Parti Radical de Gauche (31) ; “ La vidéosurveillance, un moyen, pas une finalité ! ”

Ce vendredi, la question de la vidéosurveillance à Toulouse sera débattue au conseil municipal. Pierre Nicolas, secrétaire général de la Fédération 31 du PRG/Conseiller Municipal délégué de Colomiers et Bruno Amiel Conseiller Municipal délégué de Toulouse, voient en ce dispositif une atteinte aux libertés individuelles.

 
Le tout sécuritaire est-il une panacée pour lutter contre l’insécurité ?
La délinquance semble augmenter que ce soient les actes réels répréhensibles (attaques sur les biens ou sur les personnes, vandalismes) ou les actes d’incivilité de moindre importance ce qui entraîne, au sein de la population nationale, un certain développement du sentiment d’insécurité. La vidéo surveillance est présentée depuis des années déjà, par les politiques de droite relayées par certains medias, comme la réponse à cet état de fait. D’un point de vue éthique et philosophique, nous Radicaux de Gauche sommes opposés à la vidéosurveillance et condamnons fermement cette volonté affichée du gouvernement de droite d’aller vers le tout sécuritaire, vers la tolérance zéro.

Vous estimez donc que la vidéosurveillance est une atteinte aux libertés individuelles ?

Nous considérons que la vidéosurveillance telle que présentée est une atteinte aux libertés individuelles et constitue un réel danger pour la démocratie. D’autre part les expériences à Londres ou encore ici en France à Lyon ne démontrent pas une réelle efficacité en termes de sécurité, et ce malgré le coût élevé voire excessif du dispositif. Néanmoins, nous sommes aussi conscients en tant qu’acteurs de notre société, et qu’acteurs politiques, en tant que partie prenante de la gauche et ici, à Toulouse, de la majorité municipale, que nous devons répondre aux attentes de sûreté et de tranquillité de la population.

On en revient à la notion d’“angélisme” que l’on prête souvent à la Gauche !
C’est vrai que nous touchons ici un paradoxe qu’il nous faut résoudre : l’augmentation du sentiment de sûreté pour nos con- citoyens sans toucher aux libertés fondamentales, avec comme problème sous jacent, le fait que la droite ne cesse de nous accuser, nous élus de gauche, de laxisme. Nous avons d’ailleurs le sentiment, nous Radicaux de Gauche, que la vidéo surveillance sert de cache-sexe à cette droite autoritaire et libérale, la même droite, qui nous taxe de laxisme, qui favorise la peur de nos concitoyens, qui taille et dégraisse à tout va dans les fonctionnaires et notamment au sein de forces de police et de gendarmerie, qui a fait disparaître la police de proximité, la même droite, qui finalement tente de faire porter le coût de la sécurité aux municipalités.

Alors, la vidéosurveillance, moyen ou finalité ?
Nous considérons que sur un plan strictement pratique la vidéo surveillance ne peut être qu’un moyen et non une finalité en soi. La vidéosurveillance doit rester un moyen au service des forces de police (qu’elles soient municipales ou nationales), et non remplacer l’humain. Dans le cas où le développement de la vidéosurveillance serait une réalité à Toulouse, voici deux pistes de réflexion que nous vous soumettons dans l’objectif que ces systèmes soient au service de nos concitoyens : d’une part que des panneaux clairs et précis précisant les zones filmées soient apposés dans les rues concernées ; d’autre part, qu’elle soit couplée à une Brigade d’Intervention Immédiate de la Police Nationale ou Municipale, afin que nos concitoyens se sentent plus en sécurité et notamment dans les zones à fort passage (place du Capitole, Wilson, métros…), ainsi que peut-être, dans les zones péri-urbaines sensibles. Néanmoins et pour finir sur ce thème, nous considérons comme Benjamin Franklin que «Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux».

Propos recueillis
par Gérard Pique


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