Révélations dans le dossier AZF : Certains « scellés » seraient des faux !

Alors que nous venons de commémorer le 12ème anniversaire de la catastrophe, de nouvelles révélations méritent d’être prises au sérieux. Une chose est certaine : le doute continue de planer.

 

L’homme est un passionné du dossier. A tel point que le juge d’instruction Thierry Perriquet lui en avait donné l’accès en 2004 … Pierre Gresillaud, ingénieur informatique, montpelliérain installé dans la ville rose en 2009 pour pouvoir poursuivre ses investigations sur la catastrophe d’AZF, a révélé une nouvelle faille dans le dossier : « La direction d’EDF-RTE a procédé à un faux en connaissance de cause » nous déclare-t-il. Derrière cette terrible attaque se cache le témoignage étonnant d’un employé d’EDF-RTE qui était dans un hélicoptère survolant le site ce 21 septembre 2001 à 12h30. Certaines de ses photos prises à ce moment-là avaient même été versées au dossier. Selon les propos dudit témoin, la direction aurait couvert une erreur des enquêteurs … « C’est très grave ! » selon Pierre Grésillaud, dont les investigations semblent démontrer qu’un câble électrique rompu lors de la catastrophe, n’aurait jamais été versé au dossier. Pire, en juillet 2002, soit dix mois plus tard, c’est un faux qui aurait été rendu à la justice par EDF-RTE … Avec pour effet une mise sous scellé étrangement tardive. En 2011, le témoin a décidé d’écrire à sa direction pour faire état de ses interrogations. Dominique Maillard, président d’EDF-RTE, a répondu dans un courrier qui a été lu par le président de la cour d’appel, Bernard Brunet. Il y demande au témoin de ne pas soulever la possible authenticité du câble en question. Les éléments sont d’autant plus troublants que selon Pierre Gresillaud beaucoup de gens se posent des questions au sein d’EDF-RTE. Certains salariés et des personnes proches du dossier lui ont confirmé que tous les mails traitant d’AZF y auraient été supprimés et qu’un rapport interne aurait disparu … Les questions soulevées par cette révélation sont nombreuses, et remettent en cause la fameuse datation de la catastrophe : « Je m’interroge » nous confie P.Gresillaud. Car si la rupture du fameux câble ne s’est pas déroulée à l’heure supposée (mais non moins officielle) de la catastrophe, c’est qu’il y aurait donc bien eu deux explosions ce 21 septembre 2001 : « On est en train de cacher cet événement pour mettre de côté la possibilité d’un premier séisme sous-terrain. Total veut continuer à camoufler le véritable épicentre de la catastrophe … Sa longitude est beaucoup plus à l’est que la thèse officielle, sous la colline de Pech David. » Saura-t-on la vérité un jour ? Les Toulousains continuent à se poser la question après ces nouvelles révélations.

Thomas Simonian

Total débouté

La cour de cassation a rejeté le 24 septembre dernier la recevabilité de la question prioritaire de constitutionnalité déposée par Total. Une victoire pour les sinistrés.



10 COMMENTAIRES SUR Révélations dans le dossier AZF : Certains « scellés » seraient des faux !

  1. BAUX dit :

    Merci de relayer des informations majeures qui dénoncent les fautes graves de l’enquête.
    La majorité silencieuse des toulousains ne pourra qu’en être soulagée.
    Voici le lien qui permet de lire l’article auquel vous faites référence :
    http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-gresillaud/170913/azf-le-cable-63-kv-d-edf-rte-sous-scelles-est-un-faux

  2. Soula dit :

    Il débloque complètement. C’est toujours les mêmes déséquilibrés qui croient à des théories complètement fumeuses qu’ils ont essayé de faire passer par tous les moyens pendant les deux procès. Maintenant, c’est fini, les sous terrains secrets, les grands complots internationaux, les hélicoptères et les drones, il faut changer de sujet….

