Politique ; Septembre noir pour le gouvernement ?

Journées de mobilisation contre la réforme des retraites le 7 septembre, et contre «la politique sécuritaire» du gouvernement le 4. La rentrée politique et sociale 2010 s’annonce houleuse, après un été déjà bien agité.

 
Après trois semaines de congés, le gouvernement est rentré hier pour un conseil des ministres annoncé comme marquant pour la rentrée politique et sociale. En jeu, la réforme des retraites qui, en sa forme actuelle, n’est pas du tout du goût des syndicats qui ont tous appelé à manifester et à faire grève afin de faire plier le gouvernement. Une journée d’actions prévue le 7 septembre, jour de début de l’examen du projet de loi au Parlement, à moins que des accords ne soient trouvés d’ici là : «Le gouvernement fera un point avec les partenaires sociaux à la rentrée ou à la fin du mois d’août», précisait fin juillet, le ministre du budget, Eric Woerth. Dans le cas contraire, «l’automne sera chaud». Une prédiction que François Chérèque (CFDT) a faite il y a quelques semaines, en référence justement à «l’absence» de débat avec le gouvernement. Mais il se pourrait bien que ce ne soit pas seulement sur le front social que la température monte d’un cran. En effet, une autre manifestation est annoncée le 4 septembre contre la politique dite «sécuritaire» de Nicolas Sarkozy. Une polémique déclenchée cet été et qui est allée crescendo : le Président de la République a d’abord été accusé de stigmatiser les Roms et les gens du voyage après les incidents survenus à Saint Aignan où un jeune homme, après avoir forcé un barrage lors d’une course-poursuite, a été tué par les gendarmes. Des événements qui ont ensuite glissé sur le débat autour de la déchéance de la nationalité ; ses opposants criant à la probable inconstitutionnalité de la procédure. En plein cœur des débats, début août, l’Institut Ifop a interrogé les Français pour le Figaro quant aux nouvelles mesures du gouvernement pour lutter contre l’insécurité.

 

De la parole aux actes

Résultats : 80 % des sondés sont pour le retrait de la nationalité française aux ressortissants d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’incitation à l’excision ; 79 % sont favorables au démantèlement des camps illégaux de Roms et 70 % pour le retrait de la nationalité pour les délinquants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme ; 67 % sont pour l’installation de 60 000 caméras de vidéosurveillance d’ici 2012 (voir article sur Toulouse) et 55 % en faveur de peines de prison pour les parents de mineurs délinquants qui ne respecteraient pas les injonctions de la justice. Un sondage (plébiscite ?) que la gauche déplorera avoir été réalisé pendant les vacances scolaires, mais qui peut quelque part conforter le gouvernement dans ses prises de position. Ainsi, l’annonce faite par le chef de l’Etat sera-t-elle soumise au Parlement à l’automne comme l’a confirmé sur Europe 1, le ministre de l’immigration, Eric Besson : «La déchéance de la nationalité figurera dans deux amendements que le gouvernement ajoutera au projet de loi sur l’immigration présenté fin septembre». Entre temps, l’Etat est passé de la parole aux actes : une première évacuation a eu lieu début août dans un camp illégal de roms à Saint Etienne. Les protestations du 4 septembre éclipseront-elles, voire même affaibliront-elles, comme le prétendent nombre d’observateurs, la journée de mobilisation sur les retraites ? Cette montée en puissance et cet échauffement des esprits, pourraient-ils faire revivre au pays les émeutes de 2005 ? En attendant, le syndicat Alliance Police, face à la recrudescence d’actes «extrêmement préoccupants», en appelle «à toute la classe politique pour qu’elle se rassemble unanimement en faveur de l’action des forces de sécurité, qu’elle soutienne sans équivoque les fonctionnaires de Police et les militaires de la Gendarmerie.»

Claire Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.