Réforme des Institutions; Le PS très prudent

Les représentants du Parti Socialiste local ont reçu André Vallini, député de l’Isère et secrétaire national à la justice et aux institutions, pour dénoncer le projet de réforme des institutions tel que le propose le gouvernement.
 

Avec le flot de réformes entamé par le gouvernement et les problèmes quotidiens de pouvoir d’achat, peu de Français s’intéressent réellement à une possible refonte des institutions du pays. Et pourtant, nombre de points abordés dans le projet de loi peuvent concerner à court et long termes le citoyen. C’est ce qu’ont voulu rappeler le patron du Parti Socialiste 31 Kader Arif et les parlementaires locaux en invitant la semaine dernière à Toulouse le député de l’Isère André Vallini, spécialiste de la question : «La réforme des institutions semble éloignée du grand public alors qu’elle est très importante. Elle peut avoir des incidences majeures sur l’idée même de démocratie, la place des parlementaires et sur la présidentialisation effrénée», rappelle Kader Arif. Dans le collimateur des socialistes, la proposition concernant la prise de parole du chef de l’Etat devant le Parlement, interdite depuis la IIIème République : «Si le Président pouvait s’exprimer devant les parlementaires, nous serions le seul pays démocratique au monde à le tolérer. Cette pratique serait l’achèvement de la fonction de Premier Ministre et la domestication des parlementaires. Cette volonté de Nicolas Sarkozy est un caprice. Il ne faut pas réformer les fonctions selon les hommes mais pour l’intérêt des Français», explique André Vallini.

Aller plus loin

Pour le Parti Socialiste, «le projet de loi constitutionnelle ne va pas assez loin et ne traite pas l’essentiel de la modernisation attendue de la démocratie». C’est pourquoi la force d’opposition compte faire entendre sa voix en énonçant 5 propositions d’amendements. Les socialistes réclament le droit de vote des étrangers aux élections locales, la réforme du mode de scrutin des sénatoriales, un nouveau découpage des circonscriptions, l’élection de 10 % des députés à la proportionnelle et une nouvelle égalité dans le temps de parole audio-visuel : «L’Assemblée Nationale n’est pas assez représentative de la population. Avec un système de proportionnelle, les Verts, l’extrême-gauche et l’extrême-droite auraient droit à la parole, ce qui éviterait des frustrations. Concernant le Sénat, il existe une anomalie : 60 % des Français vivent dans une commune de gauche et, pourtant, le Sénat restera toujours de droite car le mode de scrutin est vicié. Enfin, nous voulons que le temps de parole télévisé du Président de la République soit comptabilisé dans celui de la majorité», énonce André Vallini. Pour que le texte de réforme des institutions soit adopté, il faudra obtenir les 3/5èmes des suffrages exprimés des parlementaires réunis en Congrès, en principe le 7 juillet prochain. Autant dire que la tâche s’annonce ardue car le projet de loi ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité et la gauche ne le votera que si ses amendements sont acceptés. La VIème République n’est peut-être pas pour tout de suite.

Sophie Orus


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