Quand la cité déploie ses Ailes

Le week-end dernier, l’association Ailes Anciennes Toulouse a ouvert ses portes à l’occasion du premier « Week-end aux Ailes » célébrant les un an de son implantation à côté du site du futur Musée Aeroscopia à Blagnac. L’occasion pour tous d’aller admirer ces fleurons restaurés de l’aviation avec pour guides, de véritables passionnés. Quand la cité déploie ses ailes, les avions se racontent…

Un soleil froid baigne cette matinée d’octobre. Au loin, depuis la rocade Voie Lactée, on distingue clairement, à côté de la ferme Pinot, la si particulière architecture du site du futur Musée de l’aéronautique Aeroscopia. Ce week-end, l’association des Ailes Anciennes Toulouse a organisé son tout premier « Week-end aux ailes », un événement très symbolique puisqu’il marque les un an de son installation sur Blagnac en attendant l’ouverture d’Aeroscopia. Depuis 33 ans, l’association sauve, restaure et rénove de nombreux appareils du ciel. Cette unique collection d’avions, de planeurs, d’hélicoptères, rassemblée au fil des ans avec patience, entretenue avec minutie et précision par des bénévoles passionnés s’ouvre régulièrement aux visiteurs tout au long de l’année. Pour le « week-end aux Ailes », 52 appareils s’exposent au public, et devant chacun, les membres de l’association y ont veillé, est déposé un panneau descriptif et informatif. Avant même d’entrer sur le site, le public est surpris de voir le Super Guppy qui trône magistralement devant son hangar, juste face à l’entrée. A l’intérieur, un des premiers avions que les visiteurs rencontrent, est le Max Holste MH 1521 dit le « Broussard » datant de 1952. Cet appareil était surtout destiné à l’observation, notamment durant la guerre d’Algérie. Le modèle exposé a été restauré par l’association dans les années 90. A son bord, deux jeunes animateurs bénévoles assurent la visite. Passionnés, ils invitent les visiteurs à bord et transmettent leur savoir avec enthousiasme.

 

Magister, Starfighter, Mirage

« On peut même mettre le bruit de l’avion» propose Loïck en allumant une bande son. Le ronron sourd d’une hélice se fait entendre. Comme l’appareil est incliné nez au ciel, la simulation de vol est presque parfaite pour le visiteur qui, installé au commandes peut laisser s’envoler son imagination ! Quelques pas plus loin, et beaucoup plus massif : un Fairchild SA226-At Merlin IVA américain, il date de 1965. Celui que l’on appelle aussi Merlin IV, a été acheté d’occasion par Météo-France aux Etats-Unis, pour, dès 1987 faire voler des chercheurs ! S’offre ensuite aux visiteurs l’espace des avions de chasse. D’où les nombreux petits garçons faisant la queue pour monter dans les cockpits ! Le célèbre Fouga « Magister » se prête au jeu et accueille les jeunes curieux avides de sensations. Le premier prototype de « Magister » vola en juillet 1952 et fut le premier d’une longue série. C’est l’appareil qu’utilisait la patrouille de France entre 1964 et 1980 avant d’être remplacé par l’Alphajet. Mythique ! Un peu plus loin, le Lockheed « Starfighter », concurrent du Mirage III, utilisé notamment par la Luftwaffe pour des missions d’interception, de reconnaissance et d’attaque. Il fut remplacé par le Phantom et le Tornado. Les moteurs de quelques modèles sont visibles et des bénévoles sont là pour répondre aux questions du public. Apparaissent ensuite les légendaires Mirages III de Dassault, version E. Appareil d’attaque au sol tout-temps. Celui exposé ici est le numéro 491. Ses décorations commémorent le cinquantième anniversaire de l’escadron de chasse 3/3 Ardennes (Sanglier).

Shooting star, Flamant, Bréguet

Dans le hangar, c’est un entassement très organisé d’appareils de mesure, de prototypes en bois, d’ailes… Un Caudron Phalène, avion de tourisme conçu par Paul Deville dans les années 30, défie le temps ! Sa structure est de bois, recouverte de toile, et l’aile peut se replier pour gagner de la place. Carlingues et fuselages de fer, de bois, hélices et pièces diverses, une véritable caverne d’Ali Baba. Les bénévoles ont aménagé un espace de conférences et d’exposition dans une partie du hangar. Tout est fait pour que le public puisse en apprendre un maximum sur la construction, le vol, les matériaux, la motorisation… Dans l’espace couvert voisin, cette autre exposition. Les visiteurs découvrent quelques ouvrages de la littérature aéronautique, notamment ceux sur l’Aéropostale de Bernard Bacquié. Trois hélicoptères finissent à combler la place disponible : un Djinn, une Alouette II… A l’extérieur, accentuant le cachet d’antan du lieu, des voitures anciennes ont été invitées à parader au milieu des avions ! A leur côté, une réplique du Blériot XI, l’avion qui a effectué la traversée de la Manche le 25 juillet 1909. Un avion aux manettes duquel Roland Garros bat le record d’altitude en septembre 1912 en montant à 4960 mètres d’altitude. Le voyage dans le temps est assuré ! Une collection unique, un travail de mémoire exceptionnel réalisé par des bénévoles dont l’objectif principal est la préservation du patrimoine aéronautique. Force est de constater aussi un remarquable partage de savoirs, de passion et d’enthousiasme !

 

 

Les Ailes Anciennes Toulouse accueillent le public les après-midi de mercredi et samedi. Les visites guidées se font le samedi matin. L’entrée est gratuite pour les moins de 8 ans. 4 rue Béteille à Blagnac. Plus d’infos : aatlse.org

 

Aeroscopia

Aeroscopia est l’aboutissement d’un rêve collectif, d’un projet dessiné il y a maintenant trois décennies. Porté par un regroupement d’associations nommé « Terre d’Envol » et soutenu par les collectivités locales (ville de Blagnac, Toulouse Métropole, Conseil régional Midi-Pyrénées, Conseil général Haute-Garonne) ainsi qu’Airbus, le futur site sera un espace scientifique et d’exposition sur l’aéronautique. Situé à proximité des hangars d’assemblage de l’A380, la structure métallique originale du Musée se remarque de loin. Les visiteurs pourront y découvrir l’histoire et les secrets de l’aéronautique, entre science, technologie et audace. L’espace du Musée se découpera en trois zones : le showroom (billetterie, installations muséographiques, hébergement des personnels d’Airbus Visit’ et d’Aeroscopia), le hall d’exposition puis la galerie historique et la plateforme centrale. Certains avions y trouveront place, dès mars 2014, comme Concorde, Caravelle, Super Guppy, A300 ou encore les principaux avions restaurés par l’association des Ailes Anciennes. La livraison du bâtiment est prévue à l’été 2014.

 Marie-Agnes Espa

Chrono l’aviation à Toulouse

1890, premier vol de Clément Ader

1917, implantation des usines d’avions à Toulouse

1927, fondation de l’Aéropostale

1969, mars, premier vol du Concorde

2013, juin, premier vol de l’A350



UN COMMENTAIRE SUR Quand la cité déploie ses Ailes

  1. Chekroun Maurice dit :

    Bonjour,
    Merci pour votre site. J’ai eu les informations que je cherchais.
    une belle journée
    Chekroun Maurice

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