Ce Toulousain défend les apiculteurs et les abeilles face aux pesticides

Élevé dans le bourdonnement des ruches, Olivier Fernandez défend les apiculteurs et leurs abeilles face aux pesticides. Le juriste de 27 ans a déjà réussi à faire interdire les épandages aériens. Première victoire d’un long combat.

Olivier Fernandez

Dac Phat Tran

MIEL Fils et petit-fils d’apiculteurs, Olivier Fernandez fabrique sa première ruche à six ans et « l’utilise encore, même si elle n’est pas pratique ». En 2002, il est, à 12 ans, le plus jeune inscrit au stage d’élevage de reines au lycée agricole d’Auzeville. Son chemin paraît tout tracé.

PESTICIDES Cette année-là, sa famille perd 80 % des abeilles de ses 50 ruches. Coupables de l’hécatombe : les insecticides à base de néonicotinoïdes mis sur le marché en 1994, comme le Gaucho par exemple, un produit 7000 fois plus toxique que le DDT.

DROIT Face au désastre, les parents d’Olivier Fernandez le poussent vers une autre voie. Direction la fac de droit de Toulouse où il obtient une licence et un master en santé publique. Le jeune homme prépare cet été le concours d’entrée à l’école des avocats. « Je voudrais travailler dans le droit de l’environnement. Cela pourra toujours être utile », glisse-t-il malicieusement.

COMBAT Malgré ses études et l’injonction parentale, le jeune homme est tout de même devenu apiculteur semi-professionnel. Connu de toute la profession, il est élu président des apiculteurs de Midi-Pyrénées en 2011. Un mandat qu’il inaugure avec énergie en attaquant l’autorisation préfectorale d’épandage aérien d’insecticides l’année suivante. « J’ai plaidé pour la première fois au tribunal administratif en juin 2015 et nous avons réussi à faire interdire cette pratique », se réjouit-il en soulignant le travail des associations Nature Midi-Pyrénées et France Nature Environnement qui l’ont accompagné sur ce dossier complexe.

SANTÉ Galvanisé, Olivier Fernandez a été élu, en mars dernier, secrétaire national de la fédération des apiculteurs. De cette position, il compte généraliser les actions contre les néonicotinoïdes. « Nous pouvons gagner contre les grandes firmes qui les commercialisent, soutient-il. Mais la récente remise en cause par le ministère de l’agriculture de l’interdiction des pesticides prouve qu’il faut être vigilant et gagner le soutien des citoyens. » 



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