[Points de vue] Existe-t-il aujourd’hui ‘‘une haine anti-flic’’ ?

Les manifestations des dernières semaines, notamment contre la loi Travail, mais aussi à l’occasion du 1er mai, ont été le théâtre de violences entre les forces de l’ordre et les manifestants. D’un côté les accusations de violences policières se multiplient. De l’autre, les syndicats policiers appellent à une journée de mobilisation contre la ‘‘haine anti-flic’’, le 18 mai prochain…

pointS de vue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Didier Martinez, Secrétaire régional Unité SGP Police FO MP-LR

 

Les manifs de ces dernières semaines ont suscité de violents affrontements avec les forces de l’ordre : les casseurs ne sont venus que pour en découdre, et se battre avec la police. Comment pourrait-il en être autrement dès lors que ces individus, protégés avec d’épais blousons, sacs, gants, casques et masques, intègrent les cortèges armés de pavés, barres de fer, cocktails Molotov, ou engins incendiaires destinés à blesser et mutiler gravement…

Ce déferlement de haine et de violence est inacceptable et insupportable pour les fonctionnaires de police. Chargés de faire respecter l’ordre public, ces pères et mères de famille exécutent les instructions en usant des moyens règlementaires mis à leur disposition, et, faut-il le rappeler, sont parfaitement légitimes à employer la force dès lors que les situations l’exigent. Lorsque des parpaings ou extincteurs sont projetés sur les policiers, il est parfaitement opportun de riposter avec des moyens intermédiaires, dont les flash-balls, aussi décriés soient-ils ! Pour autant, notre organisation n’a de cesse de réclamer l’usage d’engins lanceurs d’eau, dont les lances permettent de garder une bonne distance et une marge de sécurité face à des projectiles dangereux.

Bien entendu, les milliers de manifestations encadrées par la police en France ne dégénèrent pas et se passent sans aucun souci. Les récentes manifs ont vu ces groupes de casseurs s’infiltrer, et il faut savoir que les extraits vidéo publiés sur les réseaux sociaux retirés du contexte global sont toujours de nature à stigmatiser une action ou une intervention policière. Pour autant, il demeure impérieux d’appréhender l’intégralité d’une scène.

Hier ovationnés, aujourd’hui décriés, offensés par des tracts révoltants, les policiers sont bien conscients que cette stigmatisation n’émane que d’une minorité d’individus et que l’immense majorité de nos concitoyens saluent et plébiscitent leur travail, leur action et leur abnégation, démontrée chaque jour davantage.

 

François Piquemal, porte-parole du DAL 31 (Droit au Logement)

 

Le ras-le-bol des policiers n’est pas étonnant : surmenage des effectifs, politique du chiffre absurde, perte de sens face aux consignes données.

 

Le premier rôle de la police devrait être de protéger la population et non être la force de répression d’un pouvoir aux abois.

Comment comprendre en effet des dispositifs policiers disproportionnés dans les manifestations actuelles contre une loi rejetée par 75% des Français ? Les tutoiements, les contrôles au faciès, les tirs de flash-ball, les « bavures » sont autant d’éléments qui alimentent forcément la défiance envers la police. Le désamour de la police est nourri par ceux qui lui donnent ses ordres et non par la population qui les subit.

 

La police doit faire respecter la loi, mais la loi de qui ? Chaque année, 2000 personnes meurent dans la rue dans ce pays, les policiers ne sont cependant jamais envoyés réquisitionner les logements vides. Chaque année 70 milliards d’euros sont envoyés dans des paradis fiscaux, aucune vague d’arrestation des principaux fraudeurs. Cela devrait pourtant être le rôle des policiers d’aller traquer les criminels en col blanc qui volent nos richesses et de protéger les personnes contre l’insécurité de dormir à la rue.

 

Au lieu de cela les gouvernements successifs font de la police le bras armé des puissants. Combien faut-il de temps pour que la police soit envoyée déloger des manifestants pacifiques à l’intérieur d’une banque ? Moins de deux heures. Combien en faut-il pour arrêter des banquiers voyous ? On attend toujours…

 

La police ne doit plus accepter d’être mise au service du Medef et sa clique, mais être à celui de la population afin d’être populaire. Alors qu’elle est toujours privée du droit de grève, elle ne doit pas se tromper d’ennemi et prendre exemple de ses collègues italiens qui, un matin de décembre, enlevèrent leurs casques en solidarité avec des manifestants anti-austérité.

 

 

 

 



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