Prostitution : le préfet recevra les associations de quartier

Depuis trois mois, les comités de quartier des Pont-Jumeaux et des Minimes demandent à être reçus par le préfet, afin d’évoquer les problèmes liés au « développement de la prostitution sauvage ». Après plusieurs requêtes, restées lettre morte, le rendez-vous est finalement fixé au 4 novembre prochain.

Dans notre édition de la semaine dernière, nous avons fait état des nuisances causées par la prostitution, particulièrement aux Minimes. Le phénomène, présent depuis de nombreuses années boulevard de Suisse s’est en effet répandu dans ce quartier. Et depuis deux ans, les deux comités se sont rapprochés pour tenter de trouver des solutions avec les autorités publiques. « La mairie, la police et les associations se réunissent chaque mois pour parler du sujet », nous expliquait Serge Baggi, président du Comité des Minimes (voir l’enquête complète sur www.lejournaltoulousain.fr). Mais le problème est délicat à traiter, compte tenu que la prostitution n’est pas illégale en France et que le racolage est rarement suivi de poursuites judiciaires.

Mettre fin aux « dérives intolérables »

Lundi 4 novembre, les représentants des deux associations, certainement accompagnées de riverains mécontents, seront reçus par le préfet Henri-Michel Comet. « Nous attendons de lui qu’il prenne position sur le sujet, ce qu’il n’a jamais fait », explique Claude Marquié, membre du comité des Ponts Jumeaux. L’objectif, trouver des solutions « aux dérives intolérables liées à la prostitution. » Tapages nocturnes, atteintes à la pudeur, bagarres sont quelques exemples. Claude Marquié, qui habite boulevard de Suisse raconte la dernière anecdote frappante : « Un samedi matin à 7h, on sonne à ma maison et quand j’ouvre, je vois une fille et un client sous le porche de mon entrée ! Ils ont appuyé sur la sonnette sans faire exprès… Et c’est comme ça tout le temps, on pourrait écrire un roman à force. »

Une pétition pour fermer le boulevard de Genève la nuit

Au-delà des épisodes rocambolesques que vivent les riverains, cette situation crée un climat d’insécurité dans ces quartiers, régulièrement le théâtre de violences. Le 10 octobre dernier, un homme de 67 ans s’est fait agresser par un travesti et son ami, boulevard de Genève, « ils l’ont laissé quasiment mort », s’indigne Claude Marquié. Les riverains, excédés, « ont lancé une pétition pour que l’entrée du boulevard de Genève soit fermée la nuit. Nous la remettrons d’ailleurs au préfet », révèle-t-il. Les comités de quartier ont également demandé à rencontrer le maire de Toulouse, Pierre Cohen et le Procureur de la République, Michel Valet. Déterminés à mener la concertation avec tous les acteurs, mais « sans bousculer les choses et dans le respect de la démocratie. »

Coralie Bombail



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