Qui sera le maire des nuits toulousaines ?

Les 6 candidats au titre de Maire de la nuit (de gauche à droite) : Christophe Vidal, Nathan Guerrero, Judie Freud (nom d’artiste), Lawrence-Edouard Gabriel, Jack Héliot et Mick Magnetix qui n’apparaît pas sur la photo

Les candidats avaient officiellement jusqu’à vendredi 18 octobre dernier carat pour déposer leur candidature. Un cafouillage « à la toulousaine », explique Samuel du collectif Bar-bars aura fait suer les organisateurs à grosses gouttes. Mais le délai est finalement bel et bien respecté : ce mardi 22 octobre, les candidats ont dévoilé leurs frimousses et se sont rencontrés pour la première fois. C’est donc un panel plutôt hétéroclite de Toulousains qui se lance dans une course au titre, un peu décalée (voir encadré). A l’origine de l’idée, un collectif qui s’est inspiré d’une initiative similaire lancée à Amsterdam en 2003 et relayée dans plusieurs villes françaises. Il faut dire qu’à Toulouse, la nuit crée de sacrées tensions, qui prennent encore plus d’ampleur avec l’approche des municipales. Un rapide état des lieux de la situation montre une situation triangulaire opposant les professionnels de la nuit, les institutions et les riverains. La proposition : un intermédiaire qui saurait concilier tous les acteurs de la nuit. « Il n’aura pas de réalité institutionnelle, mais il tirera une forme de légitimité morale », indique le collectif. Concrètement l’élection aura lieu en deux tours, le premier sur Facebook amènera trois vainqueurs au second tour, qui s’opposeront lors d’un débat le 5 novembre. A partir du 9 novembre, une quarantaine de bureaux de vote sera alors installée dans les lieux de la vie nocturne toulousains participants à l’opération. Actuellement en campagne, ces oiseaux de nuits ne sont pas forcément vus d’un bon œil au Capitole. Une concurrence inédite ?

 

« C’est un messager des nuits toulousaines, un VRP sans le côté bling-bling »

« Ce maire n’existe pas encore mais j’ai déjà envie de le tuer », plaisante Jean-Paul Makengo fatigué par le buzz que crée l’événement. Pourtant au Capitole, on ne rechigne pas à envisager une éventuelle collaboration : « Cela peut-être un bon relais pour la municipalité et pour les autres. On est prêts à travailler avec ce maire d’un nouveau genre. » Un concept bon enfant, qui reçoit la sympathie de la plupart des élus bien que nombre d’entre eux sifflent contre la dénomination choisie : « le nom porte à confusion, c’est plutôt un messager de la nuit toulousaine, un VRP, sans le côté bling-bling. » Lors de cette soirée du 22 octobre, le débat ressemble à une rencontre politique où des personnalités s’affirment alors que d’autres s’effacent. Une réunion somme toute conventionnelle à l’exception des bières trônant sur la table et du tutoiement généralisé. Chacun y va de ses idées et tout le monde s’entend sur le fait que la durée initiale du mandat est ridiculement courte. Qu’à cela ne tienne, un rapide vote à main levée est effectué et le voici qui passe à un an. Une spontanéité quelque peu originale qui déstabilise certains concurrents, comme Christophe Vidal qui déclare que « cela pose la question du sérieux de l’organisation. » Il faut dire que les profils sont variés et que chacun ne se retrouve pas forcément dans l’autre. Pour Samuel, globalement il y a « de bonnes compétences, des profils et des projets intéressants » et cette tranche 20-45 ans « correspond au monde de la nuit, par contre la parité n’est pas encore atteinte… » Deux candidatures avaient en amont été éliminées par le collectif qui doutait de leur sérieux. Les sujets phares de cette période pré-électorale restant le bruit et la sécurité, un maire de la nuit parviendra-t-il à sortir de ce clivage politique pour éclairer les nuits toulousaines d’un jour nouveau ? Alors noctambule averti ? Artiste insomniaque ? Ou demoiselle aux talons usés par la piste de danse ? La suite dans les urnes en novembre.

Aurélie Renne

Les prétendants au titre de maire de la nuit

-Christophe Vidal : 47 ans / éditeur du magazine Minuit à Toulouse/Signe distinctif : « Je veux être le porte-parole des jouisseurs de la nuit, pas seulement des fêtards, mais aussi des travailleurs -ou nuitards- ceux qui sont dans la rue et ceux qui n’osent pas sortir. J’ai une passion presque viscérale pour la nuit. »

-Lawrence-Edouard Gabriel : 23 ans / gérant d’une société de stylisme et barman. Signe distinctif : « J’ai été délégué en toute situation et organise des soirées d’envergure depuis l’âge de 19 ans. Avec mon staff j’ai tous les atouts. »

-Judie Freud (nom d’artiste) : 19 ans / étudiante en sciences politiques et philosophie. Signe distinctif : « Je sors beaucoup et maîtrise le monde de la nuit, j’entends dépasser les sujets transports et sécurité pour un projet politique et citoyen dans sa globalité. »

-Nathan Guerrero : 24 ans, responsable de la société Drink&food. Signe distinctif : « Je pense être le seul à savoir jongler entre le monde jeune et festif de la nuit et le côté sérieux de l’entreprise et du relationnel. »

-Mick Magnetix : 34 ans / musicien et producteur de soirées transdisciplinaires (Les productions du possible) / Signe distinctif : « J’aime faire se rencontrer les univers. Ma spontanéité et ma facilité à rencontrer le monde institutionnel comme alternatif seront une grande aide. »

-Jack Héliot : 24 ans / étudiant en alternance à l’école de commerce ESCG&F : Signe distinctif : « J’entends bien présenter Toulouse sous sa plus belle lune et sous son-plus-beau-jaune. »



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