Régionales ; Martin Malvy veut une région forte

Fort d’un bilan que la droite n’a jamais vraiment contesté, le président sortant de la région, tête de liste aux régionales des 14 et 31 mars prochains, a dévoilé son projet pour Midi-Pyrénées : 45 nouvelles mesures pour faire face à «l’effacement de l’Etat».

 
800 millions d’euros d’aide à l’économie et à l’emploi, instauration du chéquier-lecture, de la bourse régionale de premier équipement, modernisation des lycées et CFA, Plans Rail et Agriculture durable, soutien au Cancéropôle, adoption du 1er Agenda 21 régional… Le président Malvy n’est pas peu fier de son bilan, comme il l’a déclaré lors de la présentation de son projet aux côtés du PRG et du MRC. La tête de liste aux régionales le considérant mê-me inattaquable «On ne remet pas en cause une politique qui a fait ses preuves et qui a largement été approuvée par nos concitoyens».
Peu de voix, il est vrai, se sont élevées à l’encontre de l’équipe en place depuis 1998. Ce qui la conforte dans ses prises de position et fait d’ailleurs dire à Martin Malvy que de toute manière, «les élus UMP conteste une fois tous les six ans». Alors…

Le billet TER à 1 euro

«Nos engagements de 2004 ont été tenus et nous les poursuivrons» a ensuite prédit le candidat. Parmi ces 208 engagements, 45 mesures nouvelles. Elles sont nombreuses en direction des jeunes : un ordinateur portable par lycéen (sous condition de ressources) à l’entrée en seconde ; la mise en place d’une bourse à l’internat et d’un chèque hébergement pour les apprentis, d’un pass contraception pour les établissements qui en feront la demande. Pour les étudiants, la création d’une maison de la santé, d’un pass mutuelle lorsqu’ils sont en difficulté, et «plus tard», le billet TER à 1 euro pour les trajets entre le domicile et le lieu d’enseignement. Un dispositif dont devra d’abord bénéficier apprentis et lycéens, ainsi que les salariés à hauteur, eux, de deux euros. Pour les demandeurs d’emploi, Martin Malvy promet la gratuité des formations professionnelles ; la création de 150 contrats d’appui et de développement pour l’emploi supplémentaires par an, sous condition de non délocalisation. Pour les patrons en départ à la retraite, l’aide à la reprise de 500 entreprises par an, en particulier dans le domaine de l’artisanat. Concernant la recherche, la majoration de 30 % de son budget d’ici 2014. Enfin, citons également l’attribution, là aussi sous condition de ressources, d’un éco-chéque plafonné à 500 euros pour les travaux d’isolation à la maison, l’achat d’un véhicule ou d’un vélo électrique.

 

Bouclier social et territorial

Une vraie hotte du Père Noël, penseront certains, qui devrait coûter entre 20 et 25 millions d’euros sur un budget régional de 1.2 milliard. Le prix à payer selon Martin Malvy, alors que le gouvernement brandit la réforme «aberrante… Une cabale lamentable» des collectivités territoriales : «A l’heure où l’Etat se désengage, nos concitoyens ont besoin de la région, d’une région forte. (…) Les élus territoriaux vont faire rigoler toute l’Europe. La démocratie sans élus ne fonctionne pas». Et d’enfoncer le clou : «Au bouclier fiscal de l’UMP, la région oppose un bouclier social et territorial».
Sauf que tout n’est pas rose dans cette politique. Martin Malvy le reconnaît d’ailleurs volontiers : quid du TGV, du raccordement 2×2 voies d’Auch et Rodez à Toulouse, et de la généralisation du très haut débit ? «Ce sont des problèmes qu’il nous faut résoudre» ajoute le candidat qui précise qu’une vingtaine de mesures seront chaque année soumises à évaluation. Avec à la clé, la remise d’un rapport public.

Claire Manaud


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