Philippe Perrin ; Toulouse n’a pas de plan de vol

Pilote d’essai chez Airbus depuis 2004, Philippe Perrin se lance en politique. Suppléant de Christine de Veyrac sur le Canton 1 de Toulouse, l’ancien astronaute, Polytechnicien, veut promouvoir une «écologie pour tous», loin des dogmes, et dénonce les manques des élus locaux en place.

 
Malgré son passé d’astronaute, il veut prouver qu’il a bien les pieds sur terre. A 48 ans, Philippe Perrin a décidé de se lancer dans un autre exercice de haut vol : la politique. Comme baptême de l’air, cet ancien giscardien, encarté deux ans à l’UMP, a accepté de suivre Christine de Veyrac sur le canton I de Toulouse. Non sans quelques hésitations cependant, se considérant comme «l’astronaute de tous les Français», à mille années lumière de toute «approche politique partisane». «Christine et moi partageons beaucoup de valeurs communes» confie Philippe Perrin, «la première étant notre amour pour Toulouse. Et puis nous avons aussi le même franc-parler. C’est d’ailleurs ce qui m’a plu à mon arrivée à Toulouse : le parler vrai».
Plus qu’un “simple” suppléant, Philippe Perrin est pour la candidate UMP, «un véritable coéquipier qui prend toute sa place dans la campagne grâce à la qualité de ses idées et de sa réflexion. J’ai voulu faire un choix en dehors des partis et de la classe politique traditionnelle toulousaine» explique à son tour Christine de Veyrac, «car il s’agit d’agir au service de tous.»

L’écologie pour tous

Au coeur de l’engagement de Philippe Perrin, l’écologie. Une science dont il prend toute la conscience particulièrement en juin 2002, à bord de la navette spatiale Endeavour : «Pendant quatorze jours, j’ai vécu dans un véhicule confiné avec des ressources très limitées en oxygène, en nourriture, en eau. De ce voyage fabuleux, dont on ne revient pas indemne, j’ai ramené un profond sentiment d’urgence environnementale. Urgence à protéger la Terre mais également à nous protéger nous-mêmes contre les dérèglements du climat et la rareté grandissante des ressources !» A son retour, Philippe Perrin veut pousser un cri d’alarme mais il n’est pas entendu : «A l’époque, on ne s’intéressait pas comme aujourd’hui aux problèmes environnementaux» déplore-t-il. En 2007, le Grenelle de l’Environnement initié par le Président Sarkozy, va, dit-il, le «rassurer» mais presque cinq ans plus tard, ses inquiétudes refont surface : «Je voudrais une écologie pour tous mais la chose environnementale a été kidnappée par un parti politique. Elle dérive vers quelque chose de trop politisé, de trop dogmatique. Je trouve cela inadmissible et dangereux.»

 

Manque de position, d’ambition, de vision

S’appuyant ainsi sur le Grenelle de l’Environnement, Philippe Perrin dit vouloir une écologie «plus rationnelle, avec des objectifs simples et pragmatiques» : «Je ne suis pas pour la décroissance mais pour un changement de modèle de développement. Par exemple, je préfère des éoliennes en mer que dans le Lauragais.» Mais le suppléant de Christine de Veyrac prône aussi une politique «plus volontariste» en matière de développement durable, dans un département «qui comme le conseil Régional, se donne bonne conscience en installant des chauffe-eau solaires sur le toit des écoles», «n’est même pas signataire de l’Agenda 21, ni du programme “Habiter mieux”, (programme d’aide à la rénovation thermique des logements, ndlr). Diminuer la dépense énergétique plutôt que de la financer est une priorité pour une collectivité locale» commente Philippe Perrin.
Et de pointer du doigt le manque de position «claire» des écologistes sur le nucléaire, alors que «Toulouse est sous les vents dominants de Golfech» et le manque d’ambition de la conseillère générale sortante du canton 1 : «Si le bilan de Madame Lafforgue est d’avoir maintenu l’assainissement de l’eau, c’est le minimum légal que l’on attend du conseil Général. Habitant Toulouse, je suis sensible à la qualité de l’eau et j’en attends plus», en référence notamment aux rejets médicamenteux par les centres hospitaliers.
Autre critique à l’encontre des programmes Verts Europe Ecologie et PS sur la rénovation du logement, en priorité social : «Les gens les plus démunis en termes de précarité énergétique ne vivent pas en logement social. 65 % d’entre eux sont de petits propriétaires et des personnes âgées pour une grande partie». Plus globalement, Philippe Perrin dénonce le manque de vision à court terme des politiques locaux en place : «Dans le spatial, on est toujours obligé d’imaginer ce qui va se passer. On ne peut pas monter dans un avion sans plan de vol. C’est ce qui manque à Toulouse aujourd’hui.»
Des cantonales en forme de “giant step” politique pour le recordman français des sorties extravéhiculaires ?

Claire Manaud




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