    • GRESILLAUD dit :

      Avant d’insulter sans le moindre argument ceux qui apportent des pièces techniques sur l’affaire AZF, je vous invite Soula à étudier les données sismologiques du réseau national. Au cas où vous ne le sauriez pas, la datation du séisme principal pour ce réseau national RéNaSS a 0,8 secondes d’écart avec la datation officielle (10h17’56.35 au lieu de 10h17’55.45). La première position calculée par le RéNaSS plaçait le séisme à 2 km à l’Est d’AZF mais, étonnamment, la responsable de l’OMP, a censuré après la minute 10h19’00 la moitié des sismogrammes fournies au RéNaSS. Elle a imposé la théorie idiote et mensongère du “bang sismique” qui ne repose sur aucune réalité physique dès le 26 septembre 2001 et a obtenu de la justice, en plein accord avec le CEA Militaire, que jamais cet épicentre au cratère ne soit sismologiquement vérifié. A la vitesse des ondes sismiques sous Toulouse, cet écart correspond à un épicentre situé à plus de 2 km à l’Est. De plus, il existe dans le dossier plusieurs témoignages au CHU de Rangueil, à la fac de médecine confirmant un premier phénomène vibratoire important plus de 10 à 15 secondes avant le souffle d’AZF… J’ai également déjà publié des photographies d’une galerie secrète de 1,2 km de long située entre le CHU de Rangueil, Larrey et Pouvourville et construite par les allemands et leurs prisonniers de guerre en 1943-44. Elle est connue des militaires et est toujours tenue secrète aujourd’hui.

    • GRESILLAUD dit :

      Et pour ce qui concerne l’hélicoptère dont le bruit pendant 20 secondes a été enregistré par une vidéo de France 3 à l’école Bellefontaine juste après la fin du bruit de l’explosion principale, la version officielle et les juges des procès n’ont absolument pas tenu compte du rapport du BEA. Le BEA a bien conclu au bruit d’un Ecureuil en vol et non à un Puma au roulage à 3 km de là sur la base de Francazal, comme l’affirme la thèse officielle pour éviter toute recherche d’identification. Donc imposer cette thèse officielle sans même comprendre pourquoi cet Ecureuil non identifié était en vol près du pôle chimique, relève d’une démarche absolument pas normale et d’une vraie théorie obscurantiste méprisant même l’avis d’un organisme comme le BEA !

  3. Bernard ROLET dit :

    J’ai essayé de commenter l’article que vous avez publié sur les contributions de Pierre Grésillaud à l’enquête sur la catastrophe du 21 septembre 2001 mais mon message n’est pas passé. J’essaie donc ci-dessous de vous l’envoyer à nouveau par un autre canal.
    Je tiens à vous féliciter pour votre objectivité et pour la façon dont dont vous recherchez les données occultées. Votre attitude tranche avec le parti pris accusatoire de certains de vos confrères locaux et le silence gêné de la presque totalité des médias nationaux qui se sont bien gardés de publier la moindre information contredisant la thèse officielle.
    Un petit nombre de personnes privées se sont élevées contre cette attitude sans avoir jamais reçu la moindre réponse de la part des médias qu’elles avaient alertés.Elles ont ainsi fait connaissance et se sont mises à travailler ensemble, en recoupant leurs informations et en se soumettant leurs réflexion. Pierre Grésillaud est l’une d’elle et je puis vous assurer que ses contributions sont nombreuses et variées. Celle que vous venez de publier, et dont je vous confirme l’absolue pertinence, n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan d’anomalies graves qui ont affecté l’enquête de police et l’instruction judiciaire à travers, notamment, les errances de la plupart des experts officiels qu’aucun scientifique ni technicien un peu compétent n’a pu accepter de suivre.
    Nous avons tous demandé à témoigner au cours du procès correctionnel, bien que n’étant cités par aucune des parties, en nous référant au devoir civique de tout citoyen d’informer la justice de son pays. Nous n’avons reçu aucune réponse.
    Nous avons, en revanche, réussis à être cités plus tard devant la chambre d’appel correctionnel de la Cour d’Appel de Toulouse. Nos dépositions respectives, qui se confortaient mutuellement, ont été très pointues et ont mis en évidence, sous des aspects différents mais complémentaires, l’absurdité de la thèse accusatoire.
    Ce fut un échec sanglant. Vous connaissez le jugement rendu par la chambre d’appel, jugement que je ne commenterais évidemment pas. Mais les dépositions des témoins sont tombées dans le domaine public dès qu’elles ont été prononcées et tout le monde a le droit d’en faire état. La mienne a duré 2 h 20. Elle a été résumée dans le jugement, ainsi que plusieurs autres, par la phrase on ne peut plus concise: “Monsieur Untel a déposé tel jour”.
    Je tiens à votre déposition, si vous le souhaitez et si vous m’envoyez une adresse e-mail adéquate, le texte écrit de cette déposition. J’en ferai de même pour chacun de vos lecteurs s’ils me le demandent par e-mail.
    Je reste à votre disposition pour répondre à toute question complémentaires et vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

