PMU ; La croissance tranquille

Avec l’avènement de l’internet, sa résonance mondiale et surtout l’impossibilité de contrôler la fiabilité des sites de paris et jeux installés, ici ou là, dans le monde, on pensait que la belle machine allait être mise à mal.

 
C’était sans compter sur la fiabilité même de l’entreprise, la lucidité entrepreneuriale de ses dirigeants, sa reconnaissance d’utilité publique. N’est-elle pas la première garantie au financement de la race chevaline en France ? Mais c’était surtout sans compter sur ses “aficionados” qui en toute circonstance lui ont accordé leur confiance. Une confiance qui au fil des années ne s’est jamais démentie, au contraire, faisant même de notre PMU national, la première entreprise en Europe et la 2ème dans le monde… Poussant même l’exception à faire quasi le même chiffre d’affaires que l’autre monument national des jeux : la Française des Jeux…
Pourtant les défis d’adaptation, dus aux conditions économiques n’ont pas manqué, avec des points de paris qui ont fermé et entraîné la société à s’adapter à son marché, plus rapidement que prévu ; à concevoir enfin qu’il fallait aller chercher le client potentiel où il se trouvait : plus obligatoirement dans des bars ou des restaurants, mais de plus en plus dans des débits de tabac, entièrement transformés avec télévision et retransmission en direct des courses sur Equidia. Avec aussi en ligne de mire, l’opportunité de concevoir des paris en ligne.

 

Un peu d’histoire…

Le PMU a été créé en 1930 et s’est doté d’un statut bien dans sa philosophie d’action : un GIE. Ce Groupement d’Intérêt Economique regroupe en fait 73 sociétés de courses dont deux sociétés dites “mères” qui ont pour mission d’organiser et de réglementer les courses. Il s’agit de France Galop, pour les courses de plat et d’obstacle, et du Cheval Français pour les courses de trot. C’est ainsi qu’aujourd’hui, le PMU assure l’enregistrement des paris dans plus de 1 000 points de vente ou à distance via Internet ou le Wap. Ce que l’on sait moins, c’est que par l’intermédiaire de France Galop, association loi 1901, il est soumis à la tutelle de trois Ministères. Des Ministères comme ceux de l’Agriculture et de la Pêche, mais aussi de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, sans oublier et on le sait moins, celui de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités Territoriales, qui vont suivant leurs priorités assurer le contrôle comme la régularité des paris. Par ailleurs, il est à noter qu’en moyenne, le PMU reverse 74 % des enjeux aux gagnants, 12 % à l’Etat et 8 % aux sociétés équestres.

 

2010 le grand défi à relever ?

… C’est ce qu’est venu affirmer à Toulouse, voilà quelques jours, son PDG Philippe Germond… Un défi du pari en ligne ouvert à la concurrence sur le territoire français, que le groupe de paris hippiques ne découvre pas et pour lequel, il le sait, il détient les meilleures cartes à jouer. Car s’il suffisait de s’inviter sur internet et de se labelliser “pari en ligne”, pour être sûr de gagner le jackpot comme l’a fait la plupart des prétendus concurrents de l’Institution hippique française, ce serait trop facile. D’autres, spécialistes en marketing de renom, oseront même avancer que ces nouvelles entreprises de jeu ont à l’inverse facilité la venue sur ce marché du PMU, en lui évitant la période de rodage et tous les déboires qu’eux-mêmes auront connus. Oui, les structures de jeux installées pour la plupart dans les paradis fiscaux, non content de ne pas avoir fait vaciller notre PMU national, lui auront au contraire ouvert l’appétit.
Oui, suite à la légalisation prochaine des jeux d’argent sur internet, le fait d’entrer dans la course était pour le PMU une question de planification et de stratégie. Avec l’obligation non feinte, qu’elle se retrouve aujourd’hui sur plusieurs fronts. Tout d‘abord à défendre ses acquis en renforçant sa position incontestée de leader européen dans le domaine des courses hippiques avec un CA qui en 2009 dépasse les 9 milliards d’euros. Mais sans pour autant négliger les autres marchés avec, là aussi, l’ambition d’être parmi le peloton de tête. Particulièrement en profitant justement de la légalisation pour occuper les nouveaux marchés que sont le poker et les paris sportifs. Sous son label pmu.fr, confirmer certes son rayonnement sur les paris hippiques, mais surtout, sans état d’âme, valoriser son expérience sur les paris sportifs et prendre appui sur le marché du poker que l’on sait plus que prometteur.

 


Acquérir 100 millions de revenus de plus…

… C’est le pari à défendre pour la seule année 2010 avec l’ambition le PMU d’être prêt «avant la Coupe du monde de football en juin, pour lancer sa plateforme de paris sportifs.» comme nous le confirmera Philippe Germond. Oui, pour le PMU nouveau, les atouts ne manquent pas pour aller au bout de ses ambitions. Ce n’est pas un hasard, si PMU.fr, est, en France, le premier site de paris en ligne. Notons qu’il enregistre déjà 300.000 comptes pour un CA de 661 Millions d’Euros… Le tout consolidé avec des partenariats de poids comme celui du groupe irlandais Paddy Power, pour tout ce qui concerne les paris sportifs. Avec une plate forme en commun pour le poker, qui sera développée par l’Anglais Party Gaming. Sans oublier le partenariat privilégié avec la Fédération Française de Football et ses 17.750 clubs amateurs…

 

En Midi-Pyrénées… ?

Fort de ses 382 points de vente, le PMU de Midi-Pyrénées est bien décidé à mettre en application la stratégie nationale et même plus. Ainsi, en Midi-Pyrénées (+ Lot-et-Garonne), malgré la crise, le volume de pari reste stable (moins 0,5 %), avec un chiffre d’affaires qui atteint les 259 M €, dont 50 % en Haute-Garonne. Une diversification qui, comme au plan national a entraîné un sérieux rajeunissement des points de ventes comme de la clientèle. Ainsi, en accord avec la nouvelle philosophie, l’image traditionnelle du bar PMU, peu à peu se transforme avec près de 40 % d’établissements de paris qui ne sont justement plus des bars. Aujourd’hui, il n’est pas rare de pouvoir enregistrer ses paris dans des bureaux de tabac, des dépositaires de presse, des stations service même, et demain, pourquoi pas des boulangeries… Soulignons aussi et surtout que tous les bénéfices que fait le PMU sont intégralement reversés à la filière équine en France : éleveurs, sociétés de course, haras… Au total soit plus de 700 M € qui sont reversés à la filière avec en Midi-Pyrénées, pour le trot et le galop, une enveloppe qui s’élève à 45 M €, ce qui n’est pas négligeable.
Voilà qui fait finalement que le PMU est “l’entreprise”, à plus d’un titre, la plus prisée des Français et la plus respectée à l’étranger ; car rien n’est laissé au hasard. Par ces temps de morosité ambiante, un bel exemple à suivre.

André G. Gallego


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