Politique ; Rémy Daillet à la tête du MoDem

Après Michel Valdiguié et Elisabeth Husson, le nouvel homme fort du MoDem est certes un peu moins connu que ses prédécesseurs. Pour autant, Rémy Daillet marque un tournant décisif pour ce jeune parti. On se souvient que lors des dernières municipales, bien loin des idées de démocraties avancées par François Bayrou sur tous les plateaux télé, à Toulouse comme ailleurs, ce dernier avait désigné sa tête de liste. En l’occurrence, dans notre ville, Jean-Luc Forget s’était vu autoproclamé à Paris, alors que dans la ville Rose des élections internes se préparaient entre plusieurs candidats.
Avertis de ces tractations de couloirs, Rémy Daillet et ses supporters ne sont pas, cette fois, tombés dans le piège. Car au-delà de cette élection, ce sont les Européennes qui s’annoncent pour juin prochain et surtout les Régionales de 2010 qui avaient permis à trois UDF de l’époque d’être élus.

Rémy Daillet, vous venez d’être élu avec une confortable avance, président du MoDem 31. A l’annonce de ce résultat à quoi avez-vous pensé en premier lieu ?
Aux prochains siècles, à cet avenir sur lequel nous allons nous jeter à corps perdus. A tout ce qui se trouvait au cœur des discours fondateurs du Mouvement et qui va devenir réalité. Et aux derniers mois, qui ont été difficiles pour le Mouvement et les adhérents. Une sortie de la nuit.

La campagne a duré plusieurs mois, la victoire a été d’autant plus longue à se dessiner. Obligatoirement elle va laisser des séquelles du côté des battus. Quelle sera votre première décision en tant que Président du Modem 31 pour rassembler toutes vos troupes ?
Il n’y aura pas de séquelles du côté des battus, parce que nous ne sommes pas dans une logique partisane, et que nous maintenons la porte ouverte à tous d’une part, d’autre part nous allons nous rencontrer tous pour déterminer ce que chacun veut. Et ça, c’est mettre un terme au plus grand nombre de difficultés.

Des personnalités comme Jean-Luc Forget, l’ancienne tête de liste MoDem aux dernières municipales à Toulouse ou Gilles Broquère, battu à Fenouillet, mais conseiller régional, n’étaient pas franchement derrière vous. Quel rôle allez-vous leur donner demain dans le mouvement ?
Jean-Luc et Gilles sont d’ores et déjà tous les deux Conseillers Départementaux, ce qui est une fonction importante au MoDem, une fonction déterminante pour notre avenir commun.

 

« L’emmerdeur »

Et l’ancienne présidente Elisabeth Husson, a-t-elle encore un rôle à jouer à vos côtés ?

Elisabeth est une personnalité indépendante. Je crois qu’elle a été heureuse de l’issue de ce scrutin.

Quelles sont vos relations avec François Bayrou ? Vous a-t-il félicité ?
Pas encore, les élections doivent être avant validées par Paris et ensuite, on verra. François Bayrou, je pense, me voit comme quelqu’un qui aime la précision et ça, c’est souvent le rôle de “l’emmerdeur”. Mais il sait aussi que je suis sérieux et loyal, je fais passer le Mouvement avant mes propres intérêts, quitte à perdre provisoirement du galon. Désormais, il sait enfin que je suis un politique au travail, et il y est sensible. Quand nous aurons réunis élus et adhérents et que les meilleurs échos remonteront vers le Siège, les choses seront sur des rails.

Qu’attendez-vous de lui ?
C’est à nous à nous demander ce que nous pourrons faire pour lui. Mais, qu’il ne change pas lui-même dans son rôle national ! Un bon président de la république doit savoir être à l’écoute des Français. Nous ferons partie de ces Français qui proposeront des modèles d’organisation et de société. Je compte lui donner les moyens d’être fort en 2012, avec tous les adhérents de Haute-Garonne et le plus grand nombre d’électeurs.

 

Indépendance

En 2009 un premier rendez-vous électoral vous attend avec les Européennes et surtout en 2010 les Régionales. Quels sont les objectifs et priorités du Modem 31 new-look pour être vraiment présent lors de ces deux suffrages ?

Devenir très rapidement le mouvement politique le plus présent dans l’actualité, un mouvement qui travaille énormément, qui soit une force de proposition constante, haletante, infatigable et en adéquation avec les attentes du public et les grands enjeux. L’Europe doit être à Toulouse, et Toulouse à l’Europe, puisque Toulouse et la Haute-Garonne sont l’un des centres économiques mondiaux. Quant aux Régionales, on va affronter un parti dominant, écrasant, le PS, tout en maintenant une opposition à la gouvernance selon M. Sarkozy. Ainsi, nous serons le cas d’école d’indépendance, cette indépendance pour laquelle tant de gens votent François Bayrou. Sur le terrain, nous allons appuyer nos élus et nos candidats comme ils l’auront rarement été, je vous le promets.
 
Votre premier vice-Président n’est autre que Gérard Arnaudé, spécialiste reconnu de tout ce qui concerne l’environnement, la santé et la nature. Ce proche de Brice Lalonde, dont il a été le vice-Président à Génération Ecologie, sera-t-il le porteur de projets pour tout ce qui concerne ces domaines ?
Gérard est merveilleux pour son écoute et sa subtilité. C’est un fin politique. Je suis très heureux de le découvrir chaque semaine un peu plus. Il choisira lui-même ce qui l’intéresse, il me semble que c’est à chacun de se prononcer librement sur son domaine propre de compétence.

Votre programme pour ces prochaines semaines ?
Laissez-moi deux pages pleines dans votre journal, 15 jours de mise à plat avec tout le Mouvement départemental, et vous saurez tout !

Propos recueillis
par Claire Manaud


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