Rentrée scolaire ; Enseignants et parents d’élèves en colère

Suppression de postes, augmentation des effectifs en classe, réforme du lycée et du métier d’enseignant… Les motifs de mécontentement des syndicats enseignants et de la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE) ne manquent pas. Ils seront dans la rue les 4, 6 et 7 septembre.

 
Une rentrée scolaire sans grève des enseignants (et plus tard des étudiants ?) ne serait pas digne de ce nom. Les différentes organisations syndicales de la Haute-Garonne (SNES, FSU, UNSA Education, SGEN, CGT Education) et la FCPE mènent la lutte de concert contre ce qu’ils appellent «la dérégulation du système éducatif». La position du SNES, syndicat majoritaire dans le second degré, est claire : «Le fil d’Ariane du gouvernement est connu depuis juin : faire baisser les effectifs enseignants et remplir les classes. C’est catastrophique» martèle son secrétaire départemental Christophe Manibal.
Dans le collimateur, la réforme de la formation des enseignants engagée par le ministère de l’Education nationale. En cette rentrée 2010, ces «premiers stagiaires new look arrivent directement en responsabilité de classe avec une formation professionnelle réduite à néant» dénoncent les différents syndicats qui parlent d’une réforme «au rabais, qui doit être combattue, et dont les nouveaux collègues ne doivent pas pâtir» en référence au boycott des tuteurs volontaires de la part de certaines de ces organisations. «Les tuteurs seront partie prenante de la titularisation du collègue. Cela crée une hiérarchisation entre collègues que nous refusons. Nous sommes pour un accompagnement syndical» indique C. Manibal du SNES. La FCPE évoque même l’existence d’organismes privés qui assureraient cette formation «pour 700 euros les 15 jours».

Une « lettre ouverte aux parents »

Autre motif de discorde : les suppressions de postes et les non remplacements alors que l’on assiste à une augmentation des effectifs en classe. La FSU va distribuer à un million d’exemplaires une “lettre ouverte aux parents” afin de les alerter sur «l’avenir de leurs enfants» : «D’une part un enseignant sur deux qui part en retraite ne sera pas remplacé. D’autre part, l’âge de la retraite serait repoussé, quand les jeunes, eux attendront pour trouver un emploi. Nombre d’entre nous devraient enseigner jusqu’à 65 ou 70 ans, ce qui ne garantit pas la meilleure énergie, la meilleure écoute pour les élèves». D’après le représentant local de ce syndicat, les places au concours d’enseignant ne cessent de fondre comme neige au soleil : 3 154 places pour 2011 alors qu’il y en avait 10 000 en 2008.
Inquiétude également par rapport aux non affectations d’élèves. Sur la Haute-Garonne, ils seraient pour l’heure 400 dans cette situation. «On contraint la demande sociale aux moyens mis sur le terrain» s’indigne le SNES, «ces élèves devront prendre une formation même si elle ne leur plaît pas». La CGT craint, elle, que cela n’entraîne à terme une déscolarisation au sein de certains milieux populaires.

 

Après la plage, les pavés

Quant à la réforme du lycée, même combat. «C’est une catastrophe» ajoute la FCPE, «tout s’est fait dans la précipitation, avec des explications minimales». Le SNES parle lui, de «confection de nouveaux programmes à la hussarde, avec deux heures d’accompagnement personnalisé qui ne sont pas financées». Et de prendre également l’exemple des manuels scolaires qui ne «correspondent pas aux programmes» et dont le coût pour les familles se monterait à 150 euros supplémentaires pour un élève entrant en seconde.
Des rancoeurs qu’enseignants et parents d’élèves ne manqueront pas d’exprimer dans la rue.
Le 7 septembre bien sûr, en lien avec la manifestation sur la réforme des retraites mais pas seulement. La veille, la majorité des syndicats enseignants organisent une autre journée de grève et de rassemblement à laquelle cependant ne participeront ni le SGEN, ni UNSA Education, dont le secrétaire départemental Cyril Lepoint, déclare : «La journée du 7 suffit. Faire grève coûte une centaine d’euros par jour et les temps sont durs. Même si nous nous positionnons clairement à gauche, nous ne donnons pas dans le révolutionnaire. On peut s’opposer mais il faut proposer. C’est dans notre idéal de réformisme».
Enfin, mélange ou pas des genres, ces organisations défileront également ce samedi 4 septembre, pour faire «face à la xénophobie et à la politique du pilori».

Claire Manaud


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