Recherche et enseignement supérieur; « Avancer tous ensemble pour faire gagner Toulouse »

Marie-France Barthet est la nouvelle directrice exécutive du PRES de Toulouse (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur). Elle revient pour nous sur les missions de cette structure, les priorités pour la Ville rose et le projet Toulouse Campus.
Marie-France Barthet, vous êtes une pure Toulousaine. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
Je suis née à Toulouse et j’ai fait mes études à Saint-Sernin puis à l’Université Paul Sabatier en mathématiques et informatique. Après un premier poste à Lille, je suis revenue dans la Ville rose pour enseigner à Toulouse 1 (Université des Sciences Sociales, ndlr). En 1998, j’ai été nommée Déléguée Régionale à la Recherche et à la Technologie. Après mon mandat, je suis devenue conseillère du recteur et chargée de mission pour le préfet de région. Au bout de deux ans, Paris m’a demandé de prendre la responsabilité de conseillère à l’innovation et la compétitivité au sein de la DIACT (Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires). C’était pour moi l’opportunité de m’occuper des pôles de compétitivité au niveau national. Et, enfin, Toulouse m’a contactée pour prendre la direction du PRES et me voilà de retour ! La boucle est bouclée !

Pouvez-vous nous présenter le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de Toulouse ?
Il s’agit d’un établissement public créé en 2006. L’objectif du PRES est de regrouper tous les établissements d’enseignement et de recherche de la région. Il a valeur de fédération. L’idée est de réaliser des projets qu’il est plus facile de défendre à plusieurs. On peut comparer le fonctionnement du PRES à celui de la Communauté d’Agglomération. A Toulouse, on compte six membres fondateurs habilités à délivrer le doctorat, et tous ceux qui appartiennent à une école doctorale, soit une vingtaine d’établissements en tout. Parmi les dossiers du PRES, on peut citer la volonté des six membres fondateurs de mettre en commun les bourses et les budgets alloués à chaque établissement afin de monter un appel à projet global. A Toulouse, on compte environ 10 000 personnels de recherche publics et 24 000 privés.

 

Autonomie et coopération

Que pensez-vous du financement de la recherche en France ? Le regroupement des établissements est-il aujourd’hui un passage obligé ?
La recherche est bien financée en France mais de façon complexe. Les laboratoires doivent piocher dans plusieurs caisses donc le processus est difficile. De plus, ils cumulent plusieurs tutelles. En se mettant ensemble, l’objectif est aussi d’alléger les charges administratives et de recherche d’argent des laboratoires. D’autre part, cette fédération des établissements permet de mieux communiquer sur le panel des disciplines et ainsi d’aiguiller l’étudiant ou le chercheur.

La loi d’autonomie des universités n’est-elle pas contradictoire avec le fonctionnement du PRES ?
Beaucoup ont pensé que le PRES ne serait pas compatible avec l’autonomie des universités. Mais, étonnamment, cela fonctionne car ce sont les établissements eux-mêmes qui décident de se mettre ensemble. On assiste à la fois à un renforcement de l’autonomie et de la coopération.

Pouvez-vous nous parler du Projet Campus, Toulouse faisant partie des villes sélectionnées par le ministère ?
C’est un projet extraordinaire pour Toulouse ! Pour la première fois, l’ensemble des établissements de la région s’est mis autour de la table pour réfléchir à des solutions qui rendraient le site plus visible et attrayant. Ce projet doit se faire avec les acteurs scientifiques et les collectivités locales car il implique des réalisations sur le plan de l’urbanisme, des transports ou du logement. Avancer tous ensemble pour faire gagner Toulouse est le mot d’ordre.

 

Priorité aux transports

Concrètement, quelles réalisations sont-elles prévues ?
Pour nous, la question des transports est cruciale car il faut relier tous les établissements entre eux. En même temps, il faut construire des structures communes comme une Cité des chercheurs, un accueil des étudiants, un lieu pour la culture scientifique et technique… Les étudiants logeant majoritairement en centre-ville, une partie de ces équipements va se situer entre les allées Jules Guesde et la rue des 36 Ponts. D’autre part, nous avons beaucoup de projets sur le sud-est avec Aerospace Campus. L’UPS va être restructurée en rapprochant les laboratoires des mathématiques, de l’informatique et de la biologie. Des rénovations de locaux sont aussi prévues. Certaines parties du Projet Campus sont déjà actées comme le Cancéropôle ou la reconstruction de l’Université du Mirail. Cette dernière va bénéficier de budgets supplémentaires pour poursuivre son projet. L’opération campus de Toulouse se chiffre à environ 300 millions d’euros, qui se rajoutent aux 300 millions du contrat Etat/Région.

Quand le projet Toulouse Campus démarrera-t-il ?
Nous préparons un dossier détaillé, opération par opération, que nous déposerons le 3 novembre à Paris. Le ministère nous dira précisément le 17 novembre ce qu’il choisira de financer. Dans le même temps, il faut que les collectivités territoriales se prononcent sur le projet. A partir de la fin novembre, on se mettra en route rapidement sur plusieurs opérations. D’ici 5 ans, nous aurons modifié profondément le paysage.

Quelles sont les priorités pour Toulouse ?
Toulouse a des points forts très visibles au niveau international. Mais son point faible est d’être présente dans toutes les disciplines. Nous sommes bons partout sans être les premiers. C’est à la fois un atout et un obstacle. Mais nous tenons à ce côté pluridisciplinaire car c’est une force. Du côté de la vie étudiante, les transports sont prioritaires. La ligne B a été très bénéfique mais il faudrait la prolonger jusqu’à Labège. On pense aussi utiliser le Canal du Midi pour relier les étudiants au centre-ville avant de connecter les universités entre elles, par le biais pourquoi pas d’un téléphérique. Il faut renforcer les connexions pour construire un vrai campus.

Propos recueillis
par Sophie Orus


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