Rebondissements suite à la démission d’un adjoint: Scandale politico-financier à Colomiers

Le scandale d’une sordide affaire financière est sur le point d’éclater à Colomiers. Celle-ci est sous-jacente depuis la démission suspecte de l’adjoint au maire Christophe Bégué, en 2011. Des rumeurs courraient déjà dans la ville sur ses problèmes d’argent liés à son addiction au jeu. Aujourd’hui, les rumeurs se confirment. Guy Carbini, employé municipal à Colomiers a intenté une action judiciaire contre l’ex-adjoint au maire. Les accusations sont graves : « escroquerie, trafic d’influence et organisation d’insolvabilité ». Par Coralie Bombail et Thomas Simonian.

 

Présentation des protagonistes

Christophe Bégué était le 3e adjoint au maire de Bernard Sicard en charge des Affaires générales et des Ressources humaines. Pendant 16 ans, il a été élu à ses côtés. Mais en septembre 2011, il démissionne de ses fonctions, suite à sa défaite aux dernières élections cantonales, face au vert Patrick Jimena. Il a également été secrétaire de la fédération du PS Colomiers, mais n’a pas renouvelé sa candidature à ce poste lors du dernier Congrès du Parti Socialiste. Aujourd’hui il est boucher-charcutier ambulant.

Guy Carbini est un employé municipal (agent de maîtrise depuis peu) de la mairie de Colomiers. Columérin depuis des générations, sa famille jouit d’une certaine réputation dans la ville. C’est également un ami de longue date de la famille Bégué. A un an de la retraite, Guy Carbini lance une action judiciaire contre son ex-ami Christophe Bégué.

 

Guy Carbini se livre

« Tout a commencé en 2010. Un matin, il est arrivé chez moi et m’a demandé de lui prêter 10 000 euros », raconte Guy Carbini. Une habitude que Christophe Bégué commençait à prendre, « il est venu me voir plusieurs fois… il savait que j’avais de quoi», confie l’employé municipal, sans rentrer dans les détails. Au total, ce dernier débourse près de 35 000 euros pour dépanner « son ami », l’adjoint au maire. Il faut dire que les deux hommes se connaissent depuis longtemps : « Au moins quarante ans ! Pour moi c’était un gamin. C’est pour ça que je lui ai prêté cet argent. » A cela, il faut préciser que Christophe Bégué « m’avait promis une promotion ». Un avancement qui a été accordé depuis : « Je suis resté en bas toute ma vie, et dès que j’ai prêté l’argent, je suis monté » affirme l’employé municipal. Une accusation qui pourrait avoir toute son importance devant un tribunal. A chaque prêt d’argent (20 000€, 4600€, 10 000€ et 1000€) Guy Carbini a eu la prudence d’établir une reconnaissance de dettes. Même si aucune n’a été remboursée. Mais pourquoi Bégué avait-il besoin de cet argent ? La question taraude, et Guy Carbini la pose à l’homme politique : « Il m’a répondu « ça te regarde pas ». Alors j’ai appelé ses parents, qui m’ont dit de « m’occuper de mes affaires » ». Malgré cela, il a une petite idée sur la question « car j’ai remarqué qu’il avait un problème avec le jeu » révèle-t-il. Une source policière nous a confirmé son interdiction de casino il y a quelques années déjà.

Depuis le début de la procédure judiciaire, Guy Carbini n’a plus aucun lien avec l’ancien adjoint au maire. Même le 24 novembre 2011, jour où le Tribunal de Grande Instance de Toulouse a jugé l’affaire, en référé, Christophe Bégué ne s’est pas rendu à l’audience. Ce qui n’a pas empêché sa condamnation à rembourser les sommes dues.

Extrait de l’ordonnance en référé :

« M. BEGUE régulièrement assigné par dépôt de l’acte à l’étude ne s’est toutefois pas présenté ni fait représenter bien qu’il ait disposé d’un délai suffisant. (…)

La créance invoquée étant certaine, liquide, et exigible, elle n’apparaît donc pas sérieusement contestable et il y a donc lieu de faire droit à la demande de provision à hauteur de 35 600 € avec intérêts au taux légal à compter du 5 mai 2011, date d’accusé de réception de la mise en  demeure »

En outre le TGI accorde également 3000 euros dommages et intérêts à Guy Carbini –« fait rare en référé », selon son avocat Laurent Fabiani- au regard des « liens d’amitié depuis l’enfance entre les deux parties ». Si on ajoute à cela, la participation aux frais de procédure, (2000 euros), Christophe Bégué doit au total la somme de 40 600 euros. Malgré cette ordonnance, et la venue d’huissiers de justice au domicile des parents de Christophe Bégué (celui-ci vit chez eux, ndlr), Guy Carbini n’a toujours pas eu de signes de vie de son débiteur.

