Quelles idées pour 2012 ?

Au-delà de l’événement individuel et collectif que constitue la fête des Mères (la mère 2010 est à la fois maternante et sexy et près de 59 % des Français reconnaissent avoir une relation complice avec elle) ; au-delà de la victoire de Clermont-Ferrand en finale du Championnat de France de rugby suscitant les images de “bouclier arverne” (Vercingétorix n’est pas loin ni les volcans d’Auvergne !) et la prose littéraire de Daniel Herrero («Il est si bon pour cette génération de joueurs d’enlever au désespoir sa dimension d’éternité» mais n’est pas Antoine Blondin qui veut !) ; au-delà des révélations de Ziad Takieddine sur les contrats en Arabie saoudite et au Pakistan ciblant Chirac, Villepin et le Général Rondot et des offensives médiatiques de Martine Aubry et de Ségolène Royal alors que Nicolas Sarkozy n’a laissé à personne, dans sa famille politique, l’opportunité de s’immiscer dans une guerre de succession qui n’aura pas lieu (à droite en tout cas) ; au-delà de la mort de Dennis Hopper et du choix de la France pour l’Euro 2016 (dû à la configuration “magique” Sarkozy/Zidane) ; au-delà de ces événements constituant le feuilleton médiatique qui sera demain fragment d’Histoire, c’est déjà “la bataille des idées” qui fait rage dans les États-majors politiques pour tenter d’innover en 2011-2012 et proposer du nouveau à un électorat désenchanté.

 
Pour Pierre Rosanvallon, fondateur du “think tank” “la République des idées” la droite a retrouvé une philosophie sociale, une conception du rapport entre les individus et la collectivité, dont le programme et le langage de Sarkozy avaient donné le ton. La gauche est encore en panne sur ce thème. «Pour Olivier Ferrand, responsable de “Terra Nova”, la crise financière a mis à mal le néo-libérallisme qui portait la droite et toute une génération d’intellectuels est venue nourrir la réflexion des gauches». Pour Camille Peugny le thème du “déclassement” dont elle a fait un livre est au cœur du débat politique à venir surtout quand on le prend dans son sens fort «On vit moins bien aujourd’hui qu’hier». Pour Michel Wieviorka «les droites pourront être tentées par le populisme ou chasser sur le territoire de la gauche». Quant à Michel Maffesoli théoricien de la postmodernité il propose le remplacement de la valeur travail par la “création” et n’est pas hostile à ces fameux apéros géants qu’Alain Finkielkraut appelle «Bitures Pride», ni aux propos du Chef de l’État à l’Euro 2016 : «le sport est une réponse à la crise». La philosophe Fabienne Brugère propose à Martine Aubry le concept de “Care”, idée de cette «société du bien-être et du respect» sans être pour autant complètement suivi. En un mot ça bouillonne (!) et c’est tant mieux pour le débat républicain à condition que nos politiques et leurs conseillers n’oublient pas ce rappel du philosophe Robert Misrahi : «Il appartient à la pensée politique de traduire un système de valeurs en programme concret tout en sauvegardant constamment le passage de la valeur au programme et de celui-ci à celle-là. Le programme prend sens et vie par les valeurs, et les valeurs (toujours existentielles et individuelles-universelles) prennent une portée politique par le programme».

Stéphane Baumont




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