Procès AZF; «La piste de l’attentat a été étudiée»

Cité comme témoin par l’Association Mémoire et Solidarité regroupant d’anciens salariés d’AZF, le journaliste du Figaro Marc Mennessier n’a pas mâché ses mots pour exprimer son sentiment sur les premiers jours d’enquête suivant la catastrophe : «De quelles données disposaient Jacques Chirac, Lionel Jospin et le procureur Bréard pour annoncer un accident chimique ? La conférence de presse de ce dernier le 24 septembre m’a laissé pantois. Prétendre que la catastrophe d’AZF est le résultat d’un long processus de 80 ans est inconcevable ! La chimie n’est pas de la géologie ! Quand je suis arrivé à Toulouse pour faire une enquête à la demande de mon journal, j’ai eu l’impression d’être dans un mauvais rêve.» Auteur d’un livre contre-enquête “AZF, un silence d’Etat”, Marc Mennessier prétend que «la piste intentionnelle a été délaissée trop vite alors que l’une des victimes a été retrouvée sur le site portant plusieurs sous-vêtements, tenue caractéristique d’un kamikaze islamiste.» Cette victime, c’est Hassan Jandoubi, un manutentionnaire qui aurait eu une altercation avec l’un de ses collègues fan des Etats-Unis la veille de la catastrophe et dont la perquisition du domicile aurait «tardé» selon le journaliste. «Les indices sont par essence évanescents et le temps, c’est de la vérité qui s’enfuie.» Pire, «trois policiers ont été freinés par leur hiérarchie alors qu’ils voulaient enquêter sur la piste de l’attentat.»

 
Pour Maître Léguevaques, «il est facile de faire parler les morts» alors que les policiers démentent toutes les accusations du livre de Mennessier : «Toutes les pistes ont été étudiées et l’enquête n’a pas été orientée», précise le chef du SRPJ Marcel Dumas. «Nous avons enquêté et fait des prélèvements sur le site. Effectivement, nous avons comptabilisé cinq revendications d’attentats mais elles n’étaient pas sérieuses. Elles ne correspondaient pas aux caractéristiques des revendications habituelles des islamistes.» Pour l’agent Frédéric Malon, «le job a été fait». «Le fait de se disputer avec un collègue fait-il de vous un terroriste ? On a étudié la piste de la malveillance mais les 150 procès-verbaux dressés et les prélèvements sur le site n’ont pas révélé de traces d’explosifs. Avant de perquisitionner au domicile de Mr Jandoubi, il a fallu retrouver les témoins et les interroger. Nous avons également inspecté sa voiture, étudié sa personnalité et vérifié une note des Renseignements Généraux sur sa tenue vestimentaire. Mais même en questionnant l’ambassade d’Israël et la Mosquée de Paris, cela n’a rien donné.» Marc Mennessier devra revenir à la barre dans quelques semaines pour présenter plus en détail sa thèse de la malveillance. En effet, le tribunal a décidé de faire état de toutes les pistes non retenues par le dossier d’instruction.

Sophie Orus


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