La dernière fois, que les deux hommes se sont croisés, c’était il y a un mois, sur le marché de Colomiers. « Tu penses à me rembourser ?lui ai-je dit, et il m’a répondu : « Toi je ne te connais plus » », nous relate l’employé municipal. Face à cette absence de réaction, il décide de passer à la vitesse supérieure. Le 8 avril dernier, il porte plainte auprès du Procureur de la République.

 

Les chefs d’accusation

La plainte concerne trois accusations distinctes : escroquerie, trafic d’influence et organisation d’insolvabilité.

Escroquerie. « Christophe Bégué a trompé sciemment Guy Carbini en lui demandant de l’argent tout en sachant très bien qu’il ne le rembourserait jamais » estime Maître Fabiani. L’escroquerie est punie de 5 ans de prison et de 375 000 d’amende. Peine qui peut être portée à 7 ans si elle est réalisée « par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission » (art. 313.2 al du code pénal).

Trafic d’influence. « Monsieur Bégué était en quelque sorte le supérieur hiérarchique de Guy Carbini. En lui promettant une promotion, en échange des prêts, il a abusé de sa fonction » explique l’avocat. Le trafic d’influence est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Organisation d’insolvabilité. « Cela signifie s’organiser pour ne plus rien avoir à son nom, de la sorte à ce qu’on ne puisse rien saisir. Christophe Bégué n’a plus de maison, il vit chez ses parents, il n’a plus de voiture et le seul meuble qu’on a retrouvé à lui n’a aucune valeur ». Il est également, selon une autre source proche du dossier, interdit bancaire. L’organisation d’insolvabilité est punie de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

 

Un comportement incohérent ?

« Christophe Bégué pratique ce qu’on appelle la politique de l’autruche » selon Me Fabiani, « comme si en ne répondant pas aux mises en demeure et en ignorant la condamnation, il allait tout effacer ». Pourtant cette attitude de déni n’est pas forcément à son avantage : « Il a tout de même une activité. S’il avait mis de côté un peu tous les mois pour rembourser petit à petit, ça suffisait à calmer l’affaire. D’ailleurs il n’y aurait pas eu d’affaire » remarque-t-il. Un manque de bonne volonté évident selon l’avocat et Guy Carbini, doublé d’une absence d’explication totale. Du coup, l’affaire traîne… et les rumeurs se répandent peu à peu dans la ville. « Même quand je vais chercher mon pain, la boulangère me demande si Bégué m’a remboursé » témoigne Guy Carbini. Un comportement d’autant plus incohérent que « Christophe Bégué a lui-même défini l’échéancier des remboursements sur les reconnaissances de dettes signées de sa main » révèle l’avocat. « Il s’est bien fichu de moi » résume Guy Carbini, en colère. D’autant que la seule tentative de remboursement s’est révélée, une fois encore une arnaque : « Il a fourni un chèque d’un montant de 10 500 euros,  provenant d’un compte clôturé. Les juges n’ont pas apprécié ! », lance Me Fabiani.

 

Qui savait ?

