Police Nationale ; « Il manque 3 000 policiers à Toulouse »

Jean-François Leroux est secrétaire régional du Syndicat de police national FPIP zone sud ouest qui demande que Toulouse soit classée en zone difficile et la fin des zones de non droit. Interview.

 
Jean-François Leroux, quelles sont les difficultés que rencontre la police nationale à Toulouse ?
Comme dans toutes les grandes villes françaises, nous sommes confrontés à une augmentation de la délinquance et en particulier à l’augmentation depuis 2010 de la violence physique envers les personnes. Et la politique de la RGPP n’arrange en rien l’action de la police. Nous nous trouvons face à un discours contradictoire qui d’un côté, prône la mise en place d’un politique sécuritaire et de l’autre, annonce la fermeture de commissariats !

Quelles solutions préconisez-vous ?
Il faut une réelle politique qui permette de voir disparaître les zones de non-droit, renforcer le système des UTEQ qui a de très bons résultats. Cela passe bien sûr par beaucoup plus de personnels, et de véhicules patrouilles dans les secteurs à risques et le centre-ville de Toulouse également. Il est à ce propos surprenant de voir ces véhicules composés uniquement de deux fonctionnaires. Si l’on veut vraiment que les citoyens soient en sécurité, il faut d’abord que celles et ceux qui sont en charge de la faire respecter, le soient également. J’ajoute par ailleurs que nous demandons depuis des années le classement de Toulouse en zone difficile.

Combien selon vous manque-t-il de policiers nationaux à Toulouse ?
Cela pourra paraître utopique à certains mais pour travailler dans de bonnes conditions, il en faudrait 3 000. Nous sommes environ 1 500 actuellement.

Comment considérez-vous l’action de la police municipale ?
Elle est une complémentarité de l’action de la police nationale et doit le rester. Ceci étant dit, les missions de la police municipale sont nécessaires et nous amènent une bouffée d’air.

L’opposition municipale prône le retour des patrouilles de nuit pour la police municipale. Qu’en pensez-vous ?
Oui, ce serait intéressant, elle pourrait palier de fait à notre manque d’effectifs mais à condition qu’elle ne se substitue pas à l’action de la police nationale. Quoi qu’il en soit, nos deux entités ne doivent pas se faire concurrence. Pour la sécurité du citoyen, nous ne pouvons pas nous le permettre.
 
Quelle est votre position sur la vidéoprotection ?
C’est une très bonne chose mais là encore, elle doit être un outil complémentaire à l’action de la police. La machine ne remplacera jamais l’homme. Son rôle consiste à aider à l’identification des auteurs mais ne peut remplacer le policier pour les interpellations. Cela coule de source !

Il a par ailleurs été créé à Toulouse un Office de la Tranquillité. Quel est votre point de vue sur ce dispositif ?
Ca ne mange pas de pain mais c’est de la politique politicienne. Il faut se donner bonne conscience et dire que l’on a fait quelque chose ! L’insécurité ne se résout pas dans des bureaux mais sur le terrain et pour cela, comme je vous le disais, il nous faut des moyens. Si ce genre de services avait permis d’assurer la sécurité aux citoyens, cela se saurait. Il faut que la sécurité soit l’affaire de tous et cesser les combats de bas étages qui ne font qu’alimenter le sentiment d’impunité.

Propos recueillis
par Claire Manaud


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