Patrick Caujolle dévoile les mystères de notre département

Saviez-vous que le brouillon de l’un des plus grands livres de la littérature française fut trouvé par hasard aux “puces” de Saint-Sernin ? Connaissez-vous les forcenés de Blagnac ? De l’“espion” de Léguevin à la récente affaire Viguier, découvrez la face cachée d’un département aux multiples visages, grâce aux “Nouveaux mystères de Haute-Garonne” de Patrick Caujolle.

 
Patrick Caujolle, vous sortez un nouveau tome de vos “Mystères de Haute-Garonne”. Notre département est-il si riche en histoires insolites ?
Bien sûr. Dans toute la diversité qui est la sienne, du Lauragais au Comminges en passant par le Volvestre ou le pays toulousain, notre département regorge d’histoires, petites ou grandes, qui méritent de retrouver la lumière. Elles sont en quelque sorte la mosaïque et le reflet de notre histoire.

Comment procédez-vous pour exhumer toutes ces histoires ?
Plusieurs moyens sont en fait à ma disposition. Les archives départementales et les bibliothèques bien sûr, Internet, qui met à notre disposition bon nombre d’ouvrages numérisés… Mais dans ce dernier livre, c’est surtout le témoignage humain que j’ai privilégié, car c’est à la fois celui qui offre les révélations les plus saisissantes et celui qui permet de débusquer des faits véritablement inconnus de tous.

Vous considérez-vous comme un écrivain, un enquêteur ou un historien ?

Aucun des trois en vérité. Car ce livre se veut plus un livre “d’histoires” qu’un livre “d’Histoire” et mon unique prétention, au contraire de l’historien, est de partir de l’anecdote pour mieux faire connaître au lecteur ce que furent les événements ou les personnages atypiques de notre région. L’enquêteur, quant à lui, part d’une énigme pour tenter de la résoudre : moi, je les dévoile. Quant au qualificatif d’écrivain,  je le trouve encore un peu lourd pour mes frêles phalanges ! Donc, je me qualifierais plutôt de découvreur, de révélateur ou de «ressusciteur» en quelque sorte. Ceci dit, j’ai également écrit trois recueils de poésie, de “création”, qui ont été primés à Beaune, à Lyon et en Béarn et qui m’ont permis de côtoyer des gens aussi disparates que “Jo” Moustaki, Francis Lalanne ou… Dominique de Villepin.   

  

En Tarn-et-Garonne aussi

Quelles histoires ont retenu particulièrement votre attention ?
Disons que j’aime beaucoup ce “conte de fée” commingeois qui a vu, en 1814, des soldats britanniques dérober une mule à un pauvre paysan apeuré. Deux jours plus tard, la mule était revenue au domicile avec sur son dos, toute une partie des réserves d’or de l’armée anglaise. Et j’ai également beaucoup de respect pour ce professeur toulousain qui, après avoir acheté pour un prix modique un vieux grimoire aux puces de Saint Sernin, a passé dix ans de sa vie à tenter de découvrir celui qui l’avait annoté plusieurs siècles auparavant. Et il y est parvenu, mettant à jour les origines de l’un des plus grands livres de la littérature française et réveillant la gourmandise des Américains qui voulaient ensuite le lui acheter pour une somme colossale.   

Vous avez également sorti un livre sur les mystères du Tarn-et-Garonne. Pouvez-vous nous en parler ?
Dans la même veine, c’est un ouvrage qui m’a permis de découvrir que l’un des plus petits départements de France est aussi l’un des plus riches en histoires et en légendes. Des “400 coups” du siège de Montauban en passant par la découverte de ce corsaire local qui a écumé toutes les mers du monde, ou par les fabuleux destins de diverses personnalités, j’ai là aussi lié ma plume aux événements et aux hommes de cette terre. J’y ai aussi découvert des gens d’une sincérité et d’une convivialité attachantes.

Un kaléidoscope

Pourriez-vous écrire sur les autres départements de la région et notamment l’Ariège dont vous êtes originaire ?

Ecrire sur les “Mystères” de l’Ariège serait bien sûr un plaisir si cela n’avait déjà été fait par un autre auteur ariégeois des éditions De Borée. Ceci dit, pourquoi pas un jour un livre sur Daumazan, commune qui est mienne.

Pensez-vous déjà à un tome 3 des mystères de Haute-Garonne ?
Non, a priori, pas dans l’immédiat puisqu’un autre livre du même type est prochainement prévu sur le Gers. J’ai de surcroît commencé la rédaction d’un roman policier sans toutefois abandonner la poésie. Et qui plus est, j’ai toujours une activité professionnelle. Mais voyez-vous, ce qu’il y a d’agréable avec “Les Nouveaux Mystères de Haute-Garonne”, c’est qu’ils m’ont permis de déceler et de restituer des facettes inconnues de ce département dans des domaines aussi disparates que le criminel, le religieux, l’historique ou le patrimonial. Et je dirais qu’il est un kaléidoscope, une palette où mes mots ont tenté de poser leurs couleurs sur le squelette du temps. Je souhaite que le public prenne autant de plaisir à la lecture de cet ouvrage que j’en ai pris à sa réalisation.

Propos recueillis par Sophie Orus

“Les nouveaux mystères de Haute-Garonne”
Editions De Borée
Patrick Caujolle sera en dédicace  
à la librairie d’Auchan Gramont le samedi 4 juin
dans l’après-midi et le dimanche 19 juin
au salon du livre de Ste Foy de Peyrolières


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