Propos injurieux et usurpation d’identité: 3 mois avec sursis et 150 euros d’amende

Lundi 13 janvier, au Tribunal de Grande Instance de Toulouse a été jugé Gérard* pour une affaire « de faits désagréables » : dessins de propos racistes et injurieux, dégradation de boîtes aux lettres et usurpation d’identité. L’audience est ouverte.

 

Gérard et Joseph sont voisins depuis quelques années. Tous deux originaires du Portugal, leurs échanges sont principalement basés sur l’entraide. Et petit à petit, une certaine confiance entre les deux hommes s’installe. A tel point que Gérard en arrive à faire des révélations à son comparse quant à son « passé douloureux » : « C’est toute une vie de souffrance qui m’a amené à ça » explique-t-il aujourd’hui à la barre, « Je me suis confié à mon voisin. Je lui ai parlé de mes problèmes lorsque j’étais petit. J’ai été battu jusqu’à l’âge de 22 ans. A l’heure actuelle j’ai toujours des séquelles physiques et psychologiques. Je me suis senti trahi et l’envie de me venger a pris le dessus. » Car selon les dires du prévenu, son voisin se serait « moqué » de lui. Alors pour lui causer du tort, Gérard usurpe son identité. Il distribue des « notes » à la bibliothèque de Toulouse et dans quelques boîtes aux lettres de son voisinage où il est stipulé : « sale bougnoule. Rentrez chez vous les musulmans » signé du nom de Joseph. Souhaitant un « gros impact », Gérard s’explique quant à son choix des propos injurieux : « Je m’en suis pris à la communauté musulmane car ils sont plus nombreux, sinon j’aurais opté pour les asiatiques qui le sont beaucoup moins » s’explique l’accusé.

 

« Je suis l’auteur de cette vengeance mais je ne suis pas raciste, je le regrette »

 

Présente à l’audience, la victime s’avance à la barre, intimidée. Consterné par cette affaire, Joseph tente de s’exprimer mais sa voix est inaudible. Aux Président et magistrats, il fait part de cette seule interrogation : « Je ne comprends pas pourquoi mon voisin me veut autant de mal. Pourquoi ? » Après avoir fait revenir Gérard à la barre, et plusieurs tentatives du Président pour qu’il réponde des faits qui lui sont reprochés, l’accusé affirme : « Je suis l’auteur de cette vengeance. Je ne suis pas raciste, je le regrette. » Pour essayer de se justifier de ces propos injurieux, il s’explique : « Je parle six langues dont l’arabe. Si j’étais raciste, je ne me serais jamais intéressé à cette langue.» Après un rendez-vous avec un médecin psychiatre, ce dernier considère qu’au moment des faits, Gérard « n’était pas entièrement responsable. » Le Procureur prend la parole et insiste sur la personnalité de Gérard qu’il qualifie d’homme « dolent.» Il demande une expertise psychiatrique, un emprisonnement avec sursis et une amende.

 

Elsa Nardari

 

*Les prénoms utilisés dans l’article sont des prénoms d’emprunt



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