Police ; La FPIP contre-attaque

Les policiers en ont ras-le-bol et le disent. Après Unité SGPFO, Unsa-police et Alliance, c’est au tour de la FPIP de faire entendre sa voix sur les retraites et sur les difficultés que rencontrent au quotidien les fonctionnaires.

 
Claude Choplin, le Secrétaire Général du syndicat minoritaire de la Fédération professionnelle indépendante de la police, était de passage à Toulouse le 23 septembre dernier, jour de la mobilisation sur les retraites.
Une visite qui faisait écho à l’accord signé entre le gouvernement et les trois syndicats de police majoritaires, sur les salaires et l’obtention du passage de cette profession dans la catégorie B de la fonction publique. Claude Choplin s’est d’abord dit «déçu» de cette contrepartie qui leur est aujourd’hui présentée : «Nous sommes en dessous de ce que nous espérions par rapport au protocole d’accord de 2004. Tous les deux ans, en fonction de son grade, le policier pouvait espérer passer à l’échelon supérieur. Or maintenant, on s’aperçoit que les échelons vont passer pour certains à trois ans.» Et de dénoncer les faux effets d’annonce : «On nous vante l’amélioration de nos conditions pécuniaires mais pour obtenir un peu plus, il va falloir attendre aussi un peu plus».
Idem pour la retraite puisque l’âge d’ouverture des droits devrait pour les policiers également augmenter de deux ans. Le FPIP se félicite en revanche du maintien prévu «du 1/5ème de bonification et des six derniers mois d’indice de fixation de la pension» ; «deux points essentiels» confie C. Choplin qui ajoute, «Si on veut maintenir le système des retraites par répartition, il est nécessaire que chacun fasse un effort, sans parodier le gouvernement. A l’instar des autres professions, les policiers aussi doivent être solidaires».
Autre levée de bouclier en ces temps de contestation, sur le manque cruel d’effectifs face à l’augmentation des tâches : «Depuis une dizaine d’années, la police est concernée elle aussi par la désertification du service public. Les effectifs qui étaient vieillissants il y a dix ans, sont partis. On se retrouve certes aujourd’hui avec une population policière rajeunie mais il y a de moins en moins d’effectifs alors que l’on nous demande toujours plus». Claude Choplin insiste alors sur la pénibilité d’un métier de plus en plus à risques et de moins en moins reconnu : «Le policier est la première personne à être au contact de la réalité sociale. Lorsqu’une intervention tourne au vinaigre, c’est lui que l’on suspecte. Même si nous connaissons et acceptons les risques de notre métier, nous avons la sensation de ne pas être soutenus, y compris par notre hiérarchie. Ce n’est plus tenable».

Claire Manaud


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