Procès AZF : The end ?

Le verdict est tombé lundi dernier. La filiale de Total, Grande Paroisse qui exploitait l’usine AZF a été condamnée à 225 000 euros d’amende pour homicide involontaire. Pour le même motif, son ancien directeur, Serge Biechlin écope de 3 ans de prison dont 2 avec sursis, assorti d’une amende de 45 000 euros. Total en revanche, n’est pas jugé responsable. Réactions.

 

« C’est l’aboutissement du travail commencé en première instance » se réjouit, Christophe Lèguevaques, avocat de la partie civile. Les juges de la Cour d’appel « ont répondu à toutes les questions, et ont même examiné les faits soulevés par la revue Préventique. Aujourd’hui, l’affaire est claire : c’est un accident industriel » poursuit l’avocat. Mais pourquoi Total n’a pas été condamné ? « Pour une raison de procédure. C’est le juge d’instruction qui a écarté la responsabilité de Total, donc la Cour d’appel ne pouvait pas revenir dessus » explique-t-il.

Il n’empêche que les avocats de Grande Paroisse ne comptent pas en rester là, et vont poursuivre l’affaire devant la Cour de Cassation. « Tenir Grande Paroisse et Serge Biechlin pénalement responsables de l’explosion n’est pas acceptable tant au regard du droit que de la réalité des faits » déclare la filiale de Total.

 

« Un scénario invraisemblable »

 

Parmi les associations de victimes, les avis sont partagés. Si Me Stella Bisseuil qui représente « Famille endeuillées » se félicite d’un tel arrêt, les anciens salariés qui composent l’association « Mémoire et Solidarité » sont pour le moins insatisfaits. « La Cour d’appel a pris un positionnement politique. Les condamnations reposent sur un scénario invraisemblable que l’on rejette depuis le départ » déplore Jacques Mignard, président de l’association. Mémoire et solidarité a donc également signé un pourvoi en cassation « car nos demandes de supplément d’information ont été rejetées sans motif. Et il y a une discrimination dans les indemnisations aux victimes selon leurs associations. C’est contraire à la déontologie de la justice » explique-t-il.

Côté politiques, les élus de gauche comme de droite se déclarent satisfaits de l’arrêt rendu par la Cour d’appel. Pour Pierre Cohen, maire de Toulouse « C’est la victoire de la vérité ». Le député UMP de Haute-Garonne, Jean-Luc Moudenc se réjouit que « des responsabilités pénales aient été reconnues ». Un avis qui ne fait pas l’unanimité au sein de l’UMP 31, Elisabeth Pouchelon, conseillère régionale, a déclaré sur Twitter qu’ « une condamnation sans preuve n’est jamais satisfaisante ».

Bref, si certains clament haut et fort, que l’arrêt a enfin clarifié les causes de l’explosion d’AZF, l’affaire est loin d’être finie pour tout le monde.

Coralie Bombail

 



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