Qui se cache derrière votre radio ?

Mikael

A la maison, dans la voiture, au travail et même dans la rue, la radio s’écoute partout. Si des voix deviennent familières… Les visages qui se cachent derrière le sont beaucoup moins. Cette semaine, «Le Journal Toulousain» fait les présentations. Rencontre avec les animateurs de 3 des radios les plus écoutées de Toulouse : Stéphanie Mosbach qui est à la tête de la matinale de Toulouse FM, Mikael la nouvelle voix du 12h-16h de Fun Radio, et Christine Bouillot, la journaliste du 18h-20h  de Sud Radio. Par Coralie Bombail.

 

Comment en êtes-vous arrivez à la radio ? C’était un choix évident ?

Mikael : Quand j’avais 12 ans, je me levais et m’endormais avec la radio. J’ai toujours voulu faire ça. Après le bac, j’ai intégré le «Studio école de France» pour une formation de deux ans, mais j’ai arrêté au bout de la première année. J’ai eu l’occasion de faire de nombreux stages, et le dernier était à Fun Radio sur Paris. C’est là que j’ai tout découvert, j’ai pu toucher à tout. Quand j’ai appris qu’un poste se libérait sur Toulouse, j’ai postulé et j’ai été pris. Depuis juillet, ce n’est que du bonheur. Celui d’être à la place de ceux que j’écoutais jeune.

Christine : Après avoir décroché mon diplôme du CFJ (Centre de Formation de Journalistes), j’ai commencé ma carrière à Radio France. Comme j’étais encore joueuse professionnelle en équipe de France de hand-ball, je ne pouvais pas travailler le week-end. A Radio France, ils ont été les seuls à me prendre sous ces conditions. Puis j’ai fait un crochet par la télévision, et j’ai travaillé dans plusieurs rédactions régionales de France 3. Comme je suis originaire de Toulouse, j’ai voulu revenir sur ma ville et surtout reprendre la radio. Ce média a toujours eu ma préférence, car on a une très grande liberté de travail. On a juste besoin d’un micro, d’un bout de papier et d’un stylo. On travaille seul, on choisit son sujet, et l’angle sous lequel on veut l’aborder. La télé, c’est beaucoup plus contraignant. Aujourd’hui ça fait quinze ans que je suis à Sud Radio.

Stéphanie : J’ai un parcours un peu atypique. Après un deug de langues au Mirail, je suis montée à Paris pour suivre une formation de journaliste à l’IFP (Institut France Presse). Mes premières expériences n’ont rien à voir avec la radio. J’ai travaillé pour Marie-Claire, pour France 3 Ile de France, et j’ai été assistante de production à Canal Plus. Mais après cinq années à Paris, l’appel de ma province m’a donné envie de revenir. On m’a souvent dit que j’avais un joli brin de voix et que je devais faire de la radio. J’ai tenté un concours pour devenir animatrice radio et technicienne, organisée par la région Midi-Pyrénées. Il y avait six places à pourvoir, et je suis arrivée première ! J’ai envoyé une maquette à Mediameeting (groupe qui détient Toulouse FM, ndlr). Ils m’ont d’abord proposé une place à Bordeaux, où j’ai connu les premiers cris de Gold FM. Puis quand Toulouse FM s’est créée, en 2008, j’ai postulé comme tout autre candidat, et j’ai été prise. Depuis 2009, j’anime la matinale.

 

Quelle est la particularité de votre tranche horaire ?

Stéphanie Mosbach

Mikael : Le 12-16 se découpe en fonction de l’actualité. On tente d’apporter des informations qui touchent les Toulousains. A côté de ça, il y a les offres cadeaux de Fun. Nous proposons des places pour des matchs ou des soirées par exemple, ce qui fait qu’on reçoit beaucoup d’appels. Et enfin, il y a la musique, les tubes «dancefloor», l’ambiance de fête et la bonne humeur.

Christine : Je suis en duo avec Jean Louis Verger de 18h à 20h. Etant très sensible à la question de la parité, on se partage l’antenne et Jean Louis comprend ça. C’est une émission qui nous ressemble. On se complète et on apporte deux regards différents sur l’actualité. On aborde autant les sujets nationaux que ceux propres au grand sud. L’avantage avec le format de deux heures, est que nous pouvons revenir sur certains points avec plus de profondeur et un certain recul. Nous ne sommes plus forcément dans l’actu chaude.

