataille». Il faut résister à ces propos, provoquer un réveil salutaire, y compris pour la majorité des citoyens arabo-musulmans qui ne veulent absolument pas de la dictature des fondamentalistes religieux qui veulent imposer un communautarisme et la charia aux lois de la république. Et encore une fois, les milieux laïques sont consternants sur le sujet, avec Marc Blondel, Président de la Libre Pensée qui vous explique que la cornette d’une bonne sœur, c’est grave mais que le voile intégral, c’est pareil que la minijupe. Ou Caroline Fourest (journaliste, ndlr) qui vous raconte que sur la Burqa, il faut faire de la pédagogie et qui parle de crise d’adolescence. Le monde des laïques n’est pas à la hauteur de l’agression islamiste.

Vous faites le jeu du FN ?
Non. Je suis un laïque. Je n’ai rien à voir avec un raciste, un fasciste. Si on abandonne ce discours laïque et républicain au FN, on arrive à une catastrophe. J’ajoute un petit détail : Le Pen n’est pas un anti-islamiste. Il a été reçu à l’ambassade d’Iran pour commémorer les trente ans de la révolution.

 


Arriver à un contre-pouvoir

En revanche, on vous accuse vous, d’islamophobie…
Ce n’est pas grave. On a le droit d’être islamophobe, catholicophobe, bouddistophobe, athéophobe ! L’arabophobie en revanche serait un délit. Ce serait du racisme. Mais l’Islam n’est pas une race. On a le droit d’avoir lu le Coran et de dire : «Désolé mais on ne me fera pas aimer un livre qui appelle à massacrer les infidèles, les homosexuels, les juifs». On a le droit d’avoir peur d’une religion qui, sur le droit des femmes, la démocratie et pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce dogme, ne montre pas une grande ouverture d’esprit. Le mot islamophobie a été inventé par l’ayatollah Khomeiny en 1989 pour dissuader justement tous ceux qui voulaient s’opposer à l’offensive de l’Islam en France. Islamophobie, ça fait xénophobie. C’est l’arme des islamistes. Par ailleurs, je suis stupéfait par le silence des associations anti-racistes, devant le racisme anti-français, anti-blanc, face aux paroles de certains rappeurs. Pas un mot sur ce nouvel antisémitisme des quartiers qui répercute en France le conflit israélo-palestinien, avec de nombreux enfants juifs qui ne peuvent plus aller dans les écoles publiques, ou des lycéens manifestants à Paris en 2005 agressés au faciès par des jeunes des quartiers.

Vous êtes, vous l’avez dit, un laïque. Le fait que l’on dise que la France a des racines judéo-chrétiennes ne vous choque pas ?
Il faudrait être des négationnistes de l’Histoire pour dire le contraire, or nous ne sommes pas des faussaires de l’Histoire. Simplement, dans l’Histoire de France, il y a la révolution de 1789 et la loi de 1905 sur la séparation du religieux et du politique. Nous respectons la foi des croyants mais en aucun cas, la loi religieuse ne peut se substituer aux lois de la République.

Quelle est la finalité de votre action ?
Nous voulons arriver à ce qu’il y ait en France un contre-pouvoir. Il n’existe pas de parti qui représente un débouché républicain et laïque à nos propos. L’UMP, le PS, les Verts, le MoDem, sont tous gagnés au concept de Sarkozy de laïcité moderne, apaisée, dynamique. Ils sont tous européistes, c’est-à-dire qu’ils dépassent le cadre de la nation pour nous fondre dans une grande Europe, dont nous ne voulons pas. Nous sommes attachés à la République, à la nation, à l’indépendance du pays.

 

« Nous sommes à un carrefour »

Par conséquent, l’une des idées serait de fonder un parti politique ?

Quand je vois les partis qui essayent tout simplement d’exister aujourd’hui, cela me paraît difficile. Fondons une association dont les discours peuvent amener des débats dans les partis existants. Je suis convaincu qu’au PS, tous les socialistes n’ont pas la position capitularde de Martine Aubry. De même à l’UMP : entre le discours de Sarkozy et celui de Jacques Myard, député-maire de Maisons-Laffitte, l’un des animateurs de la commission parlementaire sur le voile intégral, contre lequel il a déposé des projets de loi, il y a un grand écart.
Il faut que ces gens-là sentent que dans l’opinion, ça ne passe pas. Je suis convaincu que notre discours y est majoritaire. Regardez Geert Wilders aux Pays-Bas, regardez la votation suisse : contre les minarets à 57 %. Il faut prendre la mesure de la gravité de la situation, c’est vital pour notre avenir, nos valeurs, nos projets de société. Nous sommes à un carrefour. Si la France évolue de cette manière, on court à la catastrophe.

Que pensez-vous des affaires de pédophilie qui secouent l’église ?
C’est révélateur de la frustration que peut engendrer le monde religieux quand il y a abstinence sexuelle… (pause) Le courage des journalistes c’est de “se faire” l’église catholique, en chopant un prêtre sur la pédophilie. C’est vrai que c’est un gros problème : Il reste en France 3 000 intégristes catholiques, la moyenne d’âge des prêtres y est de 71 ans, les églises sont vides… C’est d’ailleurs grâce au combat des féministes que l’idéologie catholique, sur l’accès des femmes au travail et à la contraception, a été battue… Alors, que le prêtre incriminé aille en prison tant mieux, mais si la pédophilie ne se résumait qu’à la seule église catholique, ce serait bien… N’y a-t-il pas des imams, des rabbins pédophiles ? Pourquoi n’a-t-on pas le courage de parler d’une religion dans laquelle Aïcha, est épousée par le prophète Mahomet à six ans et consommée à neuf ? L’actualité nous a montré récemment le cas de cette jeune Yéménite qui a demandé le divorce à dix ans. Vous avez des pays où la pédophilie est de nos jours encore une institution.

Avez-vous vous-même pratiqué un jour une religion ?
(Sourire) C’est une question intime… Je ne suis pas un laïque politiquement correct : j’ai été baptisé à 18 mois. Autant dire que je n’ai pas eu le temps de beaucoup réfléchir. Après ma communion à douze ans, j’ai estimé que c’était là mon dernier compromis. Quand j’ai eu 40 ans, j’ai fait savoir à mon évêque que j’avais mûri et que je ne voyais rien de commun entre ce que j’étais et la religion catholique. Je suis athée mais je suis prêt à travailler avec des croyants, catholiques, musulmans, juifs, à partir du moment où ils considèrent que les lois de la république sont supérieures à celles d’une religion.

Propos recueillis
par Claire Manaud


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