Rencontre avec Jean-Pierre Adani

Consultant depuis 1994, responsable et créateur de plusieurs sociétés en France et à l’étranger, P.D.G de la Financière ECO STAFF (spécialisée dans les solutions dactylographiques, dont une filiale est installée en Tunisie), de plus en plus écrivain – il publie son 3ème roman *- Jean-Pierre Adani qui occupe désormais une grande place dans le paysage culturel de la région Midi-Pyrénées  est ce personnage multiple qu’il eût été regrettable de ne pas rencontrer…

 

Je crée, donc je suis… C’est que l’on peut dire de vous, Jean Pierre Adani ?
Oui ! J’existe à travers la création, c’est vital pour moi…

Secret et à la fois homme public, vous aimez beaucoup parler, mais vous appréciez le silence, vous êtes hyper actif, et en même temps le farniente occupe une place importante dans votre vie ! Vous êtes, selon vos proches «un homme aux nombreuses facettes, à l’activité débordante, dont toutes les créations ont un seul but, un seul combat : l’être humain»…
C’est vrai ! C’est le but principal de ma vie… J’existe à travers l’Autre, pour l’Autre…

Quand trouvez-vous le temps d’écrire, au milieu de toutes ces responsabilités qui occupent votre temps, et pourquoi écrire ? Cette vocation d’écrivain, de romancier ?
Elle s’est concrétisée depuis 2003… J’ai toujours eu le désir d’écrire ! L’histoire de ma famille par exemple, des immigrés italiens… Ma profession et mes diverses responsabilités dans les domaines économique, commercial, surtout le textile, le domaine de la finance, n’ont jamais freiné cette idée forte d’écrire, ce désir impérieux de m’exprimer par l’écriture ! Au contraire, elles l’ont renforcé car j’ai, dans mes 3 romans, qui sont des fictions réalités, abordé tous les problèmes contemporains : Société, finance, environnement, les guerres, les ressources naturelles, la récession, le réchauffement climatique…

Une vision romancée ?
A peine… Un peu “poil à gratter”… Et souvent dérangeante… Ma vérité à moi…

L’écriture ? Un prolongement ?
Oui ! Et aussi un exutoire ! Un rendez-vous avec moi même, la maîtrise de la langue, c’est passionnant, le regard de l’écrivain posé sur les choses, les personnes, les situations ! Du bonheur, du plaisir !

On pose ses propres limites ?
Oui ! Ses contours aussi, on se positionne, on vit, on analyse, on existe… Quand j’écris, je crée… je crée un nouveau travail, cela répond à ma soif et à mon besoin d’activités…

Ce déclic en 2003 ?                                                                                                                                   La maladie que j’ai développée… Sournoise, forte, elle m’avait presque vaincu… Elle m’avait envahi, et avec elle les idées noires, très noires… J’étais tellement amoindri que je ne pouvais plus rien faire ! Mon corps s’était mis en grève. Quand la maladie vous frappe, tout semble s’arrêter ! Alors l’écriture, qui attendait, est venue à mon secours, elle m’a aidé à surmonter, à survivre ! J’ai alors comblé mon désir de toujours, enfoui au fond de moi ! En écrivant, on pense moins à la maladie…

 

Cette maladie ? Elle vous a surpris, vous avez appris à la connaître, vous l’avez combattue, apprivoisée, l’avez-vous vaincue ?
J’ai eu un immense soutien de tout mon entourage. Mes proches étaient là, ils m’ont soutenu ! L’ai-je vaincue ? Oui, je le pense ! Mais je la surveille toujours, avec l’aide de l’écriture…

Et de votre énergie créatrice… Vous vous êtes servi d’elle pour positiver votre vie ! Pas de victimisation, mais une construction de vous même ?
Exactement ! L’écriture a été, et reste pour moi le remède imparable… Désormais je me sens libre ! Je peux écrire en pantoufles, en robe de chambre… C’est mon luxe ! J’écrirai encore et encore… Pour remercier l’écriture de m’avoir aidé à dépasser mes problèmes et à sortir du tunnel… Je lui dois bien cela !

On vous classe dans la catégorie “homme de terroir”…

Oui, et j’en suis fier… la bonne cuisine, la côte de bœuf, les pâtes à l’italienne, la culture régionale, l’art de vivre en général, l’histoire de notre belle région du Tarn, la ville de Lavaur où il fait bon vivre… Mais aussi le respect de la parole donnée – une parole vaut contrat – Je n’aime pas l’hypocrisie, je combats la lâcheté, j’apprécie le courage, la franchise, l’amitié, la fidélité en amitié, la France qui nous a accueillis, ma famille et moi, ses valeurs humanistes…

Votre œuvre délivre-t-elle un message ?

Sauvons l’humanité… On n’a pas le droit de dire à nos enfants que tout sera comme avant, mais on n’a pas le droit non plus de leur dire que tout est fichu… Enfin mon père délivrait toujours le même message : «… Sois toujours un homme droit ! Ne courbe jamais l’échine…»

Votre coup de gueule ?
On donne trop la parole aux voyous et dans tous les domaines… On magnifie trop les crapules qui fascinent… Et j’ai la crainte que toutes nos valeurs et tout notre patrimoine spirituel et humaniste ne se délitent…

L’homme peut-il sauver l’homme ?
Oui ! Il doit sauver l’homme par l’entraide et la solidarité.

Pourquoi une filiale de votre entreprise est-elle installée en Tunisie ?
Depuis 1970, j’ai été Directeur d’entreprises dans ce pays. J’y ai, au fil des jours, tissé un certain nombre de relations amicales et professionnelles. C’est un pays de 60 civilisations, ouvert et très tourné vers la France. Dans tous les pays, la signalisation se fait seulement dans la langue nationale. En Tunisie, elle se fait en 2 langues, dont le Français. J’apprécie le côté bon enfant de la Tunisie, un certain art de vivre. Ce pays n’est pas complètement  pollué par la société de consommation, malgré une évolution galopante…

Pourquoi ce titre de votre 3ème roman “Un jour le crabe apprendra à marcher droit” ?

C’est le contre-pied d’une citation d’Aristophane…

Propos recueillis
par Tony Cassarino

* “Un jour le crabe apprendra
à marcher droit” (Edition IN OCTAVO)


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