Précarité : Midi-Pyrénées compte ses pauvres

Début avril, l’INSEE a publié les résultats d’une enquête qui dressent un panorama de la précarité en Midi-Pyrénées (Tableaux de bord de la précarité-Edition 2013). Il en ressort qu’en 2011, la précarité financière s’est aggravée et le nombre d’allocataires des minima sociaux a augmenté. Les associations caritatives toulousaines le remarquent au quotidien et tirent la sonnette d’alarme.

 

En Midi-Pyrénées, 403 000 personnes de moins de 65 ans vivent en-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 982 euros. Cette précarité financière a augmenté de 3,8% entre 2010 et 2011, et touche tous les départements de la région. Mais la hausse la plus forte (+5%) a été enregistrée en Haute-Garonne.

Précaires et non allocataires

Conséquence, le nombre d’allocataires de minima sociaux s’accroît également et atteint les 179 709 personnes en Midi-Pyrénées. Un constat alarmant s’impose : plus de 220 000 personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté et ne perçoivent aucune aide. Ces dernières n’ont d’autres solutions que de se tourner vers le secteur associatif, comme en témoigne Geneviève Genève, co-coordinatrice du Collectif inter-association  de Toulouse. Ce collectif regroupe entre autres, Emmaüs, le Secours catholique, Médecin du monde, la Croix rouge et les Restos du cœur. « On a constaté la hausse de la précarité au niveau de toutes nos associations, car de plus en plus de personnes font appel à nous. Les chiffres officiels confirment la situation qu’on connaît sur le terrain. Le nombre de personnes à la rue augmente, comme le nombre de repas servis par les Restos du cœur » remarque-t-elle. Josette Privat, présidente des Restos du cœur Haute-Garonne confirme : « Entre le 1er mai 2012 au 30 avril 2013, nous avons servi 1millions 250 000 repas sur le département, soit une augmentation de 21 % par rapport à l’année précédente. » Une hausse sans précédent qui pose des problèmes d’organisation car le nombre de bénévoles, lui, n’a pas changé. En outre, les Restos du cœur ont été obligés de fermer un centre d’accueil, « car il nous coûtait 36000 euros par an », et en septembre, ils seront contraints de fermer le centre Papus pour les mêmes raisons financières. «Pour continuer à servir tout le monde, nous n’avons pas le choix, sachant qu’un euro finance un repas. Nous sommes donc en recherche de locaux gratuits à Toulouse et dans les villes périphériques.»

Comment expliquer qu’il y ait autant de personnes évincées du système des allocations ? « On remarque que beaucoup ne connaissent pas leur droit ou ne savent pas comment faire pour y accéder » explique Josette Privat. C’est la raison pour laquelle les Restos du cœur forment tous les ans des bénévoles sur la problématique de l’accès au droit. Autre cas de figure recensé par l’association, les personnes qui arrivent en fin de droit : « Quand vous venez de perdre votre emploi, la plupart des aides sont fixées par rapport à vos revenus de l’an passé. Elles ne se calquent pas à la situation actuelle » explique la présidente des Restos du cœur 31.

Les associations sont souvent le dernier ou le seul recours dont disposent les plus démunis, mais si elles peuvent améliorer un peu le quotidien, elles ne sont pas en capacité de fournir des solutions pérennes. C’est la raison pour laquelle « nous donnons des signaux d’alerte à l’Etat, qui doit d’une part respecter les lois en matière de logement et donner des solutions adaptées, malgré la situation économique difficile » soutient Geneviève Genève.

 

Travailleurs pauvres, classe émergente

L’enquête de l’INSEE confirme une tendance qui est née avec la crise : la précarité touche également les salariés. « C’est ce qu’on appelle les travailleurs pauvres, dont les revenus ne permettent pas de trouver un logement, de se nourrir et de se soigner. On a retrouvé des gens qui malgré leurs revenus, vivaient dans leur voiture ! », raconte Geneviève Genève. Le nombre de bénéficiaires du RSA activité (qui complète les faibles revenus mais n’est pas considéré comme un minimum social, ndlr) illustre bien ce phénomène. Après une hausse considérable en 2010 du nombre de personnes concernées en Midi-Pyrénées (+15,6%), une très légère baisse de 1,3% est enregistrée en 2011, pour atteindre les 46 343 allocataires. En revanche, en Haute-Garonne la hausse se poursuit (+2,7%). Ce phénomène va de pair avec la situation de l’emploi qui s’est dégradée. Selon les statistiques de Pôle emploi, près de 45% des offres enregistrées en Midi-Pyrénées concernent des emplois temporaires (entre un et six mois, ndlr), et environ 15% sont des temps partiels. Il faut toutefois noter que Pôle emploi définit le temps partiel comme un « emploi de moins de 20 heures par semaine ». Entre 20 et 35 heures, les offres sont comptabilisées comme des CDD ou CDI.  Or, depuis deux ans « on constate qu’il y a beaucoup plus salariés en 20 ou 25 heures qui viennent chercher des repas chez nous » témoigne Josette Privat. Une situation qui touche plus cruellement les femmes car « 32 % des femmes salariées sont à temps partiel en Midi-Pyrénées en 2010, contre 11 % pour leurs homologues masculins » selon l’enquête de l’INSEE.

 

Les Restos du cœur manquent de bénévoles

Les Restos du cœur 31 recherchent particulièrement des bénévoles qui veulent prendre des responsabilités : des logisticiens, des contrôleurs de commandes des responsables achat et des trésoriers.

Contact du Centre départemental : 05 34 40 12 12

 

Le chiffre : 403 000 personnes de moins de 65 ans vivent en-dessous du seuil de pauvreté en Midi-Pyrénées.

 

Coralie Bombail



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