Pascal Jardel; La vie comme un film

Ce Toulousain de 29 ans trimballe ses bobines et ses caméras depuis son plus jeune âge. Véritable autodidacte, Pascal Jardel est un cinéaste dans la plus pure définition du terme.

 
Il possède ses bureaux juste en face du cinéma ABC, en plein cœur d’un secteur que la mairie de Toulouse souhaite transformer en quartier du cinéma. Pascal Jardel n’y prête pourtant que peu d’attention, préférant se consacrer à sa passion de cinéaste, en toute liberté. Ce Toulousain de 29 ans, à la tête d’une société de production, a déjà écrit le scénario de sa vie, et ce depuis son plus jeune âge : «Quand j’étais à l’école primaire, mes copains jouaient au foot et moi je faisais semblant de les filmer. Je me suis très vite lancé dans la vidéo, à l’âge de 15 ans et l’année suivante, j’arrêtais les études pour travailler et acheter du matériel.» En véritable autodidacte, Pascal refuse d’intégrer une école de cinéma, «pour ne pas tomber dans la norme et garder une créativité», et commence ses premiers essais vidéo en 1995.

 

La chute de son propre film est claire : il sera réalisateur et producteur. C’est en ce sens qu’il monte il y a deux ans sa société de production cinématographique à Toulouse, Dream Life Cinema. «Je ne travaille que sur des long-métrages que j’ai moi-même écrits. Cette boîte ne rapporte pas encore d’argent puisque les films produits n’ont pas de budget mais cela prouve qu’on travaille avec le cœur et pour la passion du cinéma.» Car ce qui fait l’originalité de ce jeune artisan du grand écran, c’est bien cette envie de réussir à faire des films qui lui correspondent, n’en déplaise aux mauvaises langues : «Je suis quelqu’un de très particulier car je n’ai aucune culture cinématographique. Je n’ai pas le temps de regarder la télé, d’aller au cinéma et je ne possède aucun DVD ! Si j’ai du temps, je préfère écrire un scénario. Du coup, je n’ai pas de référence, mais ce n’est pas plus mal car je développe mon propre style, sans aucune influence.» Pascal Jardel fonctionne de la même manière dans son travail en privilégiant l’instinct à la technique : «A 15 ans, je me rappelle avoir suivi un atelier : le prof disait de ne jamais filmer le soleil de face car cela abîme la caméra. 90 % vont appliquer ça comme une religion mais pour moi c’est des conneries ! Je fais ce qui me plaît sans me soucier des contraintes techniques. Pour un film, je n’élabore pas de plan de cadrage, je filme à l’instinct et au moment, parfois même quand les acteurs ne jouent pas leurs scènes.»

 

Bientôt à Cannes pour “Lisa”

C’est cette philosophie que le cinéaste a appliquée à son dernier long-métrage, coréalisé avec le chanteur Thierry Obadia. Amis de longue date, les deux artistes ont décidé l’année dernière d’associer leurs talents pour une même histoire, celle de Lisa : «Il y a quelques années, Thierry a écrit un scénario à partir d’une de ses chansons, “Si je meurs”. Au départ, on devait en faire un court-métrage mais en allant à Cannes présenter la bande-annonce, les professionnels nous ont encouragés à en faire plus !» Au final, les deux acolytes se sont lancés dans la réalisation d’un film sur les terres de Midi-Pyrénées, avec des acteurs et des techniciens du cru, tous bénévoles. Le montage vient de se terminer et le DVD ne devrait pas tarder à sortir. «On sera à Cannes dans trois semaines pour présenter “Lisa” à la 48ème semaine internationale de la critique et pour une projection au Martinez. Un film, c’est comme un bébé, il faut le faire grandir et lui faire voir le monde.»
Grandir et voir le monde, c’est ce qu’espère Pascal Jardel qui ne manque pas de projets pour 2009 : il prépare avec Thierry Obadia la suite des aventures de Lisa et prévoit d’entamer le tournage de l’une de ses créations, un polar dans le Grand Toulouse. Et le Toulousain ambitionne également de passer plus souvent devant la caméra : «Depuis plusieurs années, un acteur bout en moi !» Réalisateur, producteur, monteur, acteur… Celui qui avoue «travailler 8 jours sur 7» et «ne pas se reconnaître dans le cinéma français» pourrait bien crever l’écran dans les années à venir.

Sophie Orus


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