« Profession de Foi »

Un peu partout en France, petites et grandes églises, ont vécu ce dimanche, des moments de grâce avec la “Profession de Foi”, engagée par des enfants âgés entre 8 et 10 ans. Une “Profession de Foi”, encore appelée par certains, “Communion Solennelle”, qui désigne une célébration au cours de laquelle les enfants renouvellent, en leur nom propre, l’engagement pris pour eux par leurs parents, le jour de leur baptême. Pas un sacrement mais une étape qui sera décisive dans l’itinéraire spirituel des baptisés. En fait accepter que Dieu existe, s’intéresser à ce que Dieu dit et surtout vivre selon sa parole. Etre sur le chemin de la vérité et de la vie, diront les initiés…

 

Un peu partout en France, petites et grandes églises, ont vécu ce dimanche, des moments de grâce avec la “Profession de Foi”, engagée par des enfants âgés entre 8 et 10 ans. Une “Profession de Foi”, encore appelée par certains, “Communion Solennelle”, qui désigne une célébration au cours de laquelle les enfants renouvellent, en leur nom propre, l’engagement pris pour eux par leurs parents, le jour de leur baptême. Pas un sacrement mais une étape qui sera décisive dans l’itinéraire spirituel des baptisés. En fait accepter que Dieu existe, s’intéresser à ce que Dieu dit et surtout vivre selon sa parole. Etre sur le chemin de la vérité et de la vie, diront les initiés…
Certains parleront d’un postulat un tantinet provocateur ou d’un autre temps, car force est de constater que depuis quelques décennies, dans le sillage des Lumières, l’incroyance comme l’indifférence à Dieu se sont cruellement développées en Occident. Touchant particulièrement les Chrétiens, alors que d’autres religions trouvent, à l’inverse, matière à engager la réflexion du devenir de l’Homme. A contrario, un fait de société qui interpellerait et pourrait, aujourd’hui, poser justement la question de l’“Homme sans Dieu”…
Jusqu’aux siècles des Lumières, l’humanité n’avait pas mis en doute l’existence de Dieu. L’affirmation de Dieu comme l’Etre nécessaire était une revendication commune à la théologie traditionnelle comme à la philosophie antérieure à celle des Lumières. Probablement que le tournant de la modernité se fera lorsque l’affirmation de Dieu ne s’imposera plus à nous avec nécessité. Sûr que le premier ébranlement est venu du discours scientifique, qui ne voyait plus la nécessité de faire intervenir l’action de Dieu pour expliquer l’univers. Expliquer son ordre et ses lois, comme la vie, l’origine des espèces ou le moindre développement des vivants. C’est aussi la philosophie, qui à son tour, allait revendiquer la liberté de philosopher, de penser, d’interpréter rationnellement les Écritures Saintes. Et pendant ce temps, au lieu de guider cet esprit de liberté, l’Église s’est cabrée quand celui-ci s’est retourné contre l’autorité religieuse. Elle a même déclaré athées des philosophes comme Descartes ou Spinoza qui voulaient d’abord penser par eux-mêmes, penser et ressentir leur foi. Oui, l’espace s’est creusé entre la science et la philosophie, d’un côté, la religion et la théologie de l’autre. Pour les philosophes, le Dieu de la révélation devient bientôt impensable, puisqu’il ne permettait plus de penser librement.

 

L’esprit de l’Évangile

Alors, en s’éloignant de la religion, l’Homme moderne a vite appris, ou fait semblant, à se passer de Dieu, à penser et à vivre son quotidien dans l’absence de Dieu. C’est dans ce processus historique très concret que l’Eglise n’a pas su réagir, accompagner cette libération, cette émancipation de l’Homme. Surtout, si l’on conçoit que cette disparition de Dieu a un sens pour la foi elle-même. C’est l’homme qui s’est libéré de Dieu, de la crainte de Dieu. Il a conquis sa liberté face à Dieu. Plus, pour les théologiens, cette revendication légitime de la liberté de l’homme face à Dieu est un effet de l’Évangile. C’est l’esprit de l’Évangile qui apprend à l’homme cette liberté et lui permet d’approcher Dieu en toute liberté. C’est l’esprit de l’Évangile qui nous dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. Dieu ne vient pas nous réclamer des hommages, mais nous demande d’aider l’Homme vers des chemins nouveaux d’humanité. Plus l’homme prend sa liberté, plus il est capable de découvrir Dieu dans sa grandeur. Le sens de la grandeur de Dieu est lié à la liberté avec laquelle nous approchons de lui.
En Occident, la réponse à cette question appartient au procès de la religion et de l’Église. C’est un sujet sur lequel l’Église devra beaucoup réfléchir à l’avenir. Au XIXe siècle, en réaction à la modernité, elle s’est beaucoup plainte de la perte de la croyance. Elle l’a attribuée à l’orgueil de l’esprit humain, à la mauvaise foi de l’Homme. Elle n’a pas vu comment elle-même a lassé l’Homme occidental par un excès d’autoritarisme, en interposant toujours l’appareil religieux entre l’Homme et Dieu. L’Église devra un jour, faire son examen de conscience et comprendre qu’elle est responsable, pour une certaine part, de cette perte de la croyance de l’Homme moderne. Même après Vatican II, elle n’a pas tiré toutes les leçons de cet épisode où elle a vu en quelques siècles son influence sur la société diminuer, sinon disparaître, et la croyance en Dieu largement s’éteindre en Occident. Il faudra que l’Église se préoccupe de ce double phénomène. Et peut-être finira-t-elle ainsi par découvrir qu’à travers la modernité et les Lumières, quelque chose de la tradition chrétienne a passé. L’Église s’est recentrée sur sa tradition religieuse, mais la tradition culturelle et philosophique est aussi une voie par laquelle s’est répandu l’esprit de l’Évangile. Cela, c’est ma conviction intime, ma profession de foi d’hier et de toujours.

 

André-Gérôme Gallego



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