Rentrée mais pas reprise

Cette rentrée 2008 n’est pas une rentrée comme les autres. En effet nombre de Français ont laissé pour un temps de côté leurs soucis, leurs inquiétudes face à la crise actuelle. Pendant les vacances ce n’était pas la joie totale, mais on a pu constater que beaucoup de monde était encore sur les plages jusqu’au dernier moment, comme si rentrer était un drame, et comme si retarder cette rentrée c’était retarder la reprise de la réalité.
Les politiques ont d’ailleurs fait de même, après un été de guerres, de jeux olympiques, de petites phrases et de grosses bourdes (en particulier dans la communication du quai d’Orsay face aux Russes) nous avons vu un PS en semi vacances à la Rochelle, devant un parterre de militants bien désorientés. Les ego s’émancipaient et chacun de son côté prêchait l’unité «mais pour les autres». F. Hollande avait bien du mal à partir mais en même temps, était bien content de laisser le bateau aux autres. Ce n’est pas en se rasant qu’il pense à 2012 mais en mettant des chocolats venant de lui être offerts, au congélateur «jusqu’en 2012» disait-il ! Cette université du PS a donné le ton de la médiocrité du discours politique de l’été. Pas une idée nouvelle, rien que de petites querelles individuelles. Les médias ont tous relevé que ce parti moribond n’avait plus d’idées.
Les prétendants à la succession de Hollande, mais aussi tous prétendants à l’élection suprême se sont amusés au jeu des phrases “off” reprises par les autres avec beaucoup de malice. Un spectacle déplorable de ce que peut être le pire en politique.

 

Calife à la place du calife

L’UMP ira lui aussi aux bains de mer, à Royan la semaine prochaine. Peut-être aurons-nous aussi un combat des chefs, tant Patrick Devedjian est critiqué, mais en douceur et en coulisses. Ce combat n’aura pas trop d’incidence car la famille est soudée autour de son chef, le président de la république. Il n’est plus le président de l’UMP mais la division des sous chefs lui laisse la place libre pour diriger en réalité. La préoccupation sera certainement beaucoup plus les élections à venir et les places à se distribuer plutôt que de s’occuper de la réalité des problèmes français : le pouvoir d’achat, la récession qui gronde, le chômage qui repart etc. Comme au PS on pourrait croire que ces problèmes-là ne sont pas les problèmes des partis, leur seule préoccupation étant d’être calife à la place du calife.
Dans ce domaine, les partis moins importants comme le Parti Communiste qui a fait son université dans les Landes à Vieux Boucau (pas dans une cabine téléphonique mais presque) ont été beaucoup plus studieux. Comme les Verts, ils ont planché sur les véritables problèmes mais quand même, on a constaté que chez les petits comme chez les grands, il était plus facile de deviser et de proposer sur des sujets comme l’environnement, que sur la réalité des problèmes économiques. Tout se passe comme si personne n’avait de solution à proposer. D’ailleurs personne n’en a.

 


Patate chaude

La situation française actuelle est une espèce de patate chaude que tout le monde se passe sans jamais vouloir la prendre en mains, et pendant ce temps-là les Français attendent. Il est probable qu’ils n’attendront pas très longtemps avant que quelque chose ne bouge. Les mensonges permanents ne suffisent plus à calmer le jeu. Prenons par exemple le prix de l’essence à la pompe. Le baril de pétrole à 110 dollars lundi est revenu à son prix du début de l’année 2008. Mais en revanche le prix à la pompe est toujours aussi élevé que lorsqu’il était à 140 dollars. A qui fera-t-on croire cette arnaque d’état sur les prix ? Je crois véritablement que plus personne ne marche et la crédibilité de nos dirigeants, tous confondus est en cause.
Pendant le même temps l’Etat nous impose une nouvelle taxe sur le capital pour payer le RSA, et Christine Lagarde contre l’avis de son premier ministre promet un allégement de l’ISF et l’indexation de cette nouvelle taxe dans le bouclier fiscal. Se moquer du monde à ses limites et là je crois qu’elles sont atteintes. Indexer la nouvelle taxe dans le bouclier fiscal consiste à faire payer la taxe de 1,1 % sur le capital pour les petits épargnants et protéger les très riches qui de toute façon seront au dessus de ce bouclier qui est de 50 % des revenus.

Machine à grève

Puis il y a ceux qui ne font plus parler d’eux en politique et qui s‘arrangent malgré tout, pour retrouver les médias. Le champion dans cet ordre d’idée c’est François Bayrou. Il a été jusqu’à affirmer sur une antenne de radio que Martine Aubry avait voté pour lui lors des présidentielles. Elle a tout de suite démenti, ce qui prouve que sur les deux, il y a un menteur, ce qui prouve aussi que tous les moyens sont bons, même les plus bas pour faire parler de soi quand on a rien à dire.
Enfin, en ce qui concerne la rentrée scolaire, bien que les mesures de réformes soient en place, les enseignants font comme si ces réformes n’existaient pas. Ils sont tous mobilisés, non pas pour faire progresser les élèves mais pour mettre en place des revendications qui aboutiraient à supprimer les réformes. Comme d’habitude j’ai envie de dire, l’énergie est beaucoup plus dépensée en refus qu’en construction. Surtout que là, la rentrée était pour eux le 1er septembre alors qu’ils étaient pour beaucoup la veille à la Rochelle. Une reprise si brutale après plus de deux mois de vacances est effectivement difficile à vivre. Pendant que les enfants fourbissent leurs outils de travail, leurs cahiers, leurs crayons, et qu’ils stressent de cette rentrée, les professeurs fourbissent la machine à grève.
Comme vous le voyez, la rentrée est bien là mais pas la reprise, on a beau nous affirmer que tout va bien, la méthode Coué ne marche pas. Alors travaillez plus pour essayer de ne pas gagner moins et gardez le moral, les vacances c’est dans un an.

Patrick Crasnier
www.jazzpote.net


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