Pierpoljak ; “ La musique m’a sauvé la vie ”

Après des années noires sur le plan personnel, Pierpoljak revient avec un nouvel album, “Légendaire sérénade”, où la musique du chanteur reggae se fait plus pop et les textes plus profonds. A découvrir sur la scène du Rex le 28 mai prochain.

 
Pierre, on ne vous avait pas vu depuis plusieurs années. Que faisiez-vous durant tout ce temps ?
Le zouave ! (rires) Plus sérieusement, je continue à faire des disques et des concerts mais on le sait plus ou moins. Depuis mon dernier disque en 2006, j’ai fait beaucoup de bêtises car j’ai eu des problèmes, comme ceux que peuvent vivre tous les hommes auxquels on enlève les enfants. Beaucoup de haine, de tribunal, de temps perdu et surtout de mal-être pour toute ma famille. Je me suis retrouvé dans le cas de nombreux mecs en France, à savoir, transformé en carte bleue ! J’étais anéanti par cette justice familiale qui défend avant tout les femmes. Je n’avais plus envie de faire Pierpoljak. Et puis finalement, ces épreuves m’ont poussé à écrire de nouvelles chansons.

Avez-vous songé à arrêter votre carrière ?
Quand on est en dépression, on a juste envie de disparaître. Mais la musique m’a sauvé la vie.

Pour un nouvel album plus personnel…
Les gens m’ont encouragé à faire ce disque. J’ai mis beaucoup plus de temps à écrire les paroles car je voulais qu’on comprenne bien ce que j’avais à dire. Je me suis appliqué ! Mais comme j’avais beaucoup de rancœur, j’ai fait attention à ne pas me laisser déborder. Les sujets que j’aborde sont sérieux mais la haine est derrière moi. Si les gens se reconnaissent dans mes chansons, tant mieux, mais le but était avant tout de toucher le plus de personnes possible.

Sur le plan musical, “Légendaire sérénade” est plus pop, plus folk que vos autres albums…
Dans mes trois derniers disques, j’ai expérimenté des choses différentes au milieu du reggae mais elles sont passées plutôt inaperçues. Donc j’avais très envie de mettre cette fois la voix en avant.

 

“ Le revers de la médaille ”

Peut-on parler de tournant dans votre carrière ?
J’ai entendu plein de choses dans les médias, notamment le terme “renaissance”. Je préfère largement celui de “tournant”.

Vous avez déjà sorti 11 albums. Quel bilan tirez-vous de votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?
Je n’ai jamais prétendu avoir une carrière. J’ai une vie avant tout même si je me suis rendu compte au fil des années que chanter était vraiment mon métier. En fait, j’aurais préféré être musicien, ne pas me retrouver sur le devant de la scène et avoir une vie professionnelle plus linéaire. Le succès, la notoriété ont leurs mauvais côtés. Le revers de la médaille fait très mal parfois. Pour faire un bilan, je dirais que Pierpoljak est bien sympa mais souvent il me casse les bonbons ! (rires)

Pierpoljak est-il schizophrène ?
Pas loin ! Ce n’est pas évident à gérer car quand tout fonctionne bien, on est dans l’insouciance. Les portes ne sont jamais fermées. Ça fait perdre la notion de la réalité.

Que pensez-vous de la place du reggae en France actuellement ?
Traditionnellement, on met le reggae en avant avec les tubes de l’été. Mais c’est déjà pas mal. Ceci dit, la scène reggae ne se porte pas trop mal, même si ce style n’est pas à la mode.

 

Calme et tempête sur scène

Vous faites de la musique depuis plus de 30 ans. Quel regard jetez-vous sur l’évolution de l’industrie musicale et l’arrivée en force d’Internet ?
L’évolution est parallèle avec celle des technologies. Finalement, je ne suis pas contre le téléchargement car la musique doit avant tout être diffusée. Interdire le téléchargement serait aussi stupide que de demander aux gens qui écoutent la radio de payer à chaque morceau. Celles qui prennent vraiment une claque, ce sont les industries du disque. Les artistes peuvent toujours continuer à vivre de la scène car les gens sont au rendez-vous. Il y a eu un regain d’intérêt pour les concerts, et la musique, c’est avant tout la scène.

Justement, comment se passera votre concert le 28 mai prochain à Toulouse ?
On est sept sur scène et on mélange les anciens morceaux et la totalité du dernier album pour environ 1h50 de show. On appelle notre concert “Calme et tempête” car on passe du bourrin aux chansons plus posées. Les gens participent car ils aiment toujours le “reggae musik” !

Vous avez réalisé cet album au côté d’un Toulousain, Georges Baux. Que représente la Ville rose pour vous ?
On a passé près d’un an à Toulouse pour l’enregistrement du disque et j’aime beaucoup cette ville. D’autant plus que Georges est un fin gourmet et qu’il m’a fait découvrir toutes les bonnes adresses de la ville !

Propos recueillis
par Sophie Orus

Pierpoljak en concert
Vendredi 28 mai à 20h
Au Rex



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