Rencontres Inter-religieuses ; Raconte-moi ton “Paradis”…

Dimanche 25 septembre dans le cadre de la charte “Montauban Espérance” ratifiée par toutes les communautés religieuses de la ville, une nouvelle rencontre a été organisée Place Nationale, sous un soleil radieux et en présence d’une assistance importante et concernée par un sujet que certains diront des plus sensibles. Le thème était “Raconte-moi ton paradis”.

 
Une rencontre interconfessionnelle qui voyait toutes les communautés  représentées avec l’Imam, Monsieur Bennacer pour la communauté musulmane, le Rabbin Monsieur Elkaïss pour la communauté juive, le Père Poirier, curé de la cathédrale de Montauban, le pasteur des églises réformées de France Magalie Schwarz, le pasteur Rajirason pour les évangélistes, et Monsieur Coppens pour l’Armée du Salut.
Présidée par Brigitte Barèges, député-maire de la ville de Montauban, la rencontre interreligions a permis à plus de 400 personnes d’assister aux différents prêches des chefs religieux de chaque communauté, chacun expliquant avec ses mots ce que représentait pour sa communauté “le paradis”.
La première allocution fut bien sûr celle de Brigitte Barèges qui a rappelé brièvement que cette rencontre interreligieuse avait été inau- gurée à Montauban et ce, depuis 2006 ; chaque commu- nauté ayant participé à cette première rencontre pour lire des prières. Elle a rappelé ensuite que la charte “Montauban Espérance” avait été si- gnée en octobre 2007 par toutes les communautés religieuses de la ville. Cette charte s’appuie en particulier sur le fait que la ville de Montauban, fondée en 1144 et aujourd’hui deuxième ville de la région Midi-Pyrénées, constitue de par son histoire, sa culture et son économie, un territoire empreint d’identité religieuse et de cosmopolitisme réitéré. Depuis cette charte, les rencontres inter-religions se sont succédées tous les ans à Montauban ; ainsi, Brigitte Barèges rappelait que «le respect des identités et la meilleure compréhension des autres permettaient de mieux vivre ensemble et de créer de nouveaux liens sociaux». Son intervention se termina par une affirmation : «Nous ne sommes plus en 1562, date de la première guerre de religion à Montauban mais en 2011. Chacun, avec sa croyance doit poser un regard bienveillant sur l’autre. Cette rencontre est un lieu d’échanges, de rencontres et de respect. C’est pourquoi la ville soutient cette manifestation uni-que en France».

Le paradis est en nous …
C’est là où est Dieu !

Après l’introduction de Brigitte Barèges, chaque représentant des religions représentées a évoqué son paradis, faisant référence à sa propre démarche et bien entendu à l’Ancien Testament qui est le dénominateur commun de toutes les religions monothéistes.
C’est en fait le pasteur malgache Rajivason qui rappellera que «le paradis, chacun le portait en lui, que c’est une notion intérieure et que dans tous les cas, c’est là où est Dieu».
Le reste des allocutions a porté sur l’Amour du prochain, sur le respect de chacun et sur la charité que l’on doit à l’Autre. Le public très attentif a pu entendre que «même pauvre, on pouvait aider un plus pauvre que soi ; que dans le paradis, il n’y avait ni pauvres, ni riches, ni jeunes, ni vieux…
Tous étaient égaux…».
On peut en déduire que dans le paradis de chacun l’Egalité et l’Amour sont des références communes incontestables.
Lors de son allocution, le Rabbin Elkaïss rappelait à tous que le Nouvel An Juif débutait ce jeudi 29 septembre et que pour les croyants de cette religion nous serons en 5772. Evoquant du même coup le symbole majeur du “Nouvel an Juif” : Le Pardon. Le renouveau intérieur qui est promis à Tous. L’allocution du Rabbin Elkaïss se terminait par une prière  pour la France chargée de beaucoup d’émotion. Loin d’être ennuyeux, tous ces prêches sont tous très riches d’enseignement.
Quand on voit l’Imam et le rabbin parler d’une seule voix de pardon, d’égalité, de respect de l’Autre, on comprend que si les guerres appelées “de religion”, n’étaient pas dirigées par la politique, elles auraient tôt fait de cesser. Devant ce parterre de chefs religieux locaux, on ne peut pas s’empêcher de penser aux guerres qui ont lieu aujourd’hui un peu partout dans le monde.

Des artistes de chaque communauté

Chaque allocution religieuse était suivie par la présence d’artistes représentatifs de chaque religion, apportant une note de chant ou de dan-se au public présent. Une sorte de ponctuation artistique aux différents prêches. Ainsi, nous avons pu voir et entendre Mickael Benichou, la chorale Crescendo, Kumbaya,  Méli-mélo, le Bel Ajir ainsi que les danseurs du cabaret Kalinka. Cette manifestation très agréable, dispensait des valeurs que tous devraient avoir à cœur de perpétuer. Un seul regret : celui de voir qu’un événement chargé de tant de valeurs humanistes comme de responsabilité et de devoir envers l’autre n’ait pas suscité plus d’intérêt auprès d’une population montalbanaise probablement plus concernée par un quotidien ô combien difficile sur le plan économique. Probablement aussi qu’aujourd’hui le spirituel intéresse moins qu’hier et on ne peut que le regretter.



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