Quand le Quinté s’invite à Toulouse

Depuis l’Antiquité, les sports et les courses hippiques sont des loisirs prisés. Les courses de chars de l’époque des romains sont bien connues et ont souvent la part belle dans les films historiques sur grand écran. La France compte plus de 250 hippodromes, la tradition hippique y est forte, même si peu de personnes en ont conscience. L’hippodrome de Toulouse est un des plus grands du pays et accueille 380 courses par an. Le 24 avril, la grande course du Quinté s’est invitée à Toulouse. Reportage.

Le soleil est au rendez-vous, qu’imaginer de mieux pour cette journée hippique ! Aujourd’hui, l’hippodrome de La Cépière accueille la Grande Course du Quinté, un événement qui se produit deux fois dans l’année (l’autre Quinté se courant à Toulouse est à la date du 11 novembre). Le Quinté est une course quotidienne, la plus prestigieuse de la journée, généralement la mieux dotée pour les concurrents et  sur laquelle s’engagent le plus de paris. Il s’agit donc pour les turfistes d’un rendez-vous quasi incontournable ! Ce sera la première course des huit prévues sur l’après-midi. Elle s’inscrit, pour l’occasion, dans le cadre d’une compétition réservée aux trotteurs : le Grand National du Trot dont voici la quatrième étape (14 étapes se terminant en décembre à l’hippodrome parisien de Vincennes). En plus d’un plateau de concurrents prestigieux, l’hippodrome propose aussi des animations : un car-podium du PMU fait gagner des cadeaux, les enfants peuvent faire un baptême de poney, des clowns égayent les allées et un invité de marque est attendu pour une séance de dédicaces : Fabien Barthez.

Il est 13h, il y a la queue à l’entrée et plus de la moitié du parking de 800 places est déjà occupée. L’entrée est gratuite pour les femmes et les enfants. Des programmes sont à disposition des visiteurs qui sont accueillis par des hôtesses du PMU chargées d’expliquer le « comment ça marche ?» et de proposer des jeux gratuits. Au bout d’une allée ombragée et fleurie, on aperçoit le manège, appelé aussi rang de présentation ; un espace circulaire où les chevaux font un tour de présentation devant le public avant la course et où les prix sont remis après l’arrivée. Les concurrents de la première épreuve sont d’ailleurs en train de s’en approcher. Sous les tribunes, se trouvent les caisses. Plus l’heure du départ approche et plus les files d’attente s’épaississent. De nombreux joueurs aiment jouer à la dernière minute.

13h30, le public se rassemble autour du manège, les chevaux de la première course, le Quinté, vont se présenter. Un par un, ils défilent devant la foule qui jauge leur forme et guette le moindre signe qui permettra de trouver le gagnant. « Il a l’air fatigué » nous explique Claude, un turfiste éclairé, « mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas pour cela qu’il ne va pas arriver ! Ah tiens voilà Treich, il est d’ici lui ». Les chevaux, les drivers, tous sont concentrés et s’acquittent au trot de cette parade. « Départ dans six minutes » annonce la voix de l’hippodrome, les concurrents sont priés de se rendre sur la piste, au départ. Les joueurs, eux, se rendent aux caisses et aux bornes de jeu pour enregistrer leurs paris. « Reggae d’Urzy, 20€ à la place et un trio 9, 15 et 12 », des phrases incompréhensibles pour le profane résonnent dans la salle. La tension monte. Les joueurs regardent les écrans de télé où sont affichées les cotes des chevaux ; un autre indicateur pour déterminer son jeu. L’heure approche, certains restent devant les écrans, d’autres se dirigent vers les gradins.

13h50. Départ de la course. Il est vrai que le circuit passe un peu loin des tribunes, un écran géant a été installé en face de ces dernières pour que les spectateurs puissent la suivre sans s’armer de jumelles. Les trotteurs et les roues des sulkys soulèvent le sable de l’hippodrome toulousain dans le virage de la rocade, la compétition est féroce ! « Le trois est disqualifié » annonce la voix du commissaire de la course. Certains râlent, d’autres trépignent. Une des grandes difficultés des courses de trot est le maintien de cette allure, non naturelle pour les chevaux. Parfois même les grands champions cèdent à l’appel d’un galop libérateur ! Premier passage devant les tribunes, quelques cris résonnent. La tension est forte, le commentateur relate les actions des uns et des autres. Il règne une sensation amusante, tout va à la fois très vite et très lentement ! Le dernier virage est franchi, les premiers équipages s’engagent dans la dernière ligne droite. Les gens se lèvent, une clameur générale monte des tribunes. L’arrivée est située juste après celles-ci et quelques personnes y vont en courant. L’arrivée provisoire est égrainée par la voix de l’hippodrome, il y a des surprises, certains favoris ne sont pas au rendez-vous et l’on entend des « tu vas voir, ça va payer ». Il faudra patienter jusqu’à la validation et l’annonce de l’arrivée définitive. Les lauréats se dirigent vers le manège où est installée la tribune de remise des prix. Reggae d’Urzy, le numéro 9 est le grand vainqueur du jour. Viennent ensuite Ulk Médoc le numéro 10 puis Ryder de Tagor le numéro 12. Les trois drivers se retrouvent sur l’estrade pour recevoir de la main de Fabien Barthez leur prix. Le public s’est rassemblé pour saluer les gagnants de cette première course mais n’en oublie pas pour autant de préparer la prochaine !

Marie-Agnès Espa

 

[imagebrowser id=50]

L’hippodrome de Toulouse

Situé dans le quartier de la Cépière, au sud-ouest de la ville, l’hippodrome s’étend sur 34 hectares. Le nom du quartier est inspiré du latin cipparia «stèle de délimitation », La Cepièra en occitan (« endroit parsemé de souches »). A proximité du champ de course se trouve le château de la Cépière construit en 1588. L’hippodrome est construit pour sa part en 1866, sa forme actuelle lui est donnée en 1996. Depuis cette dernière rénovation, les gradins proposent 2 000 places assises. L’hippodrome accueille 53 réunions par an, dont près de la moitié sont des courses de trot. Véritable poumon vert de la ville rose, il se situe à quatre kilomètres du Capitole.

 

Stars des pistes

Jockeys et drivers, ils sont aussi les stars des pistes ! A l’image de Pierre Vercruysse (en photo), troisième à l’arrivée du Quinté avec Ryder de Tagor, qui donne une interview après la course. A l’hippodrome, les drivers se mélangent au public, s’installent à la terrasse du café et discutent avec les passionnés s’ils en ont le temps entre les courses. Ainsi, nous avons croisé Jean-Michel Bazire, driver bien connu du circuit et « sulky d’or » depuis 2000 ou encore un des locaux de l’étape Jacques-Henri Treich, dont les écuries sont à Vacquiers.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.