Retraites : un projet qui divise les socialistes « Il y a un débat mais pas une rupture »

 

Le débat parlementaire sur la réforme des retraites a débuté lundi 7 octobre à l’Assemblée nationale. Crédit Photo: Franck Alix/JT

« Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins. » Tel est le mot d’ordre des socialistes qui se positionnent contre le projet des retraites initié par le gouvernement. A Toulouse, le mouvement a de nombreux adeptes. Ils comptent peser sur le débat parlementaire qui a débuté lundi dernier.

Sujet sensible par excellence, la réforme des retraites est loin de faire le consensus. Trop libérale pour le Front de Gauche, pas assez pour la droite. Plus surprenant, un « appel de socialistes pour les retraites » a été lancé dans toute la France, recueillant plus de 5000 signatures, dont environ 300 à Toulouse. Une fronde ? « On ne rejette pas entièrement la réforme. Ce qui nous inquiète, c’est l’allongement de la durée de cotisation qui va passer de 42 à 43 ans », précise Nicolas Tissot, adjoint au maire de Toulouse signataire de l’appel. Amendement voté dans la nuit du mardi au mercredi à 101 voix contre 64. Selon lui, il s’agit d’un « reniement des idées portées par le PS depuis dix ans. Nous validons politiquement les précédentes réformes. » Les mots sont durs, pourtant il ne faut pas y voir une scission irrémédiable : « Il y a un débat mais pas une rupture. Sur quatre socialistes, il y a cinq avis différents, c’est dans nos gènes ! », plaisante l’élu. Mais y a-t-il une autre solution pour financer les retraites, que l’allongement de la durée des cotisations ? « Taxer le capital » est l’une des réponses qui se fait entendre. Un grand meeting sur le sujet se tiendra le vendredi 11 novembre à Toulouse (salle Mermoz). « Nous voulons créer un rapport de force qui permettra aux parlementaires d’aboutir sur un texte meilleur », espère l’élu. Aujourd’hui, les espoirs se tournent vers le Sénat, qui étudiera le texte à partir du 28 octobre (le projet  est examiné en procédure accélérée, soit une lecture par chambre, ndlr).

« François Hollande n’est pas Jean-Luc Mélenchon »

Entre les députés toulousains et les élus signataires de l’appel, les rapports ne sont pas au beau fixe. Une réunion interne « tendue », le 24 septembre dernier, n’est pas venue à bout des divergences. Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales, tient à clarifier les choses : « La question démographique est incontournable. La retraite à 60 ans, ce n’est plus possible. François Hollande est un pragmatique, un social démocrate. Il n’est pas Jean-Luc Mélenchon !» Concrètement, la députée tient à rassurer sur le contenu de la réforme : « Pour tous ceux qui partiront avant 2020, rien ne change. A partir de 2020, on ajoutera un trimestre tous les trois ans pour arriver à 43 annuités en 2035. C’est très progressif. » A côté de cela, de nombreux points visent à contrebalancer cette mesure : « La prise en compte de la pénibilité du travail, des périodes d’apprentissage et de l’égalité homme-femme », cite Catherine Lemorton. « En plus, un comité de surveillance sera mis en place pour dresser un bilan régulier sur les effets de cette loi. » Cela suffira-t-il à convaincre les Français de son bien-fondé ? Le pari est risqué à quelques mois des élections municipales.

Coralie Bombail



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.