Propreté à Toulouse ; Le grand coup de balai de l’opposition

Le groupe d’opposition Toulouse pour Tous mené par l’ancien maire de la ville Jean-Luc Moudenc a dressé le bilan à mi-mandat des actions de la majorité en termes de propreté.

 
«Toulouse est de plus en plus sale !» La sentence est sans appel de la part de Danièle Damin, conseillère municipale d’opposition. «Les Toulousains sont nombreux à nous interpeller sur ce problème. On a tendance à dire que ce sont les Toulousains qui sont sales. Mais moins une ville est propre, moins les habitants ont tendance à être soigneux.» Après trois ans de mandature pour l’équipe de Pierre Cohen et le lancement du Défi Propreté il y a quelques mois (pour un budget de 3 millions d’euros), il est temps pour l’opposition municipale de mettre un carton rouge à l’entretien des rues toulousaines.
Il faut dire que le défi est de taille pour les agents municipaux qui balaient pas moins de 7 000 tonnes de déchets chaque année et ramassent quotidiennement cinq tonnes de déjections canines ! «La mairie propose une géo-localisation des déchets par le biais de petits ordinateurs de poche munis d’un GPS», explique Jean-Luc Moudenc. «Un signal lancé par les agents de terrain est sensé alerter une équipe de nettoyage. Ce dispositif est complété par l’Office de la Tranquillité dont la majorité des appels concerne les problèmes d’encombrants. Mais cet office est plus tourné vers une mise en forme et en ordonnance des plaintes pour rendre des statistiques.» Ces grandes nouveautés de la municipalité Pierre Cohen ne satisfont pas Danièle Damin : «Il faut parfois plusieurs jours avant que des tas d’immondices ne soient nettoyés ! On ne voyait pas cela du temps des mairies de quartiers. Le grand retard en termes de propreté de la ville tient du retrait par Pierre Cohen de cette démocratie de proximité.»

 

Nivellement par le bas des services

Mais l’opposition pointe également du doigt la réorganisation des services d’entretien du fait de la création de la Communauté Urbaine qui en a récupéré la charge. Ainsi, les agents ont été redéployés sur huit pôles territoriaux et peuvent à la fois intervenir sur un quartier de Toulouse et sur une commune limitrophe : «Cette organisation en pôles est une particularité toulousaine. Elle n’existe dans aucune autre communauté urbaine», déplore Jean-Luc Moudenc. Et Roger Atsarias, membre du Grand Toulouse, de poursuivre : «Il s’agit pour l’organisation des services d’un nivellement pas le bas. La problématique de l’élimination des déchets dans un quartier de Toulouse n’est pas la même que dans une petite commune de l’agglomération ! On assiste donc à une défaillance dans le centre-ville.» L’opposition préconise donc de rétablir une «homogénéité des équipes d’entretien» au sein de la Communauté Urbaine et d’en finir avec «la logique de pôles». Toulouse pour Tous souhaite également la mise en place d’un adjoint municipal uniquement dédié à la propreté.
Par ailleurs, les élus d’opposition déplorent l’état des abords du canal du Midi : «Pierre Cohen avait promis il y a trois ans une revalorisation du canal, la création d’une voie verte et un aménagement des berges», confie Elisabeth Toutut, conseillère municipale. «Aujourd’hui, rien de très concert n’a encore été lancé, nous en sommes encore dans la phase de réflexion.» Certains membres de l’association Toulouse Avenir craignent d’ailleurs une remise en question du classement du canal du Midi au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une reconnaissance qu’avait obtenue Toulouse en 1996 sous l’impulsion de… Jean-Luc Moudenc.

Sophie Orus


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