PAN ; Plus de 400 témoignages annuels

Yvon Blanc n’a pour l’heure jamais vu de petits hommes verts. Pourtant il serait bien placé pour les rencontrer puisqu’il est responsable du GEIPAN depuis début 2009 ; ce Groupe d’Etudes et d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés a entre autres pour mission de répondre aux interrogations et aux attentes de la population face à ces phénomènes sur le territoire français. Interview.

 
Monsieur Blanc, les petits hommes verts existent-ils ?
Si c’est le cas, je ne les ai pas vus, pas encore du moins ! On n’a aucune preuve concrète, palpable, de ce genre de choses pour l’instant.

Aujourd’hui on préfère utiliser le terme de PAN à celui d’OVNI. Pour quelle raison ?
Effectivement, PAN, que l’on retrouve dans GEIPAN, signifie Phénomène Aérospatial Non identifié. Le terme OVNI n’est réservé qu’à une catégorie particulière de PAN derrière laquelle on est sûr de la présence d’un objet matériel, d’où le O de OVNI pour Objet Volant Non Identifié. En réalité la grande majorité des observations qui nous sont rapportées concernent surtout des phénomènes lumineux sans forcément la présence d’un objet matériel derrière.

Justement, qu’est-ce que le GEIPAN observe à l’heure actuelle ?
Les lanternes thaïlandaises nous occupent beaucoup ! On en a une vraie prolifération ! Ce sont tout simplement de petites montgolfières en papier qui sont lâchées à l’occasion de cérémonies ou de fêtes. C’est une tradition venue d’Asie du Sud Est et à chaque lâcher, les gens font des vœux. Comme elles sont très peu coûteuses, on en trouve d’ailleurs beaucoup sur Internet, il est très facile de se les procurer. Malheureusement, on est obligés de traiter ces cas comme les autres. On est là pour ça. Sinon depuis pratiquement deux ans, on n’a pas de phénomènes exceptionnels, qui présentent un degré d’étrangeté très fort, comme les grands cas classiques que l’on a connus dans les années 70 et après.

A-t-on une idée du nombre de témoignages que vous y recevez ?
Ils sont nombreux : on en reçoit en moyenne un et demi par jour. Ce qui en fait un peu plus de 400 sur une année. Sachant qu’en raison d’un manque de moyens, il y a un délai de traitement. Mais vous savez, il n’y a que 10 % des gens qui ont vu quelque chose, qui témoignent. C’est très peu.

Sur notre région ?
On doit avoir pour Toulouse une trentaine de témoignages ces deux dernières années. Mais pour l’instant, rien d’étrange.

 


Les mentalités évoluent

Quel est le parcours du témoignage ?
Dans le cas d’un témoignage direct au GEIPAN, on incite les gens à prévenir les gendarmes qui sont en quelque sorte les premiers enquêteurs du GEIPAN. Répartis sur tout le territoire, ils connaissent la population locale, et sont donc à même d’évaluer le sérieux du témoignage, à faire une première enquête de terrain. Autre chose qui a aussi son importance : en cas de traces au sol, ils sont à même de baliser le terrain pour ensuite permettre aux laboratoires spécialisés, de faire des prélèvements, des analyses. Nous avons des accords avec la gendarmerie nationale depuis les années 70, qui nous transmet ses procès-verbaux. A nous de juger alors si l’enquête préliminaire de gendarmerie est suffisante ou s’il est utile de l’approfondir nous-mêmes sur le terrain. Mais nous travaillons aussi avec la police, l’aviation civile, les météorologues, ou encore les sémaphores qui scrutent 24h/24 les côtes françaises.

Vous classez ces témoignages selon 4 grandes catégories…
Oui. Dans la première, nous classons les phénomènes expliqués à 90 % ou 100 %, ce qui représente environ 40 % des cas (Catégories A et B). Environ 30 % des cas ne sont pas exploitables parce que le témoignage n’est pas assez détaillé (Catégorie C). 20 % de cas inexpliqués ont bénéficié d’une enquête approfondie (Catégorie D) mais dans ce quota, très peu de cas présentent un degré d’étrangeté très fort, comme une trace au sol par exemple.  

Mais quand même, les pilotes décrivent des phénomènes…
Oui. Ils sont habitués à observer le ciel, et ont par conséquent une bonne approche pour appréhender à la fois les distances, les couleurs, les formes des objets. Ils nous apportent quand même pas mal de témoignages, très détaillés, qui décrivent pour la plupart des objets, des phénomènes aux vitesses et trajectoires incompatibles avec notre technologie actuelle. Ce sont des cas que l’on n’a pas élucidés. C’est assez étrange, en effet.

A une époque, ils ne pouvaient pas trop parler de ce qu’ils avaient vu…
Oui mais les mentalités évoluent. Quoiqu’il en soit, tous les témoignages que nous recueillons au GEIPAN sont anonymes. Les témoins peuvent être tranquilles, leur nom n’apparaît dans aucun document publié par nous tout au moins. C’est pour nous une manière de motiver à la fois les pilotes et les contrôleurs aériens à témoigner sans contraintes, sans risques. Nous donnons d’ailleurs des conférences de sensibilisation à toutes les promotions de contrôleurs aériens justement en accord avec l’aviation civile, afin leur donner les bons réflexes face à une telle situation.

Quels sont ces réflexes ?
De ne pas s’affoler et lorsqu’il y a risque de collision, nous les incitons à faire un rapport une fois au sol qui nous sera transmis pour analyse et enquête éventuelle.

Propos recueillis
par Claire Manaud


www.cnes-geipan.fr


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