Producteurs agricoles; Brigitte Barèges interpelle le ministre Bruno Lemaire

La député-maire de Montauban, déjà très investie dans le cadre du Plan de Relance en Midi-Pyrénées, vient d’adresser une lettre ouverte au ministre de l’Agriculture. Dialoguer avec Bruxelles et travailler sur les imperfections d’application des règles européennes afin de préserver un secteur essentiel à l’économie française, tels sont les objectifs de l’élue du Tarn-et-Garonne.

 
Brigitte Barèges, député-maire de Montauban, a envoyé une lettre ouverte à Bruno Lemaire, ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Dans cette missive, elle tente de l’interpeller sur la demande de remboursement des aides nationales reçues par les producteurs de fruits et légumes entre 1992 et 2002, soit environ 338 millions d’euros. «Cette lettre ouverte est un véritable cri d’alarme face au nombre de plus en plus important de disparitions de vergers dans notre département du Tarn-et-Garonne et dans notre région de Midi-Pyrénées et d’abandon de nos terroirs par des agriculteurs. Ces derniers n’en peuvent plus de se battre face aux aléas climatiques, face à la grande distribution, et, aujourd’hui, face à Bruxelles pour un pouvoir d’achat de plus en plus congru, le revenu moyen des producteurs de fruits et légumes étant environ de 20 000 € par an et par exploitation.»
Dans sa lettre, Brigitte Barèges pointe du doigt les errances de la Commission Européenne : «Il me semble en effet utile de profiter de cette affaire pour remettre à plat les règles de la concurrence dans le domaine des fruits et légumes. Il convient, au premier chef, de rappeler que cette filière n’est pas subventionnée par la PAC et, qu’en l’espèce, il ne s’agit pas de rembourser des fonds européens mais de faire payer des amendes à des agriculteurs qui ont bénéficié il y a plus de 17 ans, en période de crise. […] Ainsi que M. Glavany, ministre de l’agriculture à l’époque, vient de l’écrire : La Commission européenne est bien mal placée pour donner des leçons dans le secteur des fruits et légumes car l’action de Bruxelles est totalement défaillante dans ce domaine.» La député-maire de Montauban lui reproche «un mépris de la règle de préférence communautaire inscrite dans le Traité de Rome», le non-respect de «la clause de sauvegarde», «des distorsions de concurrence en matière de main d’œuvre», deux poids deux mesures en matière des règles draconiennes sur certains produits phytosanitaires…

Prête à travailler sur le dossier

«Je souhaite aussi rappeler», poursuit Brigitte Barèges, «pour ceux qui se plaignent des aides et soutiens de l’Etat qui, à juste titre, ont été quelque fois accordés à ces agriculteurs, que les mêmes reproches n’ont pas été exprimés face aux soutiens apportés, dans le cadre du plan de relance, aux banques, aux entreprises du secteur automobile ou du bâtiment. Or, il s’agit exactement des mêmes problématiques, à savoir que le soutien à l’économie permet de préserver des emplois dans un secteur où, précisément, la  main d’œuvre est très importante puisque les producteurs de fruits et légumes emploient  400 000 salariés, en équivalent temps plein, par an. Par ailleurs et enfin, rappelons que la France est le premier Etat producteur agricole d’Europe, que cette production est pour nous une garantie d’indépendance alimentaire de qualité qu’il nous faut impérativement préserver.»
La députée-maire souhaite donc qu’un dialogue soit ouvert avec Bruxelles afin «d’obtenir l’exonération totale des amendes réclamées à l’Etat français et, d’essayer de s’attaquer aux vrais problèmes de distorsion de concurrence». Nommée par le gouvernement afin de surveiller et de rendre compte des aides versées dans la cadre du Plan de Relance en Midi-Pyrénées, Brigitte Barèges se dit également prête à travailler sur les questions agricoles en collaboration avec le ministère.



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