Région ; Le cap est maintenu

Les grandes orientations budgétaires pour l’année 2011 ont été annoncées il y a quelques jours en assemblée plénière. Pour la gauche, il s’agit de «maintenir le cap» ainsi qu’une «stratégie financière responsable». L’opposition, elle, dénonce un manque «d’optimisme et d’innovation».

 
«Restrictions», «recentralisation», «retour en arrière», «offensives», «attaques»… C’est encore et toujours le «désengagement de l’Etat» qui a servi de plat de résistance à la majorité régionale pour justifier sa politique à venir en termes d’orientations budgétaires. «A travers la réforme des collectivités et celle des finances locales, l’Etat tourne le dos à la décentralisation.» a ainsi déclaré Martin Malvy en ouverture de séance, avant d’annoncer la couleur : «Ces attaques font que les Régions n’auront plus de fiscalité directe ni les ressources nécessaires provenant de dotations de l’Etat.» La réponse de l’opposition ne s’est alors pas faite attendre : «C’est un réquisitoire à charge contre l’Etat ! Un pamphlet anti-gouvernemental !» a dénoncé Brigitte Barèges, essuyant au passage quelques sifflets. Et la présidente du groupe Osons Midi-Pyrénées de réclamer «un peu d’optimisme» à Thierry Suaud, Président du groupe Socialiste et Républicain, qui lui évoquait la «politique de pressurisation de la droite».

Le couac des Verts sur le dossier LGV

Face à ces «difficultés», le président de région a ensuite proposé pour le mandat en cours une «stratégie financière» : «Nous devons poursuivre la maîtrise des dépenses dites d’administration générale. Nous allons aussi procéder à une réduction de 20 à 25 % des dépenses d’investissement sans remise en cause des priorités régionales, mais par étalement dans le temps. Autre réduction nécessaire, mais toujours hors de nos priorités : celle des dépenses d’intervention auprès de certaines structures, après analyse des audits en cours et des conséquences de ces réductions. Nous devons également renforcer notre autofinancement, par l’intermédiaire de la “TIPP Grenelle”. Celle-ci aura une influence très faible sur les consommateurs : le prix moyen du litre de super à 1,41 € passera à 1,4187 €. Ce produit nous permettra le remboursement de 300 millions d’euros d’emprunts, sur 20 ans, consacrés aux transports collectifs.» Précisément sur le dossier de la LGV également à l’ordre du jour, le couac est venu des Verts d’Europe Ecologie et plus précisément de François Simon pour qui «la donne a changé» : «Nous demandons que la région s’engage à suspendre tout engagement financier sur le projet actuel LGV, qu’elle demande la reprise d’études sérieuses sur l’amélioration et l’utilisation des lignes existantes. Nous demandons enfin que la région, en lien avec les autres collectivités engage une négociation sur un principe de réciprocité, que toute participation des collectivités à la construction d’un équipement structurant de la responsabilité de l’Etat soit compensée par son engagement financier sur les transports collectifs de l’ensemble des collectivités impliquées d’ici 2020. En l’absence d’engagement clair de l’Etat sur ces points, il est dangereux d’entamer un voyage sans retour.»
Brigitte Barèges a en revanche, assuré Martin Malvy du vote de son groupe : «La LGV est synonyme d’emploi et de développement pour les territoires qu’elle dessert. C’est une nécessité», mais s’adressant au Président de la région Midi-Pyrénées, «nous avons de sérieux doutes quant à votre volonté d’avancer sur ce dossier», nuancera à son tour Vincent Terrail-Novès, membre à la commission Transports et infrastructures.
Dans les autres domaines, que sont l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche et la formation ou encore l’aménagement durable du territoire, le cap sera maintenu et les priorités poursuivies, a assuré en substance Martin Malvy. Une liste de satisfecit pour l’opposition qui ne voit pas là de «grandes innovations» : «Mais monsieur le Président (Malvy, ndlr), où sont passés vos engagements de campagne ?» lancera Brigitte Barèges.
Prochain grand rendez-vous au conseil régional : l’examen du budget, le 20 décembre prochain.

Claire Manaud


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