Ours pyrénéen : l’Etat persiste et signe

Pour tous les acteurs de ce dossier, oui le moment est venu de devenir responsables, qu’ils soient représentants de l’Etat, président d’associations ou acteurs de l’économie locale. Car n’oublions pas que «Conserver l’ours dans les Pyrénées est une obligation européenne». Et si nous ne la respectons pas, ce n’est pas simplement une amende que l’Etat aura à payer, c’est aussi l’ensemble des crédits européens pour les Pyrénées qui seront menacés et particulièrement les aides aux éleveurs de moutons et autres…

 
C’est en tout cas, le message que la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Chantal Jouanno, présente à Toulouse ce lundi, a rappelé avec beaucoup de sérénité aux membres du Comité de Massif des Pyrénées comme aux ONG régionales. Tout en appuyant, avec beaucoup d’arguments “irréfutables”, ce que devrait être à l’avenir la stratégie pyrénéenne particulièrement en matière de biodiversité. Rappelant, en l’occasion, que la préservation de l’ours brun dans les Pyrénées était aussi un facteur décisif pour la réussite de l’ensemble.

 

Des réintroductions au cas par cas…

Il n’y aura pas de réintroduction massive de l’ours brun dans les Pyrénées. Comme l’a confirmé la secrétaire d’Etat à l’Ecologie : «Sans pour autant condamner le plan ours qui avait vu la réintroduction dans le massif de cinq plantigrades originaires de Slovénie, force est d’admettre qu’aujourd’hui nous sommes inscrits dans un plan de conservation de l’ours qui repose sur une idée forte qui privilégie la croissance naturelle des ours. C’est-à-dire leur reproduction dans les Pyrénées, à des réintroductions massives car les conditions sociales ne sont pas réunies» ajoutant «Mais, chaque ours mort accidentellement sera remplacé». Ce sera le cas vraisemblablement en 2011 de Franska, cette ourse tuée par un automobiliste en 2007. Aux “pro-ours” qui craignent une croissance naturelle trop faible et des problèmes de consanguinité, Chantal Jouanno a annoncé, par alleurs, un «suivi annuel» des ours qui seraient aujourd’hui entre 19 et 22 et un plan B en quelque sorte en précisant que : «Si la population décroissait, nous envisagerions alors des réintroductions ciblées»…  
Les militants anti-ours, quant à eux, ont salué ces annonces qualifiées de «globalement positives», même s’ils déclarent rester «mobilisés sur le terrain» et toujours plus vigilants.  
Même écho du côté du CPNT, même si le parti Chasse, pêche, nature et traditions déclare dans un communiqué : «Le ministère de l’écologie a enfin rationnellement écouté la voix du terrain et des montagnards qui ne voulaient plus de cette politique du gadget écologique au détriment de l’économie et des usages traditionnels des Pyrénées».
Finalement et comme toujours quand on prend le temps d’expliquer, d’échanger, de commenter, de mettre chacun en face de ses propres responsabilités chaque interlocuteur, comme la Secrétaire d’Etat l’a si bien fait, ce lundi, très souvent le dialogue s’installe et la réussite est toujours au bout du chemin. Une leçon à retenir et quelque soit le domaine abordé.

Elodie Gallego




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