Pascal Obispo ; Vendeur de rêves

En amont de son concert le 6 avril prochain au Zénith de Toulouse, Pascal Obispo est passé par la Ville rose afin de rencontrer son public et d’évoquer le concept de son nouveau show : «Welcome to the magic world of Captain Samouraï Flower». Un spectacle dans lequel le chanteur bordelais se transforme en héros moderne et écolo héritier de Sergent Pepper’s. Rencontre.

 
Pascal Obispo, vous étiez à Toulouse le 17 mars dernier pour un forum à la rencontre de votre public. Etes-vous habitué à ce genre d’exercice dans le cadre de vos promos ?
Tout s’est très bien passé mais on ne peut pas dire que ce genre d’événement relève pour moi de la promo : ce sont avant tout des rencontres avec les gens. J’ai l’habitude après tous mes concerts d’aller dehors signer des autographes et faire des photos. Je me dois de le faire car le public en a besoin, il m’a choisi. Beaucoup d’artistes ne le font pas et c’est peut-être en réaction à leur comportement que je vais à la rencontre des fans ! Il faudrait que l’homme soit aussi beau, voire plus beau que ses chansons.

Vous revenez sur scène avec un nouveau spectacle dans lequel vous vous transformez en Captain Samouraï Flower. Comment est née l’idée d’un tel personnage ?
J’avais envie de faire un spectacle différent, avec une animation, et j’ai donc inventé ce personnage. Je voulais du poétique, du coloré, du positif, pour parler de sujets sérieux comme la tolérance ou l’écologie. Je préfère les aborder de façon joyeuse plutôt que d’être plombé par le pragmatisme. Etre un chanteur d’amour et d’espoir, c’est mieux que d’être un chanteur réaliste. Et c’est toujours marrant de se déguiser !

 

« La chanson réaliste m’emmerde »

Comment s’articule le spectacle ? Ne craignez-vous pas que vos fans ne retrouvent pas le Pascal Obispo qu’ils aiment ?
16 animations sont projetées sur grand écran avec l’envie de créer un seul univers à travers le personnage de Captain Samouraï, qui n’est pas un pollueur comme vous et moi. C’est un être parfait. Mais je rassure le public : sur scène, je chante également mes anciens titres. Le public me reconnaît à moment donné puisque j’interprète “Lucie”, “Tombé pour elle”, “Fan”… et la première partie du concert s’effectue autour d’un piano.

On sent dans le look de votre personnage et dans le choix des animations un clin d’œil aux dessins animés japonais…
Personnellement, je suis très influencé par les animations japonaises à la Miyazaki, pleines de romantisme et de poésie. Mais je pense également aux clips de Gorillaz ou Daft Punk. Quand on n’a pas de culture de manga, qu’on n’a pas grandi avec Akira ou Dragon Ball, ou même plus tard avec les Pixar, qu’on n’a pas d’enfant, ma démarche est plus difficile à comprendre. Ceci dit, je n’ai pas envie de me justifier car je pense que c’est un art qui peut être compris par tous.

N’avez-vous pas peur que l’on vous prenne pour un idéaliste ?
Beaucoup de gens n’agissent pas ou ne font que parler. Je fais partie de ceux qui passent à l’acte. Je n’aime pas être dans la noirceur. La chanson réaliste actuellement m’emmerde. Je suis très copain avec Bénabar, j’ai même vu son spectacle. Mais je préfère être dans le rêve, ailleurs. Les messages que je véhicule ont beaucoup trop de fond et doivent être abordés de façon légère et naïve, avec des mots simples.

Votre paternité est-elle également à l’origine de ce projet ?
La paternité m’a permis de retrouver une fraîcheur et une innocence dans les sujets que j’aborde. Je pense que le retour à l’enfance, quand on vieillit, est un phénomène que l’on prend violemment dans la face, cette espèce d’envie de retrouver des souvenirs du passé, des odeurs… Tout le monde le vit. J’en discute souvent avec Jean-Louis Aubert qui a basé toute sa carrière sur cette notion. C’est un grand enfant et je me suis retrouvé dans sa musique. Il faut accepter d’être à 45 ans un gosse de 12 ans. Etre père a renforcé cette philosophie. Avec les enfants, on retombe forcément dans l’innocence et il faut préserver cette pureté perdue. Je me refuse à entrer dans un système trop ancré dans la réalité car je trouve cela archaïque, noir, castrateur et nombriliste. J’ai envie de respirer.

 

20 ans de carrière l’année prochaine

Ce spectacle est-il un tournant dans votre carrière ?
Je considère que j’ai une ligne droite dans ma carrière : toujours proposer des spectacles différents. Avec ce show, j’ai déjà fait pas mal de dates et quand je vois les gens heureux, les bras en l’air à la fin du show, c’est un vrai témoignage de reconnaissance.

Pourriez-vous donner suite au Captain Samouraï Flower avec un nouveau concert ces prochaines années ?
Non, j’aime bien changer. L’année prochaine, je vais fêter mes 20 ans de carrière avec un concert plus minimaliste qui rencontrera plus de succès auprès du “peuple réaliste” ! Je prépare aussi une comédie musicale. J’essaie d’enchaîner les projets et d’être toujours dans ce que je sais faire de mieux.

Avec tous ces projets, avez-vous encore le temps d’écrire pour les autres ?
Oui, ce n’est pas très long d’écrire pour les autres. Il suffit qu’on nous le demande ! Après, il faut savoir conserver la fraîcheur des enfants qui permet de faire la différence entre ce que l’on écrit et ce qu’on livre. Lennon disait : «McCartney écrit et moi je livre». C’est ça le rock’ n’roll ! A partir du moment où on intellectualise trop les choses, on ne rêve plus. Le vrai rock’n’roll, c’est l’acte spontané, pur, irréfléchi. C’est mon credo. On doit aider les gens à s’évader car ils ne demandent que ça aujourd’hui. Tout le monde peut bricoler de la musique mais faire du grand rêve, ce n’est pas donné à tout le monde. Moi j’ai choisi mon camp.

Propos recueillis
par Sophie Orus


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.