Revenus des ménages en Midi-Pyrénées ; Disparités dans les villes-centres

Selon une récente étude de l’Insee, la région Midi-Pyrénées se caractérise par de hauts revenus, parmi les plus élevés de province. Toulouse, elle, héberge les ménages les plus riches mais aussi les plus modestes et les plus jeunes. De grandes disparités qui tendent à diminuer au fur et à mesure que l’on s’éloigne des villes-centres mais qui augmentent de nouveau dans les campagnes les plus isolées.

 
À chaque territoire ses revenus. C’est en résumé le constat de l’Insee qui vient de publier cette étude.
Les caractéristiques des villes-centres, de leurs banlieues et de leurs couronnes périurbaines, mais aussi des communes rurales les plus isolées reflètent en premier lieu la composition sociodémographique de leur population. S’il est admis depuis longtemps que les villes concentrent la richesse, on oublie parfois qu’elles sont d’abord le lieu de la mixité sociale, particulièrement marquée dans les grandes villes. En Midi-Pyrénées, plus on s’éloigne des villes-centres, plus la structure sociale et les revenus deviennent homogènes au sein des espaces urbains et périurbains. Les inégalités se creusent de nouveau dans les campagnes les plus éloignées des villes de la région.

Disparités fortes dans les villes-centres

Les grandes villes de Midi-Pyrénées ont une population très hétérogène où cohabitent de hauts et de très bas revenus. En moyenne, les ménages les plus riches y sont plus aisés que dans le reste de la région : les villes concentrent en effet les activités et les entreprises, et le coût élevé du logement est rédhibitoire pour nombre de ménages aux revenus modestes. Elles attirent davantage de ménages aux revenus très faibles, en raison notamment de la présence de logements sociaux et de petits appartements à louer, particulièrement attractifs pour les jeunes. Dans les grandes villes-centres, les jeunes ménages sont relativement plus nombreux. Or, dans la région comme ail- leurs, les disparités de revenus sont beaucoup plus grandes parmi ces jeunes ménages.

Hauts revenus et forts contrastes à Toulouse

À Toulouse, les revenus des ménages sont très contrastés. Aux côtés de Bordeaux, Nantes et Rennes, la ville rose fait partie des grandes métropoles de province où le revenu médian des ménages est le plus élevé, loin derrière Lyon. Les revenus salariaux y représentent plus des deux tiers des revenus totaux, davantage que dans la plupart des grandes villes de France. Son attractivité sur la population active et la présence marquée de cadres supérieurs en font l’un des plus grands pôles d’emplois stratégiques de province et expliquent ce niveau élevé de revenus. Dans les autres grandes villes-centres de Midi-Pyrénées, les disparités de revenus sont un peu moins élevées qu’à Toulouse et que dans les villes françaises de même taille en moyenne. Mais les inégalités varient d’une ville à l’autre. Elles sont fortes à Tarbes et Pamiers, où le plafond des bas revenus est peu élevé. Elles sont moins marquées à Figeac, Rodez, Auch ou Cahors où les revenus sont parmi les plus élevés de la région. À Albi, l’ampleur des disparités tient au niveau élevé du plancher des hauts revenus. À Montauban et Castres, s’y ajoute le niveau modes-te du plafond des bas revenus.

Des revenus plus homogènes aux abords des grandes villes

Dans les banlieues des grands pôles urbains de Midi-Pyrénées, les revenus des ménages sont beaucoup plus homogènes. Dans ces communes résidentielles, les revenus sont plus élevés que dans les villes-centres. Elles attirent des ménages aisés, travaillant dans l’agglomération, et à la recherche d’espace pour accéder à la propriété. Les revenus les plus élevés de la région se concentrent ainsi en proche banlieue toulousaine. Les cadres et professions intermédiaires sont proportionnellement plus nombreux dans la banlieue de Toulouse que dans la ville-même, tout comme les actifs quinquagénaires, plus souvent au sommet de leur carrière. Au-delà des banlieues, l’éventail des revenus continue à se resserrer dans les couronnes périurbaines. Mais les différences d’une commune à l’autre peuvent être grandes. Les ménages très aisés résident dans un large secteur est et sud-est de l’aire urbaine toulousaine. Même constat au nord-ouest et à l’ouest de Toulouse, près du pôle aéronautique. À l’opposé, les ménages les plus modestes sont nombreux dans certaines communes, aux revenus assez resserrés : c’est le cas au sud de l’aire urbaine de Toulouse et autour de Montauban et d’Albi.

Loin des villes, les disparités se creusent

Loin des espaces urbains et périurbains, de nombreuses communes rurales isolées de Midi-Pyrénées se caractérisent par des inégalités plus fortes que dans le reste de la région, en partie en raison de la faiblesse des bas revenus. Le seuil des hauts revenus est nettement supérieur au plafond des bas revenus dans un large couloir allant du nord du Tarn-et-Garonne aux contreforts du Massif central, à la limite du Tarn et de l’Aveyron. Les disparités sont également très fortes dans la plupart des cantons isolés d’Ariège. Dans ces territoires vieillissants, c’est la part importante des retraites, supérieure à la moyenne régionale, qui contribue à abaisser le plafond des bas revenus. Néanmoins, les inégalités sont beaucoup moins fortes dans certains cantons ruraux, éloignés des grandes villes.

Des hauts revenus plus élevés en Midi-Pyrénées

Midi-Pyrénées figure en bonne place au palmarès des hauts revenus. En 2009, c’est la quatrième des 21 régions de province, après Rhône-Alpes, l’Alsace et Provence-Alpes- Côte d’Azur, pour le niveau plancher des hauts revenus : les 10 % des ménages les plus aisés déclarent un revenu supérieur à 35 197 €, contre 34 557 € en moyenne en province. Midi-Pyrénées se situe dans une position moyenne au regard de ce que l’on appelle le plafond des bas revenus, celui en-dessous duquel se situent les 10 % de ménages les plus modestes : la région se place au 11ème rang de province, avec 6 850 €, soit à peine plus qu’en moyenne en province (6 705 €). Au final, le niveau plancher des hauts revenus est cinq fois plus élevé que le plafond des bas revenus, un rapport identique à la moyenne de province. En 2009, le revenu annuel médian de la région par unité de consommation s’élève à 18 032 €, ce qui la classe au 8ème rang des régions de province.

En Midi-Pyrénées, des revenus moins touchés par la crise

La crise économique qui frappe la France en 2008 et 2009 n’épargne pas Midi-Pyrénées. Comme dans les autres régions, les revenus des ménages les plus modestes sont les plus touchés. Le plafond des bas revenus baisse, mais moins qu’en moyenne en province. À l’opposé, le seuil des hauts revenus continue à progresser, à un rythme un peu plus élevé qu’en moyenne en province. La crise accentue ainsi les disparités, mais moins que dans l’ensemble des autres régions. L’évolution des revenus dépend de facteurs démographiques (âges, migrations), mais aussi économiques (croissance, activité). Or, l’emploi régional, certes touché par la récession économique, résiste mieux qu’ailleurs, grâce à une spécialisation économique favorable dans des secteurs peu impactés par la crise tels que l’aéronautique, l’agroalimentaire et les services.

(Source Insee)



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