    Bernard ROLET
    rolet.bernard@wanadoo.fr

  4. ROLET Bernard dit :

    Compte-tenu de mes difficultés informatiques à intervenir sur ce site, je n’ai pris connaissance que tardivement du commentaire n° 2 signé “Soula”.

    Il est très caractéristique d’un certain type d’approche qui a empoisonné cette affaire depuis 12 ans. Il consiste à ne rien chercher à apprendre sur le détail des témoignages et des réflexions de spécialistes qui mettent en évidence l’inanité de la thèse officielle et à limiter le débat à l’émission rageuse d’injures à l’égard de ceux qui ont réellement étudié, scientifiquement et techniquement, ce dossier.

    Quand Soula stigmatise les déséquilibrés qui “déconnent” complètement, il ne s’aperçoit pas qu’il se décrit lui-même.

    Bernard ROLET

  5. - dit :

    Je prends connaissance de cette article qui finalement ne nous apprends rien. Que des choses déja redites maintes fois. Malheureusement, j’ai peur que les journalistes tout comme les experts ne cherchent pas à approfondir. S’il cherchait, il trouverait que cette histoire du cable était connu du premier jour. Il trouverait également que les dirigeants demandaient à leurs subalternes de ce taire devant toutesdemandes et que seule la direction était habilitée communiquer. Normal! Il trouverait également que RTE, ds un mail ecrit par un dirigeant à les expert ds sa poche.
    Finalement tout est dit. Et malheureusement, l’enquète à été baclé et la piste électrique abandonné alors que je suis persuadé, voir sur, que RTE y est pour quelques choses.
    Enfin,; le saura t’on un jour?

  6. ROLET Bernard dit :

    Je prends connaissance du dernier commentaire anonyme daté du 8 octobre à 1 h 20.

    Il est exact que presque tout a été dit depuis longtemps dans cette affaire, mais cela ne supprime pas pour autant l’intérêt d’en reparler, pour au moins deux raisons:

    1) S’il n’apparaît plus, depuis longtemps, de faits entièrement nouveaux, des détails inédits continuent à remonter à la surface à l’occasion de la prise de conscience tardive, par des témoins non déclarés, de l’intérêt d’une petite observation dont ils disposaient mais qu’ils considéraient jusqu’alors comme négligeable.

    C’est ainsi que la dernière communication de Pierre Grésillaud fait état de quelques précisions originales dans le montage (bien connu depuis longtemps) de l’escamotage des preuves matérielles relatives au conducteur coupé de la ligne 63 kV dite “des Demoiselles”.

    C’est ce même phénomène qui m’a permis d’accéder via M. Jean Marie Arnaudiès, juste avant ma déposition, a des données originales concernant la partie du scénario global qui s’est déroulée sur le site SNPE.

    2) Il importe que l’opinion publique soit éclairée sur le fait que l’enquête officielle n’a pas seulement été bâclée, mais délibérément conduite vers un objectif mensonger pour empêcher de regarder là où il aurait fallu le faire.

    Certains enquêteurs bénévoles, qui échangeaient entre eux, ont ainsi établi un dossier
    considérable sur tous les aspects du processus catastrophique très complexe qui s’est déroulé le 21 septembre 2001, y compris les aspects électriques. Mais ils aussi mis en évidence l’incompétence et le parti pris de nombreux experts judiciaires dont ils ont dénoncé les mensonges volontaires.

