Rentrée scolaire dans l’académie de Toulouse: Peut mieux faire ?

Peut mieux faire ?

Depuis mardi, l’académie de Toulouse a accueilli plus de 500 000 élèves pour la rentrée 2013. Le point sur les réformes en cours dans le cadre de la refondation de l’école voulue par Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale.

Cette semaine, les premier et second degrés (public et privé) ont retrouvé les bancs de l’école dans l’académie de Toulouse. Pour la seule Haute-Garonne, ils étaient plus de 220 000 à franchir la porte des établissements. Soit en tout, une progression (qui reste toutefois à confirmer), de 5000 élèves supplémentaires par rapport à 2012. « La région est attractive et l’académie de Toulouse, dynamique » a déclaré la nouvelle rectrice Hélène Bernard, pour qui cette rentrée scolaire 2013 est une première, « c’est un très beau challenge » a-t-elle d’ailleurs ajouté concernant sa nomination. Elle s’est montrée « plutôt optimiste sur la qualité de cette rentrée », la qualifiant cependant à la fois de « complexe » et d’« apaisée ». En question, la réforme des rythmes scolaires dans le premier degré. La rectrice a salué « l’engagement des collectivités qui ont cru en ce dispositif (la moitié des communes de Midi-Pyrénées l’aurait pour l’heure adopté, ndlr). Il faut un nouveau savoir-faire pour que les élèves soient moins fatigués, moins stressés, plus ouverts, qu’ils trouvent du plaisir à aller en classe. » Un système qui n’est pas sans poser des problèmes d’organisation : «73% des écoliers sur le département de la Haute-Garonne passent à quatre jours et demi. Le reste à quatre jours.» explique Claude Alliot, Secrétaire de la section 31 du SGEN CFDT. Ce syndicat, favorable à la mesure, attend pour l’heure d’en voir les effets.

2.4 milliards d’euros

Autre « grande priorité », celle du retour de la formation initiale des maîtres au sein des nouveaux Etablissements supérieurs du Professorat et de l’Education (ESPE). « Il faut que les enseignants dominent leur sujet, leur donner de la méthode, des outils. On doit maîtriser sa discipline et sa classe » précise Hélène Bernard. 1500 de ces futurs enseignants bénéficient de cette mise en place dans l’académie de Toulouse. Un enjeu de taille et un message à diffuser largement selon la rectrice, à une époque où le professorat a du mal à faire recette chez les étudiants. Et Hélène Bernard d’insister sur « le manque de professeurs » et notamment en mathématiques, anglais et lettres : « on a un problème de vivier. Il faut convaincre les jeunes de choisir l’enseignement et ces disciplines. »

Quant à l’augmentation du nombre de postes d’enseignants -500 sur l’ensemble de l’académie pour cette rentrée- Claude Alliot salue un « gros effort » mais reste là aussi circonspect : « Les 102 postes supplémentaires dans le premier degré, ont été avalés par cette hausse démographique (de +5000 élèves, ndlr). A tel point qu’on constate une légère dégradation des conditions d’encadrement. » Le syndicaliste pointe également du doigt « de gros couacs sur les affectations dans le premier degré» : « Il y a eu une impréparation très dommageable pour les collègues. » En 2012, le budget de l’académie de Toulouse était de 2.4 milliards d’euros.

 

 

 

 

 

Rentrée à la Région

Un « surcoût » au lycée Françoise de Tournefeuille

De son côté, la Région annonce elle aussi des opérations « significatives ». Ce jeudi doit avoir lieu la pose de la première pierre de l’extension du lycée Françoise à Tournefeuille, pour un coût de 8.45 millions d’euros selon nos confrères de la Dépêche du Midi. Sujet qui fait bondir le groupe d’opposition Osons Midi-Pyrénées, par la voix de Marie-Pierre Chaumette : « Surprenant, cinq ans à peine après sa reconstruction », s’insurge la conseillère régionale, membre de la commission Education et Jeunesse. D’autant qu’un « surcoût » de 1.7 millions d’euros a été décidé en mai dernier pour « la fermeture de l’allée centrale qui conduit aux salles de classe pour cause de vent, de pluie et de gel» de ce même établissement de l’agglomération toulousaine. « La Région n’arrête pas de s’enorgueillir des sommes allouées à l’éducation mais l’imprévision et les surcoûts plombent la construction de nos lycées sur le dos du contribuable ! Oui, la Région, c’est-à-dire le contribuable, paie pour les erreurs du maître d’ouvrage, la Cogemip, un satellite de la Région présidé par une élue du Conseil Régional, et des maîtres d’œuvres qui ont remporté les marchés ! Après Galliéni, évalué à 40 millions d’euros mais qui finalement en a coûté 90 et Françoise, espérons que la mauvaise série ne continuera pas avec le futur lycée de Villefranche-Lauragais » s’insurge Marie-Pierre Chaumette.

Pibrac, 2017/2018

Autre projet, la construction d’un nouveau lycée à Pibrac à horizon 2017/2018 pour désengorger Colomiers et Blagnac. « Il y a des terrains libres. C’est le site privilégié » assure Martin Malvy, le président de la Région. Une décision dont se réjouit la conseillère régionale UMP Marie Déqué (groupe Républicains et Territoires) qui revendique la paternité de « la proposition qu’elle a faite en décembre 2012 lors de l’assemblée plénière» : « il convient maintenant de réfléchir à la faisabilité de la construction d’un établissement dans le périmètre Cazères/Rieumes/Carbonne. » ajoute-t-elle. Selon la Région, 52% de son budget, soit 452 millions d’euros pour 2013 sont dédiés à l’éducation. Montant que là aussi, le groupe Osons Midi-Pyrénées conteste, faisant la démonstration que « la Région consacre au mieux 310 millions d’euros à l’éducation. »

Claire Manaud



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