Partis du Centre ; En quête d’un leader

En attendant le congrès des 14 et 15 mai prochains qui doit dessiner le nouveau visage centriste français, quatre partis sympathisants rassemblent à Toulouse leurs forces respectives à un mois et demi des cantonales. Leur objectif : casser l’hégémonie du PS. Explications avec Jean-Jacques Bolzan, secrétaire départemental 31 du Parti Radical.

 
Jean-Jacques Bolzan, quatre partis centristes se sont rencontrés dernièrement à Toulouse afin de mutualiser leurs moyens à la veille des cantonales. Comment s’est opéré ce rassemblement ?
A l’occasion des ateliers de Lyon du Parti Radical qui ont marqué un tournant dans notre positionnement, Jean-Louis Borloo a rassemblé tous les républicains, les centristes, les écologistes, autour d’une même sensibilité. A partir de là, nous avons impulsé un mouvement qui sur Toulouse, permet aujourd’hui, à un moi et demi des cantonales, la réunion de l’Alliance centriste, du Nouveau Centre, de la Gauche moderne et du Parti Radical.

De quels moyens humains disposez-vous pour cette échéance électorale ?
Nous présentons cinq candidats : un Nouveau Centre sur Tournefeuille et quatre radicaux. D’autres candidats non encartés nous ont demandé aussi notre soutien.

Quelles sont les valeurs qui vous unissent ?
De manière générale, nous voulons remettre au goût du jour la laïcité, l’humanisme l’esprit républicain. Nous voulons davantage d’élus sur le terrain, être à l’écoute des Hauts-Garonnais, faire de la politique autrement. Il y en a marre de tous ces élus qui briguent des mandats et que l’on ne voit jamais. Et au niveau départemental, arriver à fédérer les habitants afin de casser l’hégémonie d’une même famille politique, et de ce fait, rendre plus équitable la représentation de la population au sein de l’assemblée départementale.

 

Une caste qui vit bien

Vous faites allusion au PS ?
Oui. Ce parti est aux manettes de tous les échelons de la vie locale et quand on lit par exemple, les rapports de la Chambre régionale des Comptes, notamment à propos de la mission locale départementale, ou du comité départemental du tourisme, on se rend compte que depuis des années des dysfonctionnements dans la gestion sont apparus : une partie de l’argent devant servir à aider les plus démunis à servi d’autres intérêts particuliers. Ils ont un discours social mais qui n’est pas en adéquation avec leurs actes. C’est une caste qui vit bien mais les précaires restent tels quels.

Quelle place le PRG prend-il dans ce projet centriste ?
Pour l’instant, des rencontres ont lieu entre Jean-Michel Baylet et Jean-Louis Borloo.

Lundi soir, vous avez rencontré Pierre Claret, délégué départemental du MoDem. Qu’est-il ressorti de vos discussions ?
Nous habitons le même canton. L’entretien a été très cordial et notre vision de l’avenir politique du Centre se rejoint. D’autre part la question de participer à notre projet de rassemblement centriste sera évoquée lors d’un prochain conseil départemental MoDem.
Sur le canton 13, sur lequel je me présente, il n’y aura pas de candidat MoDem. Il n’y en aura pas non plus sur Tournefeuille, sur le canton 7 et canton 14 ainsi que sur le canton de Muret.

Vous êtes également en contact avec les Verts ?
Effectivement nous sommes en contact avec certaines personnes de mouvements écologistes qui seraient susceptibles de travailler avec nous dans le futur.

Qu’adviendra-t-il de votre alliance avec l’UMP ?
C’est le Congrès de Mai 2011 qui déterminera notre position mais nous demeurons des alliés de la majorité présidentielle.

 

Un mouvement de type UDF

Vous voulez rassembler de toutes parts mais les électeurs vont-ils s’y retrouver ?
Il faut en effet, faire attention à ne pas faire un trop grand écart qui nous conduirait au claquage ! Rassemblons dans un premier temps les républicains sociaux, les démocrates, radicaux et centristes autour d’un projet commun. Après, rien n’est figé.
Nous invitons tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs laïques, d’humanisme, de justice sociale, à venir nous rejoindre.

A termes, ce rassemblement est-il propice à la refondation de feu l’UDF ?
Ce serait une nouvelle confédération politique indépendante rassemblant l’ensemble des formations centristes, républicaines, sociales et écologistes. Je pense que les électeurs attendent un mouvement de ce type, qui traite de l’économie sans pour autant laisser tomber le social. Or, si vous regardez bien l’échiquier politique, vous avez aujourd’hui d’un côté, des partis qui traitent d’économie sans parler de social et de l’autre, des partis qui prônent l’assistanat avec peu de références à l’économie. Pour distribuer les richesses, il faut que l’économie tourne et nous devons arriver à un juste milieu entre l’économie et l’humain.

Un sondage révèle que 64 % des Français souhaitent une candidature unique des centristes à la présidentielle. Qu’en pensez-vous ?
Nous allons dans le sens de ce qu’attendent les Français. Ils attendent une candidature qui soit à la fois sociale et républicaine : la définition même de ce qu’est le Centre.

Qui voyez-vous à la tête de ce mouvement ?
Je pense que Jean-Louis Borloo a montré avec le Plan de cohésion sociale et le Grenelle de l’environnement qu’il était efficace. La notoriété est importante également mais elle ne suffit pas. Il faut selon moi une bonne méthode et la sienne fonctionne.

Propos recueillis
par Claire Manaud


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