    Cette enquête là n’a donc pas été bâclée mais la Justice n’a pas voulu le savoir. Il faut être totalement ignorant des débats qui ont eu lieu devant la chambre d’appel correctionnel de la Cour d’Appel de Toulouse pour penser que seules les carences de l’enquête officielle sont responsables du verdict. Je rappelle que je tiens la version écrite de ma déposition du 3 janvier 2012 à la disposition de qui me la demandera. Ce serait un bon moyen d’en savoir objectivement plus.

  7. James dit :

    La mystérieuse détonation d’un flegmatique tas d’engrais chez AZF ne pourra pas trouver d’ explication satisfaisante.
    Les nombreux phénomènes racontés par les témoins ou enregistrés par les capteurs ne peuvent tous trouver une place dans le puzzle.
    Des éventuels faux scellés ou plus généralement,des investigations un peu baclées sont rarement évitées dans les affaires complexes.
    Mais ce qui me gène vraiment c’est de n’avoir pu trouver un consensus de quasi certitude sur un certain nombre de points clefs de l’investigation.
    Un faisceau de quasi certitudes aurait peut être pu pointer dans la direction du coupable. Personne ne décrit le tas principal d’AN qui a vraisemblablement détonné,
    Personne ne s’étonne qu’un morceau du muret de séparation Box – Tas se retrouve à 1600m du coté d’Empalot.
    Dans une affaire qui comporte peu de faits établis mais d’innombrables suppositions,les experts se battent à coup d’opinions et les juges n’ont d’autre choix que de se tourner vers le pouvoir politique.
    Il faudrait être Icare pour regarder du coté Saica Pack.

  8. PIERRE GRESILLAUD dit :

    James, le problème du faux n’a rien de banal. Ces scellés ont été reçus par le SRPJ pour des expertises et ont servi à justifier la synchronisation horaire entre les incidents électriques de EDF et de l’usine AZF. Sans elles, tout est remis en cause sur les datations incidents électriques.
    Le cabinet Soulez-Larivière a étrangement refusé d’insister sur cette faute car il ne veut pas remettre en cause ces datations qui révèlerait le problème de la vraie origine du séisme principal.
    D’ailleurs le centre EDF-RTE des Sept-Deniers où se trouvait l’employé qui a révélé le faux câble a subi des effets sismiques énormes incompatibles comme dans d’autres secteurs proches de Purpan et des Minimes, effets qui sont indices d’une origine sismique souterraine et non au sol. De plus la direction d’EDF-RTE avait largement le temps de réfléchir avant de fournir ces neuf tronçons de faux câbles 63 kV puisque le vrai câble a été réclamé plus de 10 mois après la catastrophe en juillet 2002. Le jour de la remise, le personnel d’EDF-RTE était parfaitement au courant que ce câble était un faux et leur direction à préférer tromper la justice plutôt que simplement indiquer que ces câbles n’étaient plus accessibles après 10 mois. Donc non James… ces problèmes de scellés sont graves et pas du tout banals et la censure de tous mes articles sur Médiapart dans les archives de Google est intervenue fin septembre 2013 juste après une menace par courriel de l’avocat de la direction nationale de EDF-RTE de me poursuivre… menace non suivie des faits mais bien suivi d’une demande de censure auprès de Google mais pas de Médiapart… comme quoi le contenu de l’article n’est pas attaqué. Le président du RTE, Dominique Maillard, semble bien extrêmement embarrassé par cette faute juridique grave d’autant que cet X-Mines était le “Monsieur Energie” du Ministère de l’Economie de Laurent Fabius en septembre 2001. Un fusible potentiellement intéressant au cas où on commence à recherche pourquoi M. Fabius était en vol au-dessus de Toulouse au moment de l’expxlosion. L’analyse du vrai câble 63 kV aurait dû avoir toute son importance !
    Et le problème du bloc de béton armé qui a volé sur plus de 1600 mètres est aussi un autre élément important que les experts judiciaires et les juges du procès ont complètement ignoré dans leur arrêt malgré des conclusions de plusieurs parties la dessus. Nous n’avons pas affaire à de l’incompétence ou des erreurs mais bien à des obstructions systématiques et prouvées.

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