« Bernard Sicard me soutient. Il me dit d’aller jusqu’au bout », assure Guy Carbini. Ce n’est visiblement pas le cas de tout le monde, y compris dans l’entourage proche du maire. L’employé municipal serait depuis quelque temps victime de pressions à la mairie. « Ils ont peur » confirme-t-il. Mais de quoi ? Christophe Bégué n’étant plus aux affaires depuis septembre 2011, la mairie n’a a priori rien à craindre. Sauf si… l’affaire Bégué n’est que l’arbre qui cache la forêt. A un an des élections municipales, ce procès pourrait troubler les jeux. Car en ne répondant pas aux accusations formulées, et en ne se rendant pas au tribunal pour se défendre d’un référé, Christophe Bégué a pris le risque de transformer une procédure liée à une créance non régularisée, en affaire plus politique. Faisant volontairement traîner le dossier, l’ancien adjoint de Colomiers, a provoqué une nouvelle plainte qui accuse notamment l’intéressé de « trafic d’influence ». Or, si le procureur choisissait d’enclencher une instruction dans les semaines qui viennent, c’est la mairie qui serait alors dans l’œil du cyclone. La justice devra alors répondre à un certain nombre de questions : Qui était au courant des agissements et des problèmes personnels de Mr Bégué ? Si certaines personnes étaient informées de la situation, pourquoi alors avoir crédité ses fonctions municipales en tant que président de la commission d’appels d’offres ? Pourquoi a-t-il été soutenu officiellement pendant la campagne des élections cantonales de 2011 ? On aurait même entendu durant cette campagne des « il faut qu’il gagne car il a des dettes. » La section du PS columérine a-t-elle soutenu un candidat dont elle connaissait les problèmes ? Selon notre source policière, certaines rumeurs provenant du propre camp politique de Mr Bégué auraient été propagées dans certains quartiers durant la campagne des cantonales. Suite aux révélations enregistrées, nous avons fait le choix de contacter la mairie de Colomiers (plus précisément le cabinet du Maire.) A ce jour, elle n’a pas encore répondu à notre demande d’interview. Nos colonnes restent cependant ouvertes pour toute demande d’entretien sur ce dossier.

Nous vous tiendrons informés de la suite de l’affaire.

 

Repère Chronologique

 

Entre février et octobre 2010 : G. Carbini prête quatre sommes d’argent à C. Bégué : 20000€, 4600€, 10000€, et 1000€.

25 novembre 2010 : C. Bégué remet un chèque de 10500 € à G. Carbini, qui a été renvoyé pour insuffisance de provision, puis pour compte clôturé.

5 mai 2011 : G. Carbini met en demeure C. Bégué de lui rembourser les montants prêtés.

6 septembre 2011 : C. Bégué démissionne de ses fonctions d’adjoint au maire.

24 novembre 2011 : le TGI de Toulouse condamne C. Bégué à verser 40 600€ à G. Carbini.

20 mars 2013 : G. Carbini porte plainte devant le Procureur de la République de Toulouse pour escroquerie, trafic d’influence, et organisation d’insolvabilité.

 

 

 



14 COMMENTAIRES SUR Rebondissements suite à la démission d’un adjoint: Scandale politico-financier à Colomiers

  1. bob dit :

    la mairie de Colomiers est un nid de crabe

    c’est une mini dictature !

    même le transport public est appelé a disparaitre tout tombe en ruine, la mauvaise gestion leurs coutent une fortune au service transport

    bravo

    • déçu dit :

      le transport a Colomiers est amené a un changement complet.je rigole lorsque je vois les propos tenus par un élu concernant la mise en place du restreint pour les vacances passées.tout n’est que foutaise il s’agit simplement de pannes répétées et constantes sur les bus.(4 a 5 bus qui tournaient sur huit prévus ) .Avec un matériel aussi obsolète on ne peut pas s’attendre a mieux.dans le privé il y a bien longtemps que le service aurait disparu.le transport ne s’improvise pas.

    • billy dit :

      il y a eu un grand changement au sein du service et voila le résultat

      du copinage !!!!! c’est ca le terme et voila le résultat !

      on paye plein pot

  2. Elodie31 dit :

    Il est temps que ça change à Colomiers. Nous avons besoin d’une nouvelle équipe qui ne transigera pas avec l’éthique, transparente et à l’écoute des citoyens.

  3. jo dit :

    Ou est l’argent du service social !! Ou est l’argent du loto des municipaux!! Faut il payer pour les promotions. Un bon coup de pied dans ce nid de guêpes pour savoir qui pique

  4. chris dit :

    si la justice sans mêle des têtes vont tombées il n’a pas pu agir seul, que chacun réfléchisse a ce qu’est devenu le service social de ma mairie et autres ou cet adjoint a mis les pieds

  5. déçu dit :

    quelle tristesse de voir des élus aussi véreux.a Colomiers nous connaissons bien cet homme c.bégué.durant toutes ces années ils nous a toisé avec son arrogance et son air supérieur il n’a fait que pratiquer la politique du népotisme.je me souviens de ses leçons de morale,de probité,d’altruisme;pauvre type qui continu a vivre comme si tout lui était du.j’espère qu’il sera punit a hauteur de ses méfaits.

  6. Témoin d'une honte dit :

    J’ai vu de mes propres yeux un travailleur handicapé de la mairie de colomiers , en maladie sous traitement de morphine forcé à reprendre le travail : transporté par une ambulance sur son lieux de travail attendre toute une journée que les heures s’écoulent .
    Retour en ambulance à la maison. Voilà ou va l’argent des contribuables de colomiers.
    Il est temps que tous cela change !!!

  7. bob dit :

    le service transport fonctionner très bien

    - posons nous la questions pourquoi depuis deux ans c’est la chute du service ?

  8. coco dit :

    comment des gens peuvent avoir des responsabilité aussi importante et se permettre d’accusé les agents de la ville de Colomiers de voleur

  9. Jacques Lachance dit :

    Pour l`affaire de L’UBS ou Tapie Lagarde avec la présence de la Banque Crédit Lyonnais, c`est comme dans l’affaire de l’escroquerie de Jacques PYTHON,domicilié avenue de France 1202 Genéve, du cabinet d`avocats, 9, rue Firmin Massot-3, rue Bellot, 1206 Genève : Jacques PYTHON Wolfgang PETER Pierre SCHIFFERLI, devant la 13 ième chambre correctionnelle du T.G.I. de Paris ( Swiss law firm ): escroquerie Jacques PYTHON ou il y a eu fausse représentation par Jacques PYTHON faussement mandaté par le Crédit Lyonnais Banque française avec détournement de plusieurs millions de francs suisses. dans l’ escroquerie Jacques PYTHON – Anne-Danielle de Montenach – Maria Claude SERMIER – Vincent DELAPORTE , il y a eu détournement/dissimulation de mineur et le juge helvétique corrompu MARIA CLAUDE SERMIER a validé et recelé le produit de la criminalité en faveur de Jacques. PYTHON. C’est donc en ce sens qu’il y a des similarités relativement aux pressions qui sont menées dans le dossier DSK. Gravement, dans l´escroquerie Vincent DELAPORTE avocat , de Vincent Delaporte – François-Henri Briard. Emmanuelle Trichet. Avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation. 6, Rue Anatole de la Forge. 75017 Paris, il y a eu recel des fiches de la Police de Lyon ( Rhône ) pour obtenir le jugement étranger par Jacques PYTHON ou le juge corrompu Maria Claude SERMIER , a fait déclarer l`enfant né du mariage, Xavier François de MONTENACH né le 26 septembre 1995, comme bâtard grâce au produit de la criminalité..
    Et, à en devenir Le futur scandale de la criminalité intégrée, puisque l´avocat de Genève Jacques PYTHON, 6 ,rue Bellot Genève a recelé avec l’entière complicité du Juge corrompu Maria Claude SERMIER l’information secrète de dossiers de la Police de Lyon. Le recel par Jacques PYTHON des dossiers de la Police a permis l’ escroquerie avec détournement de mineur.Ce qui est aussi compromettant pour le système bancaire suisse c’est que Jacques PYTHON a utilisé comme un certain nombre d’avocat de cette place bancaire un accès complice à l’identification des informations bancaires secrètes comme pour le détournements des avoirs des victimes d’holocaustes, avec la complicité de ce fameux système bancaire, en dépouillant ces derniers de leurs avoirs revendiqués par leur descendant. ( fait non contesté devant les tribunaux par ce dernier ) . Autre fait intéressant l’ex bâtonnier Jean René FARTHOUAT a participé à cette escroquerie par déclaration mensongère et faux devant les Tribunaux pour le compte de Jacques PYTHON et du Juge helvétique Maria Claude SERMIER autre auteur de l’escroquerie et détournement de mineur.
    L’escroc Jacques PYTHON doit donc faire fasse à la Justice avec ses compères. Et parmi ses compères on compte un autre avocat véreux du cabinet Alice MEIER-BOURDEAU Guillaume LECUYER 28 boulevard Raspail 75007 Paris.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.