Oncopole : le point d’étape de Philippe Douste-Blazy

De passage à Toulouse pour le colloque de la Fondation de recherche médicale InNaBioSanté sur le thème des enjeux de la cancérologie, Philippe Douste-Blazy a profité de l’occasion pour faire un point d’étape sur le site de l’Oncopole. Un projet qu’il porte avec ses partenaires depuis plus de dix ans, annoncé au public en mars 2004 lorsqu’il était Maire de Toulouse au lendemain de l’explosion de l’usine AZF.

« Il faut garder notre ambition au plus haut » martèle Philippe Douste-Blazy, président de la Fondation InNaBioSanté, conseiller spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, Maire de Toulouse de 2001 à 2004. L’Oncopole de Toulouse, appelé lors de sa conception Cancéropôle, est un projet qui lui tient particulièrement à cœur. Lors de son mandat municipal, il prêche pour la diversification du tissu économique toulousain et lance donc le projet. Un lourd travail, mené en partenariat avec des entités publiques comme privées. Initiée en 2005, la Fondation InNaBioSanté est reconnue d’utilité publique en 2006.  « La Fondation a été créée pour accompagner les premiers travaux et les premiers pas de l’Oncopole » explique son président. Une des forces et originalité qui rend ce site unique en Europe est, selon les mots de Didier Miraton, DG de Pierre Fabre, « la vision partenariale et multidisciplinaire du projet. Cela constitue une grande chance dans la lutte contre ce fléau». L’Oncopole est construit de façon à pouvoir être un support transversal entre la recherche, le curatif, le suivi et la prévention du cancer. La France enregistre chaque année 365 500 nouveau cas (dont 14 700 en Midi-Pyrénées). D’énormes progrès ont été faits pour appréhender la maladie, « lorsqu’on voit la différence de pronostic en 1971 et aujourd’hui c’est le jour et la nuit» explique Philippe Douste Blazy et de poursuivre « la première chose que la Fondation ait faite c’est encourager l’innovation, les médicaments, les thérapeutiques » à l’exemple du soutien au projet Cancer Pharmacology Oncopole &Region (CAPTOR).

L’anomalie Sanofi

L’Université est très engagée dans le projet de l’Oncopole, « Le rôle de l’Université est prépondérant, car l’Université c’est la formation des chercheurs et celle-ci est fondamentale » explique Hugues Chap, vice-président de l’Université Paul Sabatier Toulouse III délégué à la santé. En témoigne aussi le déménagement sur le site de Langlade de la faculté de pharmacie et d’odontologie. Pour le vice-président, « l’Université représente un immense champ d’investigation qui peut inclure des disciplines que l’on attendrait moins dans le secteur médical comme les mathématiques ou la physique quantique. » Un bémol ou un point noir toutefois : l’absence de Sanofi dans le projet. Pour Philippe Douste-Blazy, « Sanofi devrait faire partie du projet et regrouper des biotechnologies ici car la notion de taille critique est majeure. C’est plus qu’un appel du pied qui est lancé ! » Et à plus forte raison vu les difficultés que le géant pharmaceutique rencontre pour sa restructuration. Le président d’InNaBioSanté complète : « il doit y avoir des start-up de biotechnologies, des relations entre public et privé, toute une partie sur l’accueil des malades, tant sur le curatif que sur le préventif. Il doit y avoir aussi une protonthérapie. » Une candidature a d’ailleurs été déposée à la banque européenne d’investissement, en partenariat avec l’Espagne pour pouvoir investir sur cette technologie particulière de radiothérapie.

 

« Il est normal qu’il y ait des hauts et des bas »

En réponse à quelques impatiences, le président de la Fondation explique : « Je suis très heureux de la rapidité d’évolution du site. Tant de choses construites en moins de dix ans, c’est peu courant en France pour un tel projet. C’est notamment grâce à Pierre Fabre et à l’Etat. Il est normal qu’il y ait des hauts et des bas dans l’évolution d’un projet d’une telle envergure. Nous sommes actuellement dans une période difficile car rien n’est ouvert, nous aurons ensuite une période de rodage. Nous aurons bientôt un outil extraordinaire, il faut garder l’esprit de départ. » Une position partagée par Didier Miraton qui précise : « Nous aurons sur le site de l’Oncopole une offre techniquement et scientifiquement complète. »

L’avenir du site, son rayonnement, et plus largement l’action de lutte contre le cancer dépend donc de l’alchimie partenariale entre public et privé, de l’émulsion intellectuelle qui émergera de la rencontre de tous ces chercheurs. Au chapitre des prochains rendez-vous, Philippe Douste-Blazy a annoncé plus d’informations sur la gouvernance le 4 juillet, et Benjamin Gandouet, directeur de l’Association de l’Oncopole, lors d’une précédente rencontre nous a confirmé deux dates majeures, sans plus de précisions sur les événements correspondants : le 15 juillet et au mois d’octobre. A suivre…

Marie-Agnès Espa

 

La visite de la ministre Marie-Arlette Carlotti

Le 13 juin dernier, la Ministre déléguée auprès de la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion est venu inaugurer le restaurant « L’hélice » de la résidence Fluvia. Créé sous l’impulsion de l’Association de l’Oncopole et exploité par le Centre de Rééducation des Valides Civils (CRIC), l’établissement a pour vocation de favoriser l’insertion de personnes en situation de handicap. 80% des salariés du restaurant sont reconnus travailleurs Handicapés. La Ministre Carlotti, après une visite de l’hôtel Fluvia, a tenu à apporter tout son soutien à cette entreprise adaptée en précisant : « L’emploi est quelque chose d’important dans la vie de quelqu’un, il participe à faire des citoyens accomplis. Le handicap n’empêche pas un travail et des prestations de qualité ». Egalement présent lors de cette visite, Pierre Cohen explique : « Ce lieu est extrêmement symbolique de la volonté de mobiliser les forces vives pour la lutte contre le cancer » car l’établissement accueillera les personnes qui se soigneront sur le site ainsi que leur famille.

 

 

 

 

Chronologie

31 mars 2004 : Annonce de la création du site par P Douste-Blazy

2006 : La fondation InNaBioSanté reconnue d’utilité publique

2009 : Démarrage de la construction de l’Institut Universitaire du Cancer

2010 : Ouverture des laboratoires Pierre Fabre

2013 : Fin du chantier de l’Institut Universitaire du Cancer

 

Retrouvez notre article sur l’Institut Universitaire du Cancer

http://www.lejournaltoulousain.fr/sante/institut-universitaire-du-cancer-de-toulouse-17043

 

Cancer : De nouvelles pistes de traitement prometteuses



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