Préparer la rentrée : un exercice difficile 1/2

6 - tableau rentrée

Les vacances, c’est terminé ! Le 2 septembre prochain, les élèves de l’académie toulousaine reprennent la route de l’école. Familles et administrations se préparent activement à cette rentrée, marquée par la généralisation des rythmes scolaires à 4,5 jours. Topo à J-5.

 

La semaine est studieuse pour la rectrice d’académie, Hélène Bernard. Lundi : rencontre avec les enseignants stagiaires, tout juste diplômés. Mercredi et jeudi : réunions de rentrée avec les chefs d’établissement du département. Les chiffres clés de la rentrée 2014 seront officiellement révélés la semaine prochaine, mais quelques éléments permettent déjà d’en comprendre les enjeux.

La réforme Hamon appliquée « à 100% »

« En 2013, 791 communes dont Toulouse, ont appliqué la réforme des rythmes scolaires » indique Marianne Bouzigues, chargée de communication de l’académie. 63% des élèves du territoire sont donc passés aux 4,5 jours d’école par semaine, « ce qui fait de notre académie une très bonne élève », se réjouit-elle. Tout le monde ne partage pas cet enthousiasme dans les rangs de l’Education nationale. Pour Patrice Soulié, secrétaire départemental de SNUIpp-FSU, la réforme perturbe toute l’organisation des enseignants : « Il faut des temps de concertation, dans une école, pour fonctionner », explique-t-il. Avec la réforme des rythmes scolaires, « ils ont été disséminés dans la semaine, le soir ou entre 12h et 14h, ça n’a pas marché l’an dernier. » Il faut dire que Toulouse est un cas particulier, car elle n’avait jamais appliqué « la semaine Darcos » de 4 jours : « On avait réussi à éviter cette réforme et à mettre en place un ‘‘faux’’ 4,5 jours », rappelle Franck Calmels, secrétaire départemental du syndicat SE-Unsa. De ce fait, les élèves étaient libérés un mercredi sur trois, « ce qui permettait aux enseignants de se réunir sur ce temps-là », poursuit-il. Les syndicats espéraient garder ce mode de fonctionnement, « mais on nous a imposé une organisation moins efficace », regrette Franck Calmels.

La solution pourrait venir de l’expérimentation permise par le décret Hamon. Ce texte laisse la possibilité aux écoles qui le souhaitent, de libérer une demi-journée par semaine dédiée aux activités périscolaires : « Cela nous dégagerait des temps de concertation», considère Patrice Soulié. Mais en Midi-Pyrénées, cette expérimentation concernera « 3% des écoles, soit près de 50 établissements », indique l’académie. « Il y a beaucoup de refus de la part de l’administration, notamment pour toutes les écoles qui ont demandé le vendredi après-midi », regrette le secrétaire départemental de SNUIpp-FSU. Dans le département, « seulement huit écoles appliqueront ce dispositif et aucune sur Toulouse », ajoute Franck Calmels, pour qui les bienfaits de ce décret restent encore à prouver : « Ce sera certainement mieux pour les enseignants, mais les élèves auront des journées plus chargées et les parents auront sûrement des problèmes de garde d’enfant. L’expérimentation permettra de répondre à ces questions », conclut-il.

« On attend toujours les 60 000 postes dans l’enseignement »

Les rentrées se suivent et se ressemblent. Les principales inquiétudes des syndicats concernent majoritairement les problèmes d’effectifs. « Les taux d’encadrement sont inacceptables. Pour ouvrir un poste supplémentaire à Toulouse, il faut dépasser la moyenne de vingt-sept élèves par classe en primaire et trente-deux en maternelle », tempête Patrice Soulié. En janvier dernier, l’administration a affecté 148 enseignants supplémentaires en Haute-Garonne, alors qu’il y aura « 2800 élèves de plus inscrits cette année par rapport à la rentrée 2013 », précise-t-il. Sur ces 148 postes, « une centaine a déjà été affectée en mars et juin, et la cinquantaine restante le sera la semaine prochaine », indique Franck Calmels. Les syndicats SNUIPP-FSU et SE-Unsa s’accordent à dire que les ouvertures de postes compensent à peine la progression démographique, forte sur le territoire. « Il faudrait au moins 400 postes supplémentaires pour arriver à une situation correcte », estime Patrice Soulié.

A cela, s’ajoute le problème de la répartition des élèves dans les écoles. Ce mardi soir, une réunion entre les syndicats, les représentants de parents d’élèves et l’inspecteur de l’éducation nationale de Toulouse s’est tenue pour finir d’affecter les élèves dans les écoles. Près de 1000 enfants ne savaient pas à ce jour quel serait leur établissement : « La majeure partie a été traitée en réunion, la mairie de Toulouse doit maintenant terminer ce travail », rapporte Patrice Soulié. A Toulouse, certaines écoles ne pourront pas accueillir l’ensemble des élèves de leur secteur. C’est le cas notamment pour « les écoles Cuvier (Croix Daurade) et Ernest Renan (Trois Cocus), qui n’ont pas assez de place. Jean Jaurès (Ramonville) déborde également », souligne Franck Calmels. De manière générale, le problème se pose dans les nouveaux quartiers au nord de Toulouse, et dans la zone de Montaudran, « où il faudra construire de nouveaux établissements», selon lui.

A quelques jours de la rentrée, il reste encore de nombreux points à régler. Certains dépendent des services de l’Education nationale (affection des postes), d’autres de la municipalité (aménagement des locaux). Les tout récents chamboulements ministériels qui ont propulsé Najat-Vallaud Belkacem à l’Education nationale rajoutent de l’incertitude à l’incertitude. « Cela ne changera rien, à court terme pour la rentrée, car on n’a pas besoin de ministre pour faire notre travail, mais que vont devenir les réformes en cours ? », s’interroge Franck Calmels. « On attend toujours les 60 000 postes supplémentaires promis par François Hollande », surenchérit Patrice Soulié. Ambiance tendue.



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