Stéphanie Mosbach : «La matinale est le rendez-vous le plus important»

Stéphanie : La matinale est le rendez-vous le plus important. C’est le prime time. On réveille les gens, on les accompagne sur le trajet de l’école et du travail. C’est un moment privilégié avec les auditeurs. Il faut leur amener du sourire, du plaisir, et l’info qui les concerne. On fidélise les gens avec des rendez-vous réguliers comme le «buzz» du jour, l’horoscope, le trafic ou encore l’invité de la semaine. En ce qui concerne la musique, nous avons un programmateur qui diffuse des hits avant toutes les autres radios.

Comment vous préparez-vous ? Un truc anti-stress ?

Mikael : J’arrive vers 9h30, je mets en place la musique que je vais passer, je fais un point sur les cadeaux et sur le contenu de l’actualité. Puis je m’assois dans le studio, qui est un peu ma deuxième maison, pour structurer tout ça. Le trac, je l’ai vraiment eu la première semaine. Après on le perd, on oublie le micro, il devient un ami. Il y a toujours un peu de stress, mais il s’estompe.

Christine Bouillot : «On ne décroche jamais»

Christine : On travaille en collaboration avec les reporters qui sont sur le terrain. Et l’émission se façonne tout au long de l’après-midi. Nous pouvons décider d’un sujet ou un d’un témoignage au dernier moment. Quand on est journaliste, on ne décroche jamais, nous sommes des drogués de l’actu ! Même si parfois il faut savoir couper, se déconnecter totalement. Pour ça,  il y a mes trois enfants qui me ramènent à la réalité ! Sinon, le trac est toujours là, presque de manière inconsciente. On a toujours une boule au ventre. Ce n’est pas la peur de parler de parler au micro, mais les interviews sont en direct et on ne peut jamais savoir comment ça va se passer, s’il va y avoir une alchimie ou pas. Mis à part les interviews, tout est écrit, il n’y a pas de place pour le hasard.

 

Stéphanie : Je prépare l’émission la veille, à part la météo et le trafic. Le matin en arrivant, je lis la presse, je papote avec mes collègues et je prends un café. Depuis que je suis en  matinale, j’aime le café… Je fais un point avec la journaliste sur l’actu. Rien n’est laissé à l’improvisation. Je fais tout toute seule. Je réalise, j’écris, et je monte mes sujets car je suis aussi une technicienne. Je m’amuse à faire mon métier.

 

Mikael : «Je ne fais pas ça pour être connu»

 

Votre voix est connue, mais votre visage non. Est-ce frustrant ?

Mikael : Je ne fais pas ça pour être connu. Une fois quand même, on m’a reconnu dans la rue grâce à ma photo Facebook. J’avoue que c’était étonnant et drôle à la fois. Après ça fait partie du mystère de la radio de pas savoir qui se cache derrière…Mais surtout, je fais ce métier par passion, pas pour être reconnu dans la rue.

Christine : Vivons heureux vivons cachés ! Mes confrères de la télé sont souvent interpellés dans la rue, c’est pesant. Je préfère passer inaperçue. Et puis la voix est un vecteur d’émotion puissant, le silence peut être aussi important que les paroles. L’image c’est facile, voir quelqu’un pleurer peut nous mettre la larme à l’œil. Mais faire passer quelque chose simplement avec le timbre de la voix n’est pas donné à tout le monde.

Stéphanie : On laisse les personnes deviner qui se cache derrière cette voix. C’est le plaisir de la radio. Mais je n’arrive pas pour autant en pyjama ! Je suis une vraie fille, je me prépare, je me coiffe, je prends soin de moi. Sinon, on peut connaître mon visage sur le site, ou quand les auditeurs viennent chercher leurs cadeaux. Je suis très accessible et n’ai pas du tout la grosse tête. J’ai toujours les mêmes amis qu’il y a quinze ans.

 

Votre meilleur moment de radio ?

Mikael : Mon meilleur moment, pour l’instant, c’est mon premier jour d’antenne. C’est là que j’ai compris la puissance de la radio. C’était impressionnant de voir le nombre d’auditeurs qui nous écoute.

Christine : J’ai suivi le mariage de Kate et William à Londres. J’ai vécu l’événement de l’intérieur, c’était très kitsch et très drôle ! Ce n’est pas le genre de sujet que je fais d’habitude, mais on a beaucoup ri. C’était un moment de guimauve.

Stéphanie : Dernièrement, l’invité de la semaine, c’était l’humoriste Olivier de Benoist. Je me suis régalée à l’interviewer ! On a bien rigolé. Mais plus globalement, c’est vraiment un pur bonheur de venir tous les matins.

 

Et le pire ?

Christine Bouillot,

Mikael : Je n’en ai pas. Pas encore…

Christine : Il y a six ans, j’ai suivi l’affaire de cet étudiant qui avait été jeté du Pont neuf par des marginaux. Au procès, quand le père s’est exprimé à la barre, j’ai éclaté en sanglots, et cela ne m’était jamais arrivé sur un sujet. Je n’ai pas réussi à me détacher de l’émotion. Pour la première fois, je me suis sentie de trop.

Stéphanie : L’affaire Merah a vraiment été très difficile. Là, j’avais la boule au ventre ! Il  fallait vraiment peser ses mots car on n’avait aucun recul sur la situation. On commentait l’affaire à chaud. Je n’ai jamais été préparée à ce type d’événement.

Qui aimeriez-vous recevoir ?

Mikael : David Guetta et Martin Solveig par exemple sont des DJ’s que j’adorerais rencontrer. Sinon, dans mes rêves les plus fous, ce serait Will I am. Mais là, c’est vraiment un rêve ! (Rires)

Christine : Jean Paul Dubois, un écrivain toulousain dont je suis fan. J’ai lu tous ses livres. Je regrette beaucoup de ne pas avoir pu interviewer Claude Nougaro. En personnalité nationale, je dirais Simone Veil. Je suis très sensible à la cause féministe. Je pense que les femmes doivent se battre deux fois plus pour y arriver.

Stéphanie : Sans hésiter, Vanessa Paradis et Mathieu Chedid. Je les aime beaucoup, et j’espère que j’aurai l’occasion de les interviewer un jour. Sinon je voudrais bien recevoir Johny Depp… (Rires)

 

Quel type d’émission voudriez-vous un jour animer ?

Mikael : Une matinale. Réveillez les gens, c’est génial. C’est comme ça que j’ai découvert la radio. Mon but est là.

Christine : Une émission comme Synergie, qui passait il y a quelques années sur France Inter avec Jean Luc Hees. Sinon, j’aurais adoré animer un show sportif avec Daniel Herrero, quand il était dans nos locaux. La poésie avec laquelle il parle de son sport est un vrai bonheur ! J’aimerais aussi suivre les JO en radio.

Stéphanie : J’aimerais bien animer un «backstage». Aller dans les salles de concerts, rencontrer les artistes en coulisses avant qu’ils ne montent sur scène, puis diffuser le live sur la radio. Dans l’avenir, ça pourrait être sympa, mais sur une autre tranche horaire !

 

Bio : Mikael

Né à Paris, Mikael passe sa petite enfance dans la capitale. Vers 10 ans, il déménage avec sa famille sur Nantes. Il y restera jusqu’à ses 18 ans. Après son bac ES, il entre en école de radio, le «Studio école de France». C’est lors de cette formation qu’il découvre Fun radio en tant que stagiaire. Il y apprend les rudiments du métier et finit par être embauché. Depuis juillet dernier, il anime le décrochage local de Toulouse. Quand il n’est pas devant son micro, Mikael est un passionné de graphisme et pratique l’art équestre.

 

Christine Bouillot

Née à Toulouse, Christine Bouillot est une ancienne joueuse internationale de hand-ball. A la fin de sa carrière sportive, elle décide de se reconvertir dans le journalisme. Elle a par la suite, beaucoup «bourlingué». Elle a notamment travaillé pour France 3 Bourgogne et Franche Comté, avant de retrouver son premier amour, la radio, qui plus est dans sa ville natale. A 42 ans, Christine est mère de trois garçons âgés de 7, 11, et 15 ans. A côté de son activité professionnelle, elle entraîne les moins de 13 ans des Fénix (le club de hand-ball toulousain).

 

Stéphanie Mosbach

Née à Montpellier, Stéphanie Mosbach arrive sur Toulouse dès l’âge de 3 ans. Ce n’est qu’à 21 ans qu’elle quitte la ville pour rejoindre la capitale où elle suivra une formation de journaliste à l’Institut de France Presse. En 2008, elle revient sur Toulouse où elle devient animatrice sur Toulouse FM. Hors antenne, Stéphanie a une passion : les voyages. Elle a notamment parcouru la Thaïlande, l’Afrique noire, le Mexique ou encore les îles Maldives.

 

Coralie Bombail



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.