Plancade : «Le système est à bout de souffle»

Le Sénateur PRG Jean-Pierre Plancade était le 14 septembre dernier à Muret aux côtés de la ministre Anne-Marie Escoffier et de nombreux élus, pour échanger sur la décentralisation. Interview.

 

Pour quelle raison le Sénat s’est-il emparé de ce dossier ?

 

C’est légitime car les sénateurs sont désignés par les élus locaux. Ils ont par conséquent une responsabilité claire vis-à-vis des collectivités.

 

Ce débat actuel veut-il signifier que la France n’est pas assez décentralisée ?

 

C’est exact et j’ajoute qu’à mon sens, il y a trop de régions en France. Notre pays pourrait largement supporter quatre à six régions sur le modèle des «Lander» en Allemagne. Pour le reste, et avant de vivre un nouvel acte de décentralisation, nous allons attendre la conclusion de ces Etats Généraux.

 

Personnellement quelles pistes envisagez-vous ?

 

Il faut savoir se poser les bonnes questions. Un exemple avec le Conseil Général de Haute-Garonne dont je suis élu. Nous sommes 53 conseillers généraux qui avons pour moyen de distribuer seulement 10% de la répartition budgétaire. Le reste, ce sont des dépenses obligatoires. Dans ces conditions peut-on justifier le fait d’avoir 53 élus ? Je pose la question tout en disant qu’il faut des départements avec de vrais pouvoirs car le système actuel est à bout de souffle.

 

Etes-vous critique envers l’action de Nicolas Sarkozy sur cette question ?

 

Sarkozy a préféré créer le conseiller territorial, que nous avons depuis supprimé car c’était une erreur, plutôt que de s’attaquer à la décentralisation de manière profonde.

 

L’acte de décentralisation est-il rendu nécessaire par la crise ?

 

La tentation de l’Etat est toujours de se défausser sur les collectivités territoriales. Je ne critique surtout pas cela car je suis un vrai Girondin, et de toute façon François Hollande a toujours parlé décentralisation, y compris durant la campagne présidentielle. Par la décentralisation, nous allons redynamiser et redonner un vrai pouvoir à ces collectivités. Toute cette réflexion doit amener un nouveau souffle… Mais pour tout vous avouer, je n’en suis pas totalement convaincu. Je crains toujours l’alliance de tous les conservatismes.

 

Propos recueillis par Thomas Simonian



UN COMMENTAIRE SUR Plancade : «Le système est à bout de souffle»

  1. Camilleri Paul dit :

    Il faudrait surtout s’attaquer au mille feuilles structurel qui engendre à la fois un sircroit de dépenses et une dllution des responsabilités.

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