Ouverture du procès; Un maître mot : vérité

Le procès historique de la catastrophe AZF s’est ouvert ce lundi dans une ambiance baignée d’émotions et une salle d’audience comble. Les protagonistes sont unanimes : ils veulent que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à Toulouse le 21 septembre 2001.

 
Il est environ 13 h ce lundi quand les anciens salariés d’AZF arrivent devant les portes de la salle Jean Mermoz. Casquette blanche vissée sur la tête portant en lettre rouges l’inscription «AZF : la vérité», ces victimes qui dénoncent la thèse officielle de l’accident patientent alors que d’autres parties civiles se pressent à l’entrée de la salle d’audience. Des parties civiles qui marchent en ordre dispersé, à l’image de ces sept années de discorde entre les diverses associations. Gérard Ratier, président des familles endeuillées d’AZF ayant perdu son fils dans la catastrophe, attend beaucoup de ce procès : «Je ne cherche pas à faire tomber des têtes car cela ne ramènera pas nos proches. L’instruction a connu beaucoup de lacunes et j’espère que ce procès apaisera les esprits et conduira enfin à la vérité.»
Devant plus de 1 000 parties civiles, une nuée de journalistes et un public venu nombreux, le président du tribunal correctionnel de Toulouse, Thomas Le Monnyer, semble avoir mesuré les attentes des victimes et ouvre la première audience par un avertissement suite aux «dissensions entre certaines parties civiles» : «Le tribunal ressent l’émotion immense qui vous étreint tous. Sachez que le tribunal ne fera aucune distinction entre les victimes, parties civiles ou non, quelques soient leurs éventuelles réserves ou critiques quant aux conclusions de l’information judiciaire.»

29 + 2

Cette première journée a surtout été marquée par l’appel à la barre des deux prévenus Serge Biechlin et la société Grande Paroisse représentée par Daniel Grasset afin de leur présenter les divers chefs d’accusation et d’énumérer un à un les noms des 29 victimes officielles décédées suite à la catastrophe. Et le tribunal d’accepter d’ordonner «la jonction de deux cas supplémentaires», à la demande des familles, portant le nombre de victimes à 31.
Le marathon judiciaire entamé ce lundi a déjà donné une idée des moments forts de ces quatre mois d’audience prévus. Les “choses sérieuses” commenceront réellement début mars avec un retour sur l’événement du 21 septembre 2001, les victimes et l’histoire du site. Du 18 au 20 mars, le tribunal devrait évoquer le déroulé de l’enquête judiciaire avec les premiers exposés d’experts dont le controversé Daniel Van Shendel. Ce témoin capital reviendra à la barre le 26 mars avant d’étudier du 7 au 17 avril les éléments matériels comme les photos ou les divers enregistrements. Les différentes pistes «trop vite écartées» pour certains seront à nouveau examinées à partir du 21 avril avant d’être confrontées à la thèse officielle de l’accident du 5 au 26 mai. Le 15 juin débuteront les diverses plaidoiries jusqu’à la fin du procès, pour un délibéré rendu mi ou fin novembre. Après quatre mois de procédure, les Toulousains devront encore attendre plusieurs longues semaines avant de connaître la vérité. Du moins celle de la justice…

Sophie Orus


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