Opposition municipale de Toulouse ; Beaucoup de bruit… ?

L’information a secoué le cocotier politique local. Après une première scission à la région, la même mouche vient de piquer cinq membres de l’opposition au conseil municipal de Toulouse. Trois UMP, François Chollet, Marie Déqué, Chantal Dounot-Sobraques, et un Nouveau Centre, Serge Didier, forment désormais le groupe Toulouse Métropole, présidé par René Bouscatel (non-inscrit). Des élus qui se disent animés par «une ambition commune» et qui «tournés vers l’avenir et la modernité», veulent faire profiter Toulouse autant de leur expérience professionnelle que politique. Interview.

 
René Bouscatel, pourquoi avoir voulu cette scission au sein de l’opposition municipale ?
Je ne l’ai pas voulue. Des membres de “Toulouse pour Tous” ont souhaité former un groupe distinct dans l’opposition municipale. Ce sont cinq personnes qui ont des liens d’amitié, de confiance, et des sensibilités différentes – UMP, Nouveau Centre. Moi-même, je n’appartiens à aucun parti. Nous ne sommes pas des politiciens professionnels mais des professionnels qui font de la politique locale dans l’intérêt de leur ville et qui ont le désir de faire de la politique autrement.

Justement quel genre d’opposition le groupe Toulouse Métropole veut-il être ?
Nous voulons être une opposition plus constructive et ne pas avoir à nous positionner en termes de postures politiciennes. Nous voulons l’ouverture, c’est-à-dire plus de concertation avec les autres groupes d’opposition, pouvoir discuter en amont des problèmes plutôt que de se figer en conseil municipal et un management beaucoup plus collectif au sein de notre groupe. Pour ma part, je ne suis ni chef, ni patron, ni président. Je ne suis que le porte-parole d’un groupe qui a envie de travailler pour le quotidien et l’avenir des Toulousains.
 

Qu’avez-vous pensé par exemple du bras de fer qui a opposé lors du dernier conseil municipal le maire de Toulouse et Jean-Luc Moudenc sur la gestion de l’inauguration du tramway ?
Cela m’a un peu désolé. Je trouve que le maire a eu une position courageuse que je salue, en s’opposant aux syndicats dans leurs revendications. Il était tout à fait dans son rôle. Par contre je comprends moins que l’on n’ait pas anticipé pour essayer d’éviter justement ce conflit. Ce tramway que nous avons voulu et qui a été repris – ce qui est une bonne chose – nous n’avons pas à nous en approprier, les uns ou les autres, la paternité. L’important, c’est qu’il fonctionne pour Toulouse et les Toulousains.

Une décision supputée depuis longtemps

Quelle est votre ambition pour Toulouse ?
Etant dans un contexte de concurrence nationale avec d’autres villes françaises ou internationales, nous voulons faire de Toulouse, une véritable métropole européenne soucieuse de son identité et de sa culture, attractive, écologique, créatrice d’emplois, porteuse d’une ambition partagée et capable de préserver une qualité de vie reconnue.  

Pouvez-vous nous donner un exemple concret ?
Nous sommes un groupe très démocratique. Ce n’est pas à moi de vous dire l’idée que j’ai sur tel ou tel point. Nous allons définir ce projet ensemble et le ferons savoir.

A trois mois des cantonales, ne pensez-vous pas que cette initiative va fragiliser l’UMP et l’opposition municipale ?
Non je ne le pense pas. Les membres de l’UMP qui appartiennent désormais à notre groupe, restent des UMP convaincus. Ils règleront entre eux les problèmes internes à leur parti. Ce qu’ils veulent tout simplement, c’est un autre mode de fonctionnement, une ambition différente. Quant à l’opposition, elle ne peut qu’en sortir enrichie.

Est-ce une action contre Jean-Luc Moudenc ?
Absolument pas ! Cette décision l’a certainement déçu mais tout le monde la supputait depuis longtemps. Nous avons estimé que pour être plus efficaces, il valait mieux se positionner ainsi. Nous sommes dans l’opposition comme “Toulouse pour Tous” et sommes très près sur les idées.

Les électeurs jugeront sur pièces

Pensez-vous que votre groupe pourra amener un leader aux municipales ?
Peut-être, on n’en sait rien. Peut-être aussi y aura-t-il un grand rassemblement ? Ce sera de toute façon obligatoire si nous voulons gagner les élections. A ce moment-là une tête de liste émergera naturellement.

Jean-Luc Moudenc se positionne…
Oui c’est logique, il a été maire par intérim quand Philippe Douste-Blazy est entré au gouvernement. C’est normal qu’il se pose en successeur de lui-même et peut-être le sera-t-il. Je ne vous dis pas que je le souhaite ou pas. Ce n’est pas le problème. Encore une fois, nous souhaitons agréger les compétences, fédérer les énergies, additionner les talents et rassembler les générations. Faisons l’inverse de ce qu’il se passe ailleurs. Commençons d’abord à définir un programme, une méthode de travail et le leader émergera. Vous savez, le combat des chefs…

Les électeurs en auront peut-être assez de ces scissions…
Ils ont jusqu’en 2014. Ils jugeront sur pièces. Je ne crois pas que nous allons bouleverser du jour au lendemain l’échiquier politique de Toulouse parce que nous avons crée un deuxième groupe dans l’opposition.

Propos recueillis
par Claire